La formation de Soustara n'est pas près d'oublier son dernier déplacement à Béjaïa, une ville si paisible d'habitude, transformée l'espace d'un match en arène de combat. En effet, la délégation des Rouge et Noir a échappé au lynchage à la fin de la rencontre après l'envahissement du terrain par les supporters locaux lesquels ont pris pour cible les joueurs, le staff technique et les accompagnateurs du club algérois. Environ une centaine de pseudos fans, visiblement déçus par le nul concédé du MOB, n'avaient pas trouvé mieux que de déverser leur colère sur tout ce qui est usmiste. Dès le coup de sifflet final, ils ont réussi à envahir le terrain afin de pourchasser les joueurs de l'USMA. Ces derniers, pris de panique, ont pris la poudre d'escampette pour se réfugier dans le vestiaire. Heureusement pour les Usmistes que le service d'ordre est intervenu à temps pour bloquer l'issue, même si ces pseudos-fans ont voulu à tout prix forcer le périmètre de sécurité dressé pour s'attaquer aux joueurs au niveau du tunnel menant au vestiaire. S'en suivra, dès lors, une bataille rangée sur le terrain entre les fans et le service d'ordre. La situation a dégénéré, ce qui a occasionné des blessés de part et d'autre, notamment chez les policiers. Le vestiaire de l'USMA s'est transformé en infirmerie. Des soins ont été même prodigués à certains éléments du service d'ordre par le staff médical usmiste. D'ailleurs, un officier de police a eu une grave blessure à l'arcade qui a nécessité 15 points de suture. Les Usmistes sont restés dans le vestiaire durant deux longues heures pour pouvoir ensuite sortir de cet "enfer" sous forte escorte policière. Ils ont quitté l'enceinte sportive de Béjaïa aux alentours de 20h25 en présence d'un important dispositif sécuritaire.
Bus caillassé, joueurs agressés, Paul Put choqué ! Les Usmistes croyaient que leur cauchemar venait de prendre fin. Au contraire, sur le chemin menant vers El-Kseur, leur bus a été caillassé. Fort heureusement, aucun membre de la délégation algéroise n'a été touché. "L'envahissement de terrain s'est produit juste après la fin du match. Tout le monde s'est donné le mot pour courir jusqu'au vestiaire. Nous n'avons pas réalisé l'ampleur et la gravité de la situation. C'est désolant d'en arriver là car avant tout, il ne s'agit que d'un simple match de football", témoigne Dahmane Sayah, préparateur physique de l'USMA. "Nous avons eu la peur de notre vie. Nous aurions pu être agressés le plus normalement du monde, de surcroît sur un terrain de football. C'est grave et inadmissible à la fois", ajoute-t-il. De son côté, l'entraîneur Paul Put n'en croyait pas ses yeux. "De toute ma vie, je n'ai assisté à pareille situation", a-t-il déclaré à un dirigeant du club. Le technicien belge était choqué, voire scandalisé par ce qu'il venait de vivre. Il faut dire que ce "scénario" était prévisible, comme nous l'ont révélé certains membres accompagnateurs de l'équipe, eu égard au climat hostile réservé à l'USMA dès son arrivée au stade. En effet, des pseudos-stadiers n'ont pas cessé de provoquer les joueurs dans le tunnel menant vers le vestiaire. Koudri a même été pris pour cible par une personne étrangère se trouvant sur place. "Le scénario de Saïda évité de justesse" "Il a été bousculé", raconte le chargé de communication du club, Tirmane. "Même Benyahia a été crocheté à la fin de la rencontre alors qu'il tentait de s'enfuir", ajoute-t-il. Les Usmistes ne se sentaient guère en sécurité. Ils ont évité le pire à la mi-temps lorsqu'ils s'apprêtaient à reprendre la deuxième partie. Le tunnel menant au terrain était plein de pseudos stadiers qui voulaient en découdre avec les joueurs. Il a fallu l'intervention du service de sécurité pour permettre aux joueurs de revenir sur le terrain. La deuxième mi-temps a démarré avec cinq minutes de retard. Ces incidents ayant émaillé cette rencontre de championnat ont fait rappeler un mauvais souvenir au club algérois, à savoir les évènements de Saïda. Certains Usmistes sont unanimes à dire que le scénario de Saïda a été évité de justesse.