Dans le langage du célèbre Gérard Houiller, Foued Kadir a commis, hier, un "crime contre l'équipe". Le terme crime peut paraître exagéré ou même choquer les éternelles fleurs bleues, mais c'est la même épithète qu'avait formulée l'ancien sélectionneur de l'équipe de France un soir du 17 novembre 1993 pour qualifier le geste de son joueur, David Ginola, après un rendez-vous de funeste mémoire et une élimination dramatique de la Coupe du monde 1994 à l'issue d'une défaite tout aussi sinistre face à la Bulgarie de Hristo Stoïchkov. Alors que le nul (1-1) suffisait aux Bleus pour composter leur billet pour la World Cup aux USA, Ginola avait choisi de centrer à l'ultime minute de ce France-Bulgarie au lieu de garder la balle. Son centre trop appuyé avait profité à Kremenliev qui enclenche un contre meurtrier avant de servir Emile Kostadinov qui fusille alors Bernard Lama en offrant aux hommes de Penev le ticket promis aux Cantona and co. Ce qu'a fait Kadir hier n'a pas (encore) éliminé l'EN. Mais cela relève, tout de même de la "faute professionnelle" pour un joueur aussi technique, aussi frais physiquement et sur lequel tout entraîneur qui le lance en fin de rencontre, vise surtout à doter son équipe d'un élément qui puisse garder la balle et grignoter quelques secondes. Et s'il est vrai que Carl Medjani, forcément coupable pour avoir été littéralement déposé par un Asamoah Gyan boiteux grâce à un coup de rein dévastateur, il est tout aussi vrai que le "crime technique" de Foued Kadir ne peut être passé sous silence. Surtout dans le cas d'une élimination précoce dès le premier tour. R. B.