Le dilemme de Bedoui et Lamamra    «Il faut faire confiance aux jeunes»    Les Algériens à la recherche d'une double rupture    «Je ne vais pas passer mon temps à justifier tous mes choix…»    Fin de parcours pour la JS Saoura    Le GS Pétroliers réussit ses débuts    Marches et rassemblements des blouses blanches mardi    Détournements de deniers publics à l'antenne ADE de Bouhadjar, 3 fonctionnaires impliqués    Vers la classification de 7 sites et monuments à Mila    ACTUCULT    Dire la vérité contre le mensonge    Ligue 2: L'ASO Chlef nouveau dauphin du NCM    16 soldats maliens tués dans un assaut contre une base militaire    Banque d'Algérie: Le taux des réserves obligatoires des banques passe de 8 à 12%    Trafic de fausse monnaie: Un troisième réseau démantelé à Oran    Oran: Vingt ans de prison pour des convoyeurs de cocaïne    Le réveil d'un peuple : un nouvel horizon politique ? (1ère partie)    Augmentation des salaires des policiers: La DGSN dément et menace    Ligue 1: Le MCO épinglé à Sétif, la JSK rate le coche    El-Bayadh: Les trois derniers martyrs du 19 mars 1962    Initiatrice du projet «Past Forward Architecture»    Cinq conventions signées entre la BASTP et des PME    Le FNA, le PT et le Mouvement El Islah se prononcent    Les travailleurs de GTP et Sarpi en grève    Le bleu de la mer à Cap-Djinet    Suivi permanent des projets publics    La cité des 58 logements, un quartier aux multiples problèmes    Les fidèles tués dans les mosquées de Christchurch étaient âgés de trois à 77 ans    Le MC Oued Tlelat à trois points du rêve    Le football national doit faire dans l'optimisme    Mohamed Aïssaoui, un exemple de l'intégration sociale des handicapés par le sport    Un prix pour les auteurs édités en Afrique    Importance des études historiques sur les sciences et autres spécialités    Les journalistes et correspondants de Tizi Ouzou observent un sit-in    Tarik Chenafa, un miraculé algérien    Exhumation d'un charnier de Yézidis victimes de l'EI    Cela doit se concrétiser pour le bien de la Patrie    Casino : Le groupe livre des prévisions à trois ans fraîchement accueillies    Bourses L'Europe salue les nouvelles sur le front du commerce et du Brexit    CNAS: Près de 295 000 assurés sociaux aux besoins spécifiques pris en charge en 2018    Chine : Pékin ne laissera pas son économie dérailler, dit Li    Vent de fronde au FLN    Les journalistes de l'ENTV écrivent à leur DG    Gaïd-Salah en visite de travail    Sahara occidental: Les accords UE-Maroc violent la jurisprudence de la CJUE    Acte 18 des "gilets jaunes": Violences et scènes d'émeutes, pillages et saccages à Paris    La France a-t-elle "perdu" l'Afrique de l'Est au profit de la Chine?    "La douleur de voir souffrir le peuple syrien se ressent dans ma musique"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le porteur de la "valise historique" d'Ighil-Imoula se souvient
Mohand Akli Benchabane relate en détail son acte héroïque
Publié dans Liberté le 01 - 11 - 2014

Rencontré dans un café de Tizi n'Tleta, où il nous attendait déjà, emmitouflé dans son burnous marron, Dda Mohand Akli Ben Chabane, nous raconte dans l'impeccable français de la vieille école tous les détails de cette journée du 27 octobre où la Proclamation du 1er Novembre fut tirée à la ronéo dans le village historique d'Ighil Imoula.
Il venait de fêter ses 24 ans lorsqu'il avait assumé, conscient de la dangerosité de la tâche qui lui a été confiée, une responsabilité historique dont il se souvient encore, comme si cela datait d'hier. Lui c'est Mohand Akli Ben Chabane, l'homme qui a transporté, sur Alger, et donc vers le reste du monde, la valise qui contenait des dizaines de milliers d'exemplaires de la Proclamation du 1er Novembre 1954. Soixante ans plus tard, le digne fils d'Ighil Imoula qui vient de célébrer ses 84 ans, il y a à peine quelques jours, nous livre un témoignage aussi poignant qu'émouvant sur cet épisode fondateur de l'Algérie indépendante.
