Ce n´est plus des pressions, c´est du harcèlement. Chacun y va de son projet. Les Allemands, les Français, les Américains s´activent subitement en agitant des milliards et des milliards. En dollars et en euros. Tous veulent investir pour capter l´énergie dégagée par notre soleil. Sans aucune hésitation puisque, et contrairement à l´énergie fossile, le potentiel est visible à l´oeil nu et n´a point besoin d´exploration. Leur empressement est tel qu´ils n´ont pas pensé un seul instant que le soleil qui brille sur le territoire algérien relève de la souveraineté nationale. Ils ont commencé par ficeler leurs projets pour, ensuite, annoncer au gouvernement algérien vouloir passer à leurs réalisations sur notre sol. Il y a le projet français «Transgren» ou encore l´allemand «Desertec». Le dernier en date est le «New Rock Group» dirigé par l´Américain Mel Rockeffeler. Nous qui avions attendu longtemps et en vain des IDE (investissements directs étrangers) nous voilà enfin servis. Enfin presque, car ces «IDE»-là diffèrent notablement des secteurs recensés jusque-là. Tel que présentés, ces projets ne font pas trop cas des intérêts algériens. Dans l´état actuel des choses, les promoteurs étrangers de l´énergie solaire ne font rien d´autre qu´une proposition, grosso modo, de «location» des sites de captage et d´exploitation. Formule qu´ils se gardent bien d´étaler explicitement. Pourtant l´Algérie ne les a pas attendus pour se pencher sur ses énergies renouvelables. En collaboration avec les Japonais, les Algériens ont un projet solaire au Sahara baptisé «Appolo». L´objectif est de fournir, à l´horizon 2050, la moitié de l´énergie consommée par l´humanité. On est loin des 15% de la demande européenne prévus dans les mêmes délais par le projet «Desertec». De plus, le projet «Appolo» prévoit l´utilisation des sables du désert pour produire le silicium qui entre dans la fabrication des panneaux photovoltaïques. Des câbles supraconducteurs souterrains devront assurer le transport de cette énergie propre et renouvelable. Le seul projet à taux d´intégration réel. Mais qui en parle? Quoi qu´il en soit, l´Etat algérien a de toute évidence répondu, lors de son dernier conseil des ministres, à tous ces investisseurs qui se bousculent à nos portes avec leur projet sous les bras. En décidant la création de l´Institut national des énergies renouvelables qui sera érigé à Hassi R´Mel. Pas seulement, car le Président Bouteflika a également, au cours de ce même conseil des ministres, «ordonné au gouvernement de présenter en Conseil des ministres, dans le courant de l´année 2011, un véritable plan national de développement des énergies nouvelles et renouvelables». Ce qui sonne comme une fin de non-recevoir à tous les projets que concoctent à l´étranger des investisseurs qui n´intègrent ni les intérêts ni la souveraineté de notre pays. Et si cela ne suffisait pas, alors il faudra un autre 24 février 1971 dont ce sera justement le 30e anniversaire dans quelques semaines. Histoire de compléter cette loi sur les hydrocarbures en y incluant, comme décrit dans le communiqué du conseil des ministres, «la production d´énergies solaire, éolienne ou à partir de biogaz». Et tant qu´on y est et à toutes fins utiles, pourquoi ne pas ajouter l´énergie des vagues. On n´est jamais trop prévoyant. Ceci sans faire le jeu des «fossoyeurs» qui veulent enterrer le pétrole avant terme. Car le véritable enjeu est là!