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Le porteur de la "valise historique" d'Ighil-Imoula se souvient
Mohand Akli Benchabane relate en détail son acte héroïque
Publié dans Liberté le 01 - 11 - 2014

Rencontré dans un café de Tizi n'Tleta, où il nous attendait déjà, emmitouflé dans son burnous marron, Dda Mohand Akli Ben Chabane, nous raconte dans l'impeccable français de la vieille école tous les détails de cette journée du 27 octobre où la Proclamation du 1er Novembre fut tirée à la ronéo dans le village historique d'Ighil Imoula.
Il venait de fêter ses 24 ans lorsqu'il avait assumé, conscient de la dangerosité de la tâche qui lui a été confiée, une responsabilité historique dont il se souvient encore, comme si cela datait d'hier. Lui c'est Mohand Akli Ben Chabane, l'homme qui a transporté, sur Alger, et donc vers le reste du monde, la valise qui contenait des dizaines de milliers d'exemplaires de la Proclamation du 1er Novembre 1954. Soixante ans plus tard, le digne fils d'Ighil Imoula qui vient de célébrer ses 84 ans, il y a à peine quelques jours, nous livre un témoignage aussi poignant qu'émouvant sur cet épisode fondateur de l'Algérie indépendante.
Rencontré dans un café de Tizi n'Tleta, où il nous attendait déjà, emmitouflé dans son burnous marron, Dda Mohand Akli Ben Chabane, nous raconte dans l'impeccable français de la vieille école tous les détails de cette journée du 27 octobre où la Proclamation du 1er Novembre fut tirée à la ronéo dans le village historique d'Ighil Imoula. "Le 27 octobre 1954, Krim Belkacem a fait venir d'Alger le journaliste Laïchaoui Mohamed qui n'était pas, je dois le souligner, venu de son propre gré mais qui, j'ose dire, a été enlevé. Il a été conduit par le colonel Ouamrane jusqu'à Tizi Ouzou avant qu'il ne soit remis à Ali Zamoum et Mohamedi Saad qui l'ont accompagné jusqu'à Ighil Imoula. Ils l'ont fait passer par Tizi Ouzou, Maâtkas et Aït Abdelmoumène et de là ils ont poursuivi le chemin à pied jusqu'au village", se souvient Dda Mohand Akli qui se rappelle encore que durant tout le long du chemin, Laïchaoui a essayé de connaître les noms des villages mais seulement ses accompagnateurs lui ont donné de faux noms.
En arrivant au village, le journaliste a été d'abord conduit vers la maison de Hocine Slimane, un membre du CRUA avant de le transférer vers la maison de Ben Ramdani Omar où, initialement, allait se dérouler le tirage, précise notre témoin. "Dans la matinée de cette journée du 27 octobre, la ronéo, qu'on dit aujourd'hui appartenir à Abane Ramdane, a été ramenée d'Aït Abdelmoumène, par Ben Ramdani Omar et Mohamedi Saad", souligne-t-il encore.
A son arrivée dans la maison, poursuit-il, Laïchaoui essayait de taper sur le stencil mais la lumière de la bougie ne suffisait pas, d'où alors le déplacement vers la maison d'un autre militant, à savoir Idir Rabah, l'épicier du village. "Au moment où Laïchaoui allait commencer à taper, il avait relevé sur le brouillon de la Proclamation du 1er novembre une erreur de français qu'il fallait rectifier. Mais Ali dit "non" et qu'il fallait la reproduire telle qu'elle. Laïchaoui a insisté en expliquant que si c'était un tract destiné à être distribué dans la région, c'est rien, mais comme c'est un tract qui est appelé à être distribué plus loin il fallait rectifier. Ali Zamoum demande alors d'attendre son retour d'Aït Abdelmoumène où il devait consulter Krim Belkacem, qui s'est réfugié dans la maison de Moh N'Amar", détaille Dda Mohand Akli ajoutant qu'au retour, avec l'accord de rectification donné par Krim, les trois étaient déjà installés dans une chambre à l'étage de la maison d'Idir Rabah qui était raccordée à l'électricité dans ce village à l'époque. "Dans cette chambre, il y avait donc Laïchaoui, Idir Amar et moi. Ali Zamoum m'a chargé de surveiller Laïchaoui Ali, il m'a fait signe : ‘Approche ! Attention ! Ne le laisse pas sortir sous aucun prétexte.' C'était là que j'ai compris que Laïchaoui a été enlevé et qu'il n'était pas venu de son propre gré", affirme cet acteur du moment avant de poursuivre : "Lorsqu'il a fini de taper sur le stencil, il l'a monté sur la ronéo mécanique, il a mis de l'encre et il a commencé à tourner la manivelle, ensuite on se relayait jusqu'à 3h10." Ce qui confirme donc que la ronéo utilisée était manuelle.
Cependant, à l'extérieur, les autres faisait du bruit, du vacarme, devant la maison où une tombola fut alors organisée pour ne pas attirer les soupçons sur ce qui se passait dans la maison. "En revenant à 3h, Ali m'a donné l'ordre de remplir une valise de tract. Un autre tas est resté à côté pour le distribuer localement. Ali m'a demandé de partir sur Alger tout en m'expliquant ce qu'il fallait y faire en arrivant", dit-il. Sauf qu'à cette heure-ci, poursuit l'ancien maquisard, c'était déjà trop tard pour arriver à l'endroit où prendre le bus qui passait à 4h du matin.
Dda Mohand Akli prend alors le bus de 13h de ce 28 octobre. Il pose la valise derrière le chauffeur et s'assoit au fond. "Pour que si jamais il y a contrôle, la valise n'est pas à moi", explique-t-il. Arrivé au Bastion, Dda Mohand Akli prend un taxi vers Belcourt où, dans un café au rideau à moitié baissé, il rencontre, vers 18h, l'homme à qui il devait remettre la valise bourrée de ce tract qui a proclamé le début de la révolution pour l'indépendance de l'Algérie.
Après une nuit dans un hôtel algérois, après cette mission historique accomplie, Mohand Akli Ben Chabane regagne son village d'Ighil Imoula, où il participe même aux premiers actes de sabotage économique décidés par les chefs de la Révolution.


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