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Une problématique au cœur de l'Islam
Progrès social et développement économique
Publié dans Liberté le 28 - 08 - 2010

Un des bienfaits du Ramadhan, et non des moindres, est de nous inviter à jeter un bref regard sur l'histoire et d'en rapporter quelques éléments de réflexion.
Les massacres d'envergure que connurent les protestants et les Juifs et qui ont abouti à l'instauration de la laïcité dans certains pays européens conduisirent à une interdiction d'évoquer toute religion dans les espaces et établissements publics.
C'est ainsi que se pratique la “laïcité” dans certains pays européens, comme la France, influençant ainsi négativement bon nombre de nos concitoyens dans le jugement qu'ils portent à la religion de leurs ancêtres, un phénomène qui devrait figurer en bonne place dans les méfaits de la colonisation ; car en occultant la religion dans la vie sociale, ils se privent, du même coup, des valeurs morales et spirituelles qu'elle incarne au profit, précisément, de l'individu et de la société en général.
Aussi serait-il bon que le mois sacré du Ramadhan soit l'occasion d'aller à contre-courant de cette tendance en rappelant que l'Islam peut, lui aussi, contribuer au développement économique et au progrès social, à la seule condition qu'il ne soit pas instrumentalisé à des fins politiques.
Certes, la laïcité permit à l'Occident d'accomplir des progrès vertigineux en science et en technique, mais elle aboutit du même coup à un mode de vie qui s'éloigne de plus en plus en plus de cette finalité de l'existence qu'est le bien-être. En fait, l'Occident chrétien s'imposa militairement, mais aussi philosophiquement au reste du monde. Pour Pascal, Descartes, Kant et leurs innombrables disciples, la raison était le seul moyen d'échapper à l'obscurantisme des savoirs hérités de la tradition religieuse. Bien qu'éminemment réductrice, cette approche permit néanmoins à l'homme occidental de développer son ethnocentrisme triomphant à travers le monde. Les succès remportés militairement les firent croire à une supériorité de leur civilisation par rapport à toutes les autres cultures ; leur théorie dite de la convergence prévoyait même un couronnement de l'histoire de l'humanité par un gigantesque phénomène d'involution culturelle au profit de leur civilisation.
Cependant, ces belles certitudes furent récemment compromises par la percée fulgurante de certains pays dits émergents, comme l'Inde, le Brésil et la Chine, qui ont su conserver et développer leur propre culture tout en accomplissant des progrès considérables dans de nombreux domaines scientifiques, techniques et technologiques.
Ces pays nous montrent qu'une imitation aveugle du comportement de l'homme occidental, notamment dans sa recherche obstinée de la consommation et du plaisir immédiat, n'est certainement pas un bon exemple à suivre. Mais, si le Ramadhan présente un côté positif dans ces domaines, il reste qu'il ne prendrait tout son sens que si nous prenons la peine de réfléchir sur les valeurs morales et spirituelles auxquelles l'Islam nous invite à adhérer, notamment celles susceptibles d'avoir un impact bénéfique sur le développement personnel de l'individu.
Encore faudrait-il les énoncer clairement dans un langage qui puisse être compris par le plus grand nombre et non point dans une langue que seuls les érudits peuvent comprendre.
La civilisation musulmane, quant à elle, accrut d'apports décisifs les savoirs de l'Antiquité et de l'Orient ancien, et ce dans tous les domaines. C'est ainsi que l'Islam connut un âge d'or qui ne dura pas moins de cinq siècles au cours desquels la civilisation musulmane rayonna de tous ses feux à travers le monde. Comment en sommes-nous arrivés à la situation que nous vivons actuellement ? Que se passa-t-il dans l'Andalousie musulmane d'où l'Europe médiévale avait puisé tout son savoir ?
Pendant une longue période, la paix entre musulmans, chrétiens et Juifs régna dans cette région, et ce jusqu'aux Croisades, expéditions barbares initiées par des chrétiens fanatiques. Aveuglés par leur haine à l'égard du musulman, leurs savants prosélytes expurgèrent de tout leur contenu spirituel les documents écrits par d'illustres savants comme Ibn Rochd. C'est ainsi que du savoir étendu que détenaient des musulmans à cette époque, ils n'en retinrent que ce qui était rationnel : mathématiques, physique, chimie, astronomie, etc.
Sous l'influence de la pensée scientiste, ils s'employèrent à contester, par de faux raisonnements, le bien fondé du contenu spirituel du Livre sacré. Cet acte fatal fit dire à certains historiens occidentaux qu'il fut à l'origine des graves conflits inter-religieux que connut l'Europe depuis le Moyen-Âge et continue de subir à ce jour. Le drame fut que les philosophes musulmans ne contestèrent nullement cette démarche ; pire, ils les imitèrent en vantant le caractère scientifique du Livre sacré, une grave erreur qu'Ibn Khaldoun ne manqua pas de souligner dans son “discours sur l'histoire universelle”.
Quelle en fut la principale conséquence ? Une instrumentalisation de la religion à des fins politiques. La loi, conçue, en fait, selon la raison du plus fort, fut définie comme étant d'inspiration religieuse, même si, dans la plupart des cas, elle répondait à un souci de préservation d'intérêts personnels, ce qui permit de la sacraliser au profit d'une pérennisation du pouvoir.
L'on ne peut, au demeurant, contester l'influence néfaste d'un tel comportement sur le destin d'une société. C'est ainsi, par exemple, qu'en occultant l'individu dans ce qu'il représente de plus concret au profit du concept plus abstrait de communauté — la umma —, le pouvoir parvint aisément à rendre l'homme incapable de prendre son destin en main en enfermant sa conscience dans des dogmes révélés.
Ce contre quoi nombre de philosophes musulmans tentèrent de s'opposer, comme Mohammad Asad qui écrivit, dans son ouvrage intitulé le Chemin de la Mecque :
“Ordonner en pratique les relations humaines de telle sorte que chaque individu rencontre le moins possible d'obstacles et le plus possible d'encouragements pour le développement de sa personnalité ; cela et rien d'autre paraît être le concept que l'Islam se fait de la fonction véritable de la société.”
De l'esprit qui se dégage du concept que l'Islam se fait des devoirs de la société civile à l'égard de l'individu, tel que le décrivit le célèbre savant en sciences islamiques, j'ai surtout retenu que ce n'est qu'en accédant à son autonomie que l'homme peut poursuivre ses propres projets et qu'il peut ainsi contribuer à sa richesse individuelle et à l'enrichissement collectif, par son éducation, sa formation et son travail.
Sans doute aurait-il fallu que la liberté d'entreprendre, fer de lance de l'esprit d'entreprise, ait trouvé sa place parmi les principes fondateurs de notre Constitution au même titre que l'Islam, religion d'Etat ; peut-être aurions-nous eu mieux la possibilité de combattre le dogmatisme rétrograde en montrant que religion bien comprise et développement peuvent faire bon ménage.
Une telle initiative aurait constitué un formidable message émancipateur et à portée universelle et aurait conféré à notre pays une place singulière au sein du monde islamique.
C. O.
(*) Ancien cadre supérieur de l'Etat, auteur de Management d'entreprise dans les pays du tiers-monde (Editions Dahlab-2010).


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