L'idée de répondre à la problématique de recherche de financements bancaires moins onéreux a fait l'objet d'une journée d'étude organisée à l'initiative de la Chambre de commerce et d'industrie de Médéa-Titteri, en collaboration avec l'université Yahia-Farès. Alors que la résilience de l'économie nationale a permis à l'Algérie jusqu'ici d'affronter les fluctuations des cours pétroliers et la baisse des revenus des hydrocarbures, cette situation ne peut durer plus longtemps encore si le marché ne connaît pas de redressement des prix dans les prochains mois. Dans cette conjoncture difficile, il est aussi devenu impératif pour les opérateurs économiques locaux de rationaliser leurs dépenses que les banques publiques et privées n'acceptent pas facilement de couvrir afin de ne pas obérer leurs portefeuilles. L'idée de répondre à la problématique de recherche de financements bancaires moins onéreux a fait l'objet d'une journée d'étude organisée à l'initiative de la Chambre de commerce et d'industrie de Médéa-Titteri, en collaboration avec l'université Yahia-Farès. Hommes d'affaires, opérateurs économiques, universitaires et étudiants ont été conviés à suivre des conférences consacrées aux thématiques du "financement bancaire dans le nouveau modèle de développement économique" et du "financement islamique". Nombreux parmi les présents ont exprimé leur intérêt pour les modes de financement présentés, en l'occurrence celui relevant de l'activité classique des banques, et celui relatif à la finance islamique. Parmi les critiques souvent émises, celles décrivant la faiblesse de la bancarisation et l'importance de la thésaurisation comme facteurs négatifs qui affectent l'économie nationale où les transactions se font, dans la majorité des cas, par du cash favorisé par un important secteur informel qui brasse près de la moitié de la masse monétaire en circulation. Cependant, le système bancaire classique est, de l'aveu de spécialistes, à l'origine de la dernière crise financière, il est accusé de tous les maux et considéré comme responsable des problèmes du surendettement des ménages ainsi que des sociétés en situation de besoin de financement pour réaliser leurs plans de charge. La finance islamique, qui compte de nombreux produits, est, explique-t-on, le moyen le plus adapté pour devenir une alternative à la finance classique eu égard aux avantages qu'elle offre dans le cadre du respect des principes de la Charia. Récusant le système de crédit usurier, la finance islamique considère que la monnaie n'est pas une marchandise pour être affectée d'un taux de profit au même titre que les autres marchandises. Selon l'exposé d'Al-Salam Bank Algeria, le profit se justifie par l'échange de biens et services réels, ce qui suppose "la participation aux risques d'investissements". À l'instar des banques islamiques, la banque Al-Salam offre divers produits pour le financement des opérations d'investissements, produits basés sur la mourabaha qui consiste à prélever une marge convenue à l'avance sur la marchandise que la banque achète au profit de son client. Ijara ou crédit-bail ou leasing, moucharaka qui est une participation au fonds de roulement d'un projet selon des modalités convenues d'avance en matière de partage des bénéfices, association capital-travail par ce qui est appelé mouzaraa, mougharassa, moussakat, relative aux projets agricoles, sont les principaux produits de la banque, en conformité avec les valeurs de l'islam et aux standards de la finance islamique. M. EL BEY