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Manifeste pour la dignité et l'intégrité de la femme algérienne
initiative de plusieurs femmes à l'occasion du 8 mars
Publié dans Liberté le 09 - 03 - 2017

Dans le texte ci-après, œuvre de dizaines de femmes, dont des universitaires, des travailleuses, des femmes au foyer, des écrivaines et des militantes associatives, les signataires y interpellent à la fois les pouvoirs publics et la société.
Nous, soussignées, femmes algériennes, citoyennes accomplies, animées par une force unificatrice qui rassemble par ses aptitudes, ses opinions, ses principes et ses prises de position, largement représentées dans ce manifeste.
Dignes héritières de nos ancêtres royales et princesses, contemporaines révolutionnaires et intellectuelles, telles que Dihya (Kahina), Tin Hinan, Roba la Berbère, Lalla Fatma N'Soumer, Hassiba Ben Bouali, Malika Gaïd, Louisette Ighilahriz, lalla Hniya el-hourra, Taos Amrouche, Djamila Bouhired, Assia Djebar, Katia Bengana, Naïma Hamouda, et bien d'autres qui ont écrit par leur sacrifice, leur habileté et de leur capacité intrinsèque bien des légendes personnelles et la gloire de l'Algérie.
Considérons qu'il n'y a aucune ambivalence quant à nos capacités intellectuelles, morales, décisionnelles, indépendantes et résolument hautement humanistes. Nous sommes issues de tous les horizons d'activités nationale et internationale, nous sommes enseignantes, cadres, chefs d'entreprise, journalistes, étudiantes, écrivaines, poétesses, ingénieures, infirmières, médecins, femmes au foyer.
Si aujourd'hui, nous prenons la parole, c'est parce que nous estimons qu'il est temps de mettre au clair certains points.
1- Pente glissante
Nous subissons depuis quelques années le diktat de certaines personnalités politiques et religieuses via l'espace offert par les médias lourds, presse écrite ou autres, qui se saisissent de la question de la femme, non pas dans l'objectif de discuter de ces droits, mais pour imposer à la société l'une des visions les plus humiliantes et rétrogrades qui la concerne. Ils nous affligent d'un discours sexiste, misogyne et obscurantiste. Ils critiquent nos faits et gestes, nos prises de parole et notre habillement, usant d'un discours allant jusqu'à remettre en cause notre moralité.
Nous assistons également à une grande complicité dans le dénigrement sans que des voix ne s'élèvent pour recentrer les débats sur les vraies questions qui concernent la femme algérienne.
Celle-ci continue de subir un "lynchage" social dans les espaces publics de la part de ces personnalités. Elles s'investissent dans le charlatanisme théologique ou dans la politique tels les imams et les prêcheurs qui prennent un malin plaisir à ridiculiser l'image de la femme dans les médias lourds.
Mieux encore, la présidente d'un parti politique multiplie les sorties médiatiques, non pas pour défendre son programme, mais pour partir en guerre contre la femme algérienne la réduisant tantôt à un objet sexuel, tantôt à un morceau de viande quand ce n'est pas à une "courtisane" légitime renouvelable pour le salut du mari.
Pire, elle justifie les harcèlements sexuels culpabilisant la femme, la jeune fille, l'adolescente, quant aux violences verbales et physiques subies.
Ceci n'est que la pointe de l'iceberg. Le fondamentalisme réactionnaire et religieux s'affirme à travers l'Algérie sans qu'aucune solution ne soit prise en compte, d'autant que c'est la femme qui se trouve au cœur de tous ces tourbillons malsains payant comme à l'accoutumée un lourd tribut. Régression de l'image de la femme.
2- Notre démarche s'inscrit pleinement dans un contexte de revendications légitimes et réalisables
Nous exigeons le respect total dans notre quotidien, notre travail, notre foyer, la place publique ou l'espace intime, comme nous exigeons des pouvoirs publics d'intervenir afin que cesse la discrimination de la femme non voilée dans les lieux publics ou des gérants, propriétaires lui interdisent l'accès à leurs restaurants, hôtels, salons de coiffure, etc.
Nous sommes nées libres et indépendantes, dignes et honorables, fortes d'une mémoire nourrie par les exploits de nos grand-mères, mères, sœurs, filles, cousines, tantes qui se sont battues contre le colonialisme, contre le code de la famille, contre les coutumes archaïques, les lois patriarcales et contre le terrorisme.
Et aujourd'hui, nous en faisons de même contre ces voix réductrices qui s'élèvent pour nous fondre dans un moule déterré dans les dédales sablonneux du wahhabisme qui souffle sur nos têtes.
Nous, femmes algériennes, pleinement conscientes qu'une société ne peut évoluer sans ses citoyennes, sans la garantie de leur droit de vivre dans un pays qui les sécurise, les préserve et les protège, un pays de progrès, de modernité et d'égalité, un pays aux acquis chèrement obtenus et qui doivent être consolidés au lieu de les voir se rétrécir comme des peaux de chagrin, nous ne pouvons accepter un tel affront, celui d'encourager des personnages loufoques, radicaux et obscurantistes à ternir davantage l'image de la femme lui ôtant toute dignité et l'exposant à toutes les formes de dérives et de violences.
Comment peut-on éduquer les générations futures à la haine de l'autre moitié de la société ? Comment leur offrir un fallacieux regard sur les possibles solutions à des problèmes sociaux ?
Comment les réconforter alors que les violences verbale, mentale et physique accablent la femme algérienne de tous les maux sociaux, entre autres le chômage ? Comment peut-on excuser les viols, les harcèlements sexuels, les coups et blessures sur les fiancées, les sœurs et les épouses sous prétexte qu'une jambe ou un cou est dénudé ?
Comment justifier la violence, la polygamie et le voile imposés par la force aux adultes et, pis encore, aux filles en très bas âge ? Est-ce la société dont on a rêvé et pour laquelle nos aînés ont sacrifié leur vie ? Un pays se bâtit, se construit, s'édifie avec un citoyen et une citoyenne épanouis, équilibrés, soucieux du bien-être de leur pays dans la complicité et le respect mutuel.
3- À quand une réelle prise de conscience ?
Nous sommes conscientes du droit que chacun a de s'exprimer, mais ne faut-il pas au préalable informer, instruire, construire un débat fructueux ?
Nous n'avons délégué personne pour parler en notre nom, mais si une discussion doit avoir lieu pour apporter des solutions à la dégradation de l'image de la femme, ce n'est certainement pas avec des discours misogynes.
Nous souhaitons que nos doléances soient prises en charge, sans que nous ne soyons renvoyées à la religion, aux coutumes, aux discours machistes.
Nous voulons que le statut de la femme citoyenne soit respecté et que de vrais efforts soient déployés pour la mise en place d'une batterie juridique réellement protectrice de toutes les femmes et non pas d'une hypothétique loi où tout violeur sur mineure écope de quatre ans de prison tout au plus sans autre sanction pénale.
Nous demandons à ce que les médias lourds contribuent à valoriser l'image, le travail, le vécu de la femme et d'arrêter de stigmatiser les veuves, les divorcées, les étudiantes, les femmes non voilées, les femmes voilées, les femmes célibataires vivant seules, ouvrant la porte à toutes les dérives.


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