Rencontré dans un café de Tizi n'Tleta, où il nous attendait déjà, emmitouflé dans son burnous marron, Dda Mohand Akli Ben Chabane, nous raconte dans l'impeccable français de la vieille école tous les détails de cette journée du 27 octobre où la Proclamation du 1er Novembre fut tirée à la ronéo dans le village historique d'Ighil Imoula. "Le 27 octobre 1954, Krim Belkacem a fait venir d'Alger le journaliste Laïchaoui Mohamed qui n'était pas, je dois le souligner, venu de son propre gré mais qui, j'ose dire, a été enlevé. Il a été conduit par le colonel Ouamrane jusqu'à Tizi Ouzou avant qu'il ne soit remis à Ali Zamoum et Mohamedi Saad qui l'ont accompagné jusqu'à Ighil Imoula. Ils l'ont fait passer par Tizi Ouzou, Maâtkas et Aït Abdelmoumène et de là ils ont poursuivi le chemin à pied jusqu'au village", se souvient Dda Mohand Akli qui se rappelle encore que durant tout le long du chemin, Laïchaoui a essayé de connaître les noms des villages mais seulement ses accompagnateurs lui ont donné de faux noms.
En arrivant au village, le journaliste a été d'abord conduit vers la maison de Hocine Slimane, un membre du CRUA avant de le transférer vers la maison de Ben Ramdani Omar où, initialement, allait se dérouler le tirage, précise notre témoin. "Dans la matinée de cette journée du 27 octobre, la ronéo, qu'on dit aujourd'hui appartenir à Abane Ramdane, a été ramenée d'Aït Abdelmoumène, par Ben Ramdani Omar et Mohamedi Saad", souligne-t-il encore.
A son arrivée dans la maison, poursuit-il, Laïchaoui essayait de taper sur le stencil mais la lumière de la bougie ne suffisait pas, d'où alors le déplacement vers la maison d'un autre militant, à savoir Idir Rabah, l'épicier du village. "Au moment où Laïchaoui allait commencer à taper, il avait relevé sur le brouillon de la Proclamation du 1er novembre une erreur de français qu'il fallait rectifier. Mais Ali dit "non" et qu'il fallait la reproduire telle qu'elle. Laïchaoui a insisté en expliquant que si c'était un tract destiné à être distribué dans la région, c'est rien, mais comme c'est un tract qui est appelé à être distribué plus loin il fallait rectifier. Ali Zamoum demande alors d'attendre son retour d'Aït Abdelmoumène où il devait consulter Krim Belkacem, qui s'est réfugié dans la maison de Moh N'Amar", détaille Dda Mohand Akli ajoutant qu'au retour, avec l'accord de rectification donné par Krim, les trois étaient déjà installés dans une chambre à l'étage de la maison d'Idir Rabah qui était raccordée à l'électricité dans ce village à l'époque. "Dans cette chambre, il y avait donc Laïchaoui, Idir Amar et moi. Ali Zamoum m'a chargé de surveiller Laïchaoui Ali, il m'a fait signe : ‘Approche ! Attention ! Ne le laisse pas sortir sous aucun prétexte.' C'était là que j'ai compris que Laïchaoui a été enlevé et qu'il n'était pas venu de son propre gré", affirme cet acteur du moment avant de poursuivre : "Lorsqu'il a fini de taper sur le stencil, il l'a monté sur la ronéo mécanique, il a mis de l'encre et il a commencé à tourner la manivelle, ensuite on se relayait jusqu'à 3h10." Ce qui confirme donc que la ronéo utilisée était manuelle.
Cependant, à l'extérieur, les autres faisait du bruit, du vacarme, devant la maison où une tombola fut alors organisée pour ne pas attirer les soupçons sur ce qui se passait dans la maison. "En revenant à 3h, Ali m'a donné l'ordre de remplir une valise de tract. Un autre tas est resté à côté pour le distribuer localement. Ali m'a demandé de partir sur Alger tout en m'expliquant ce qu'il fallait y faire en arrivant", dit-il. Sauf qu'à cette heure-ci, poursuit l'ancien maquisard, c'était déjà trop tard pour arriver à l'endroit où prendre le bus qui passait à 4h du matin.
Dda Mohand Akli prend alors le bus de 13h de ce 28 octobre. Il pose la valise derrière le chauffeur et s'assoit au fond. "Pour que si jamais il y a contrôle, la valise n'est pas à moi", explique-t-il. Arrivé au Bastion, Dda Mohand Akli prend un taxi vers Belcourt où, dans un café au rideau à moitié baissé, il rencontre, vers 18h, l'homme à qui il devait remettre la valise bourrée de ce tract qui a proclamé le début de la révolution pour l'indépendance de l'Algérie.
Après une nuit dans un hôtel algérois, après cette mission historique accomplie, Mohand Akli Ben Chabane regagne son village d'Ighil Imoula, où il participe même aux premiers actes de sabotage économique décidés par les chefs de la Révolution.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.