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“L'ABSENCE ET L'IRREPARABLE" AVEC ANOUAR BENMALEK ET DANIÈLE ROUSSELIER
Du pouvoir réparateur de la littérature
Publié dans Liberté le 22 - 04 - 2013

Le perte d'un parent, la mère en l'occurrence, a été le thème d'une rencontre, organisée samedi dernier à l'Institut français d'Alger. Les deux auteurs ont confronté deux approches littéraires sur la question du deuil.
Un écrivain invente des histoires, façonne le réel et fabrique une autre réalité. Pourtant, ce même écrivain nous raconte parfois sa propre histoire. Lorsque la douleur est immense et le chagrin incommensurable, il trouve des mots qu'il pose sur ses plaies afin de transcender sa peine. Parfois, cette peine est causée par la perte d'un être cher, un parent en l'occurrence. Et là, on apprend, nous autres lecteurs, que l'écrivain est un être humain, qui est confronté aux mêmes difficultés que les nôtres. Si cet écrivain réussit à rendre l'absence universelle, alors le deuil sera sublimé, et les personnes disparues immortalisées. Le deuil et la perte d'un parent ont été les thèmes de la rencontre, “l'Absence et l'irréparable", organisée samedi dernier à l'Institut français d'Alger. Anouar Benmalek, auteur de “Tu ne mourras plus demain" (éditions Fayard/éditions Casbah), et Danièle Rousselier, auteure de “Seule, journal de deuil" (éditions Léo Scheer), ont confronté, le temps d'une rencontre modérée par Philippe Lançon (écrivain et journaliste, critique littéraire à “Libération"), deux approches littéraires sur la question du deuil. Suite au décès de sa mère, Anouar Benmalek a entrepris d'écrire un texte déroutant et tout en sensibilité pour rendre hommage à sa mère ; or, Danièle Rousselier attendra 10 ans pour publier son journal dont l'écriture a été entreprise suite à la mort de sa mère, en 2002. L'auteure signalera, d'emblée, que “traduire cette douleur [de la perte de sa mère] par les mots était une nécessité émotionnelle. Transformer cette mort en mots, en littérature, en œuvre d'art et donc la tenir à distance, est une manière de continuer à faire exister cette personne. J'ai choisi une forme qui se voulait la plus sobre, et la plus lapidaire". Danièle Rousselier expliquera également qu'il fallait également donner une dimension “universelle" à son texte, et ce, afin que d'autres personnes “se sentent intéressées", même si elles ne sont pas concernées par le rapport mère/fille. De son côté, Anouar Benmalek a déclaré que “lorsque ma mère est morte, j'ai senti que je ne pourrais pas continuer à écrire si je n'écrivais pas ce livre-là". Un livre très intime, et très politique également, mais à un niveau social. “La mort de ma mère transformait l'ensemble de ce que je faisais. Si elle était morte, elle accélérait ma propre mort", révélera l'auteur de “Ô Maria", qui a confié avoir ressenti de la colère, notamment, par rapport à “la manière dont nos sociétés traitent les mamans", et à la situation déplorable dans nos hôpitaux. Si l'amour d'Anouar Benmalek pour sa mère est exprimé et partagé, l'amour entre Danièle Rousselier et sa mère n'était pas exprimé. Pour elle, “l'irréparable est là : ce qui n'a jamais été dit, ne le sera jamais". Elle insistera sur le pouvoir réparateur, mais “relatif" des mots et de la littérature, en racontant son histoire familiale. Danièle a perdu son père (qui s'est suicidé) lorsqu'elle avait 12 ans. Bien des années plus tard, elle lui a dédié un texte intitulé “le colonel Rivier est mort", qu'elle a qualifié de “cri d'amour, de tristesse, de colère". A la fin de ce récit, écrit pour “m'approprier cette mort et comprendre pourquoi", elle adresse une lettre à son père. “Je me suis réparée", confie-t-elle. Concernant le livre sur sa mère, “Seule, journal de deuil", Danièle Rousselier a indiqué avoir mené une recherche dans le style. “C'est une écriture sèche et dépouillée. Un style décharné, sec, à distance, pas du tout enveloppant", fait-elle remarquer. Pour sa part, Anouar Benmalek ne souhaitait pas que son texte soit un “livre de lamentations". Il y a injecté de l'humour, ou du moins des situations qui fassent sourire le lecteur. Il voulait également que ses lecteurs “se précipitent sur leurs parents pour dire combien ils les aiment". L'écrivain relève, en outre, le paradoxe de l'écriture, en soulignant que “c'est curieux. Parler de votre chagrin vous procure un peu de joie. Même si c'est triste, nous ne supportons notre destin tragique qu'en s'inventant un rituel". L'écriture a été une consolation pour les deux auteurs. Elle a certes apaisé leur douleur, mais n'a aucunement comblé l'absence irréparable de la mère.
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