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La corruption, une menace pour le développement et urgence d'améliorer la gouvernance pour l'Afrique
Rapport du 10 février 2025 de Transparency International
Publié dans La Nouvelle République le 21 - 02 - 2026

Transparency International vient de publier, le 10 février 2026, sous le titre « Indice de perception de la corruption 2025, une alerte mondiale ». Qu'en est-il pour l'Afrique et l'Algérie, objet de cette présente contribution ?
1.- Les fondements de l'analyse de Transparenty International
Dans le préambule, ce rapport note qu'avec un score moyen de 42 sur 100, l'IPC 2025 enregistre un recul inédit marquant une rupture apres plus de dix ans de relative stabilité et confirme l'installation de la corruption comme un phénomene structurel, affectant de maniere persistante les institutions publiques, cette évolution traduisant notamment une absence de leadership politique, le démantelent progressif de dispositifs anticorruption, ainsi que la multiplication des attaques contre l'Etat de droit et des restrictions visant l'espace civique. Ce rapport évalue le niveau perçu de corruption dans le secteur public de 182 pays. Depuis sa création en 1995, l'Indice de perception de la corruption est devenu le principal indicateur de la corruption dans le secteur public au niveau mondial, classant pays et territoires du monde entier en fonction de la perception à l'aide de données provenant de 13 sources externes dont la Banque mondiale, le Forum économique mondial, des sociétés privées de conseil et de gestion des risques, des groupes de réflexion, et d'autres sources. . Selon cette institution, un score plus proche de 0 correspond à plus de corruption, un score plus proche de 100 à moins de corruption et une note inférieure à 3 signifie l'existence d'un « haut niveau de corruption », entre 3 et 4 un niveau de corruption élevé.
Les données sources de l'IPC saisissent les aspects suivants de la corruption, en fonction de la formulation de la question spécifique utilisée pour recueillir les données : les pots-de-vin ; le détournent de fonds publics ; la prévalence de fonctionnaires utilisant la fonction publique à des fins privées sans subir de conséquences ; la capacité des gouvernents à endiguer la corruption et à appliquer des mécanismes d'intégrité efficaces dans le secteur public ; les formalités administratives et les contraintes bureaucratiques excessives qui peuvent accroître les opportunités de corruption, les nominations basées sur le népotisme plutôt que sur la méritocratie dans la fonction publique et des lois inadéquates ou inappliquées sur la divulgation financiere et la prévention des conflits d'intérêts pour les fonctionnaires du fait de la captation de l'Etat par des intérêts particuliers étroits et enfin des poursuites pénales inefficaces contre les fonctionnaires corrompus , le non acces de la société́ civile aux informations sur les affaires publiques et la non protection juridique des lanceurs d'alerte, des journalistes et des enquêteurs lorsqu'ils signalent des cas de corruption et de versent de pot-de-vin. Pour Transparency International, les niveaux de corruption restent alarmants de par le monde, et la lutte contre la corruption s'essouffle.
Le rapport a mis en évidence de graves niveaux de corruption dans le monde entier. Selon ce rapport, la corruption est une menace mondiale en constante évolution qui ne se contente pas de saper le développent, mais accroît les inégalités et la crise sociale. Les tendances dangereuses révélées par l'Indice de perception de la corruption de cette année 2025 montrent qu'il est nécessaire de prendre des mesures concretes pour lutter contre la corruption à l'échelle mondiale. ». Les faits marquants de ce rapport sont que pres de 6,8 milliards de personnes vivent dans des pays dont l'IPC est inférieur à 50, équivalant à 85 % de la population mondiale de plus de 8 milliards d'habitants.
2.-Qu'en est-il du classent 2025 des pays africains à l'indice de perception de la corruption de Transparency International 2025 et la place de l'Algérie ?
Nous avons par ordre décroissant les 20 premiers du classent : 1-Seychelles (24e rang mondial) -2- Cap-Vert (35e) -3-Rwanda (41e) -4 -Botswana (41e) – 5 – Maurice (61e) -6-Namibie (65e) 7 -Sénégal (65e) -8-Bénin (70e) -9 -Sao Tomé & Principe (70e)- 10-Côte d'Ivoire (76e). 11 -Ghana (76e) -12-Afrique du Sud (81e) x-13-Burkina Faso (84e) 14-Tanzanie (84e) – 15-Maroc (91e) 16 -Tunisie (91e).17-Ethiopie (96e) -18-Gambie (99e) -19 -Lesotho (99e) -20 -Zambie(99e).
Le classent de la 21e place à 40 est le suivant
-21-Algérie (109e) – 22 -Malawi (109e) – 23 -Sierra Leone (109e) -24-Angola (20e) -25 -Togo (120e) -26-Djibouti (124e) – 27 -Niger (124e) -28-Egypte (130e) – 29 -Kenya (130e) – 30 -Mauritanie (130e) : 31-Gabon (135e) -32-Liberia (136e)- 33 -Mali (136e) -34-Cameroun (142e) – 35 -Guinée (142e) – 36 -Nigeria (142e) -37-Madagascar (148e) – 38 -Ouganda (148e) -39-Centrafrique (150e) -40- République du Congo (153e).
