Des centaines de figures politiques, militants et intellectuels égyptiens ont tenu hier une rencontre au Caire, la plus importante depuis la fin du mouvement de contestation populaire, destinée à «protéger la révolution». Plus de deux mille participants ont pris part à la rencontre baptisée «Première conférence de l'Egypte: le peuple protège la révolution». Organisée par le militant connu Mamdouh Hamza, elle vise à élire un «Conseil national» de 60 membres qui entend travailler avec les autorités pour planifier l'avenir du pays, ont indiqué des organisateurs. L'Egypte traverse une période difficile depuis la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak le 11 février. Le pouvoir a ensuite été transféré au Conseil suprême des forces armées. Celui-ci s'est engagé à préparer la voie à un système démocratique, mais est critiqué pour la lenteur des réformes et ses abus présumés des droits de l'homme. Il a annoncé en mars qu'il remettrait le pouvoir législatif au futur Parlement élu en septembre, puis le pouvoir exécutif au chef de l'Etat choisi par les urnes à la fin de l'année. Depuis le renversement de Hosni Moubarak, le pays est en proie à l'insécurité et à des troubles sectaires, les partisans de l'ancien régime tentant une «contre-révolution» pour semer le chaos selon les aveux mêmes du pouvoir militaire. La conférence, qui rassemble aussi travailleurs, fermiers et groupes de jeunes qui ont contribué à lancer la révolte le 25 janvier, vise à former un conseil qui sera «la principale voix de la révolution et probablement l'un des principaux acteurs de la phase de transition», a dit Ihab Hamdy, l'un des organisateurs. M.Moubarak, 83 ans, et ses fils Gamal et Alaa ont été placés le 13 avril en détention dans le cadre d'une enquête judiciaire sur la violente répression du soulèvement qui a fait quelque 800 morts et sur la corruption. L'ex-ministre de l'Intérieur Habib el-Adli, pilier du système répressif sous Hosni Moubarak, a été condamné jeudi à douze ans de prison pour malversations financières.