Deux prévenus, un Marocain et un Algérien, ont comparu hier devant le tribunal criminel d'Oran pour importation de stupéfiants en bande organisée, possession et transport en vue de leur commercialisation. La quantité concernée est estimée à 23,5 kilogrammes que le ressortissant marocain, B. Ahmed, 26 ans, avait introduite sur le territoire algérien dans la nuit du 29 juin 2014. Et que les garde-côtes trouveront en sa possession, dissimulés dans deux jerricans, lorsqu'il sera arrêté quelques instants après avoir franchi la frontière algéro-marocaine. B. Ahmed ne niera rien hormis son appartenance à un quelconque réseau de trafic : "Moi, je fais dans le trafic de carburant pas de drogue", soutiendra-t-il lors des interrogatoires et durant le procès. Du reste, les services de sécurité avaient trouvé en sa possession 67 000 DA et six jerricans vides destinés, selon lui, à l'achat de gasoil auprès de S. Kheireddine, un Algérien de Béni Boussaïd âgé de 24 ans, qu'il connaît depuis peu. De son côté, Kheireddine admet vendre du carburant mais rejette farouchement toute implication dans le trafic de drogue. Deux autres personnes seront citées au cours du procès : T. Mohamed, présumé fournisseur marocain de drogue, et A. M. El Hadi, destinataire présumé de la drogue saisie. Le premier n'a pas été poursuivi alors que le second est en fuite. Pour le ministère public, les accusations sont établies et les accusés doivent être condamnés à 20 ans de réclusion criminelle et à 5 millions dinars d'amende. Les avocats de la défense concentreront leurs plaidoiries sur l'absence de preuves de l'existence d'un réseau de trafic de drogue et l'innocence de Kheireddine des faits qui lui sont reprochés. Le tribunal criminel, au retour des délibérations, condamnera B. Ahmed à neuf ans de prison et 500 000 DA d'amende et acquittera S. Kheireddine. Quant A. M. El Hadi, il écopera de 20 ans de réclusion criminelle par contumace. S. Ould Ali