Enfin nous avons en dernier : 41 -Eswatini (153e) -42-Tchad (157e) -43-Zimbabwe (157e) -44-Guinée-Bissau (161e – 45 -Mozambique (161e) -46-Comores (163e) 47-RD Congo (163e) -48-Burundi (167e) – 49-Guinée équatoriale (172e) -50-Soudan (175e) -51-Erythrée (177e) -52-Libye (177e) -53-Somalie (181e) 54-Soudan du Sud (181e)
Classent de l'Algérie de 2003 à 2025 en matiere de corruption :
-2003 : 2,6 sur 10 et 88e place sur 133 pays
-2004 : 2,7 sur 10 et 97e place sur 146 pays
-2005 : 2,8 sur 10 et 97e place sur 159 pays
-2006 : 3,1 sur 10 et 84e place sur 163 pays
-2007 : 3 sur 10 et la 99e place sur 179 pays
-2008 : 3,2 sur 10 et -92e place sur 180 pays
-2009 : 2,8 sur 10 et 111e place sur 180
-2010 : 2,9 sur 10 et -105e place sur 178 pays
-2011 : 2,9 sur 10 et 112e place 183 pays
-2012 : 3,4 sur 10 et 105e place sur 176 pays
-2013 : 105 rangs sur 107 pays
-2014 : note 3,6 sur 10 et 100e sur -115 pays
-2015 : note, 3,6 sur 10 et 88e sur 168 pays
-2016 : note 3,4 sur 10 et 108e sur 168 pays
-2017 : note 3,3 sur 10 et 112e place sur 168 pays
-2018 : note 3,5 et 105e place sur 168 pays
-2019 : note 3,5 sur 10 et la 106e place, sur 168 pays
-2020 : note 3,6 sur 10 et 104e place sur 180 pays
-2021: note 3,3 sur 10 et 117e place sur 180 pays
-2022 : note 3,3 10 et 116e place , sur 180 pays
-2023 : note 3,6 sur 10 et 104e place sur 180 pays
-2024 : note 3,4 sur 10 et 109e place sur 180 pays
-2025 : l'Algérie a obtenu 3,4 points sur 10 et 109 e : place sur 182 pays
Quelle conclusion tirer ?
C'est souvent le manque de transparence dans l'attribution des marchés publics qui pénalise le score final. Selon ce rapport ,malgré des progres de certains pays, l'Afrique reste la région la moins performante à l'indice mondial de perception de la corruption de Transparency International : 4 pays seulent y ont obtenu des scores supérieurs à 50 points sur une échelle de 100, et 16 ont vu leurs notes régresser par rapport à l'édition 2024.
Ainsi, sans compter la guerre fratricide au Soudan , expliquant son score, la Libye ,un pays tres riche en ressources naturelles, premier réservoir de pétrole en Afrique, plus de 45 milliards de barils et des réserves de gaz naturel dépassant 1500 milliards de metres cubes gazeux, avec une population ne dépassant pas 7 millions d'habitants , la Libye, minée par des années d'instabilité politique et idem pour certains pays de la zone sahélienne minés par une corruption systémique aggravée par l'insécurité. Le rapport de Transparenty International 2025 montre clairent, que ce soit les pays développés ou ceux en voie de développent ont des lois anti-corruption et des organismes de lutte contre la corruption mais que les lois ne sont pas toujours appliquées et que ces organes manquent d'indépendance souvent soumis à des pressions politiques, les pratiques sociales contredisant souvent les discours et donc les lois et renvoyant à l'urgence d'une bonne gouvernance et, donc, à la morale dans la gestion de la cité mis en relief dans leurs ouvrages de renommée internationale par le grand économiste anglais Adam Smith et le grand sociologue maghrébin Ibn Khaldoun. Comme je le rappelais dans une interview donnée au grand quotidien financier les Echos-Paris le 7 août 2008, et dans plusieurs contributions internationales entre 2010-2024 la lutte contre la mauvaise gestion et la corruption renvoient à la bonne gouvernance et de la rationalisation de l'Etat dans ses choix en tant qu'identité de la représentation collective.
Selon un rapport de la Banque africaine de développent BAD dans une note du 08 décembre 2024, l'Afrique perdrait 145 milliards de dollars par an pour corruption en 2023 contre 128 en 2021, soit plus 5,17% de son PIB évalué à 2800 milliards de dollars ce qui est énorme. Selon François Valérian, président de Transparency International dans l'introduction « la corruption est une menace mondiale en constante évolution qui ne se contente pas de saper le développent, loin de là : c'est une cause essentielle du déclin de la démocratie, de l'instabilité et des violations des droits humains. La communauté internationale et chaque nation doivent faire de la lutte contre la corruption une priorité absolue à long terme. C'est capital pour faire reculer l'autoritarisme et parvenir à un monde pacifique, libre et durable. Les tendances dangereuses révélées par l'Indice de perception de la corruption pour 2024 montrent qu'il est nécessaire de prendre des mesures concretes des maintenant pour lutter contre la corruption à l'échelle mondiale. » Comme l'a mis en relief l'économiste de renommée mondiale, John Maynard Keynes, il vaut mieux que l'homme exerce son despotisme sur son compte en banque personnel que sur ses concitoyens.
Abderrahmane Mebtoul
Professeur des universités


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