La comp�tition pr�liminaire pour la Coupe du monde 2006 s'approche de son d�nouement, aussi est-il bon de passer en revue les drames v�cus en route vers la reine des comp�titions, du missile d'Emil Kostadinov aux exploits de David Beckham, en passant par les pleurs des Trinidadiens. Une participation � une Coupe du monde reste un summum dans la carri�re d'un footballeur, mais avant d'y parvenir, il faut �tre capable de traverser un chemin parsem� d'emb�ches. Les enjeux �tant absolument �normes, il faut faire preuve d'un remarquable sang froid � l'approche des �ch�ances d�cisives. Quant au verdict final, aussi binaire qu'impitoyable, il d�termine la fronti�re parfois t�nue entre les bienheureux qui conna�tront le sommet du ballon rond et les malheureux qui restent � quai. A quelques jours de la fin des �liminatoires, voici les drames v�cus en route vers la reine des comp�titions. Il y a quatre ans, David Beckham �tait d�j� adul� par tous les fans de Manchester United, mais c'est lorsqu'il a qualifi� l'Angleterre in extremis qu'il est devenu un h�ros national. Vainqueurs 5-1 de l'Allemagne un mois plus t�t � Munich au terme d'une soir�e magique, les Anglais se retrouvent men�s 2-1 par la Gr�ce � Old Trafford, donc contraints � disputer les barrages. Quand soudain, au bout du temps additionnel, ils obtiennent un coup franc � la lisi�re de la surface hell�ne. C'est le Spice Boy qui s'y colle, enroulant merveilleusement le cuir pour d�crocher enfin le pr�cieux s�same pour l'Extr�me-Orient. Cauchemar � la fran�aise Le 17 novembre 1993 est un jour de deuil pour tous les supporters de l'�quipe de France. Les Bleus re�oivent successivement Isra�l et la Bulgarie avec la seule obligation de grappiller un point. Rien de plus facile, pense-t-on alors, le billet pour les Etats-Unis est dans la poche. Mais apr�s une d�faite 3-2 contre les Proche- Orientaux, les choses se corsent et la tension monte. Face � la Bulgarie, les hommes de G�rard Houillier ouvrent le score par Eric Cantona et le Parc des Princes explose. Cependant, quand Emil Kostadinov �galise, on comprend qu'il va falloir souffrir jusqu'au bout. Et c'est justement au bout du temps additionnel que le joueur du FC Porto endosse le r�le de bourreau des Tricolores, lorsqu'il d�coche un missile du droit qui va se loger sous la transversale. Revenue de l'au-del�, revigor�e, la Bulgarie va en profiter pour signer son meilleur parcours en Coupe du monde : une demifinale. En France, la carri�re internationale de David Ginola, auteur du fameux centre trop long qui a tout d�clench�, ne red�collera jamais. Mais Paris n'a pas le monopole du suspense ce soir-l� de l'ann�e 1993. A S�ville, l'Espagne se retrouve priv�e de son gardien Andoni Zubizarreta, exclu, d�s la 10�me minute de son match crucial contre le Danemark. Il est remplac� par l'inexp�riment� Santiago Ca�izares, � peine 23 ans, qui sort le match de sa vie et permet � Fernando Hierro de qualifier la Furia Roja pour la grande am�ricaine f�te du soccer. Pour les Nordiques, il s'agit de la seconde d�ception successive lors de la derni�re journ�e. L'Espagne rit, mais son voisin ib�re n'est pas � la f�te. Contre l'Italie � Milan, le Portugal s'incline 1-0 sur un but tardif de Dino Baggio. La frustration s'empare de Fernando Couto, qui prend un carton rouge dans les derni�res secondes. Frustr�s, les supporters gallois ont d� l'�tre �galement, en voyant Paul Bodin g�cher un penalty dans le match d�cisif, face � la Roumanie. A 1-1, Bodin envoie le ballon dans les nuages, nuages que rejoignent justement les Roumains en marquant, eux, un deuxi�me but. La bande � Hagi va m�me disputer les quarts de finale d�Etats-Unis 94, tandis que les Britanniques n'ont plus connu le sommet du ballon rond depuis 1958. C'est justement contre le Pays de Galles, quatre ans plus t�t, que la Mannschaft avait d�croch� son billet pour Italie 90, une �dition qu'elle allait remporter. Mais que la soir�e avait mal commenc� ! Heureusement pour le public de Cologne, Rudi Voller et Thomas Hassler viennent assurer la victoire dont avait besoin la troupe de Franz Beckenbauer pour prendre l'une des places de meilleur deuxi�me. Toutefois, l'Allemagne n'est pas le seul pays � avoir conquis le sceptre mondial apr�s avoir tr�buch� � l'entr�e du palais. Rappelez-vous l'Argentine en 86� L'Argentine au forceps Sans un but in extremis de l'improbable rempla�ant Ricardo Gareca, Diego Maradona n'aurait jamais marqu� de son talent la Coupe du monde, Mexique 86. Men�s 2-1 � dix minutes du terme par le P�rou � Buenos Aires, les Albicelestes ont besoin d'un point pour reprendre la premi�re place de la poule au P�rou, qui les a d�j� priv�s de l'�dition de 1970. Ce 30 juin 1985, la gr�ce d�cide de toucher Gareca, id�alement plac� pour reprendre un tir de Daniel Pasarella repouss� par le poteau. C'est fait : l'Argentine est qualifi�e pour le Mundial mexicain. Cependant, c'est souvent des histoires tristes que l'on se souvient le plus facilement. Prenez celle du Japon, qui a laiss� sa place � Etats- Unis 94 en conc�dant un but dans le temps additionnel contre l'Irak. Ce match nul 2-2 surnomm� �la Trag�die de Doha� allait priver les Nippons de leur premi�re Coupe du monde, la diff�rence de buts donnant la priorit� aux grands adversaires de la R�publique de Cor�e. Depuis lors, les Japonais ont disput� trois phases finales, ce qui n'est pas encore le cas de Trinidadet- Tobago, qui devra s�rement attendre longtemps avant de b�n�ficier d'une occasion comme celle de 1989. Curieusement, les Carib�ens ont disput� � la fois le tout premier match des qualifications pour Italie 90, un succ�s 4-0 sur Guyana le 17 avril 1988, et le dernier, contre les Etats-Unis, vingt mois plus tard. Les Soca Warriors n'avaient besoin que d'un nul pour rejoindre l'Italie, mais un but de Paul Caligiuri a offert une victoire 1-0 aux Etats-Unis � Port d'Espagne. C'�tait la premi�re phase finale des Etasuniens en quarante ans. Pour Trinidad-et- Tobago, il faudrait repasser