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Les Sahraouis exigent la "libération immédiate des prisonniers"
Dans un appel demandant à la communauté internationale d'intervenir
Publié dans Liberté le 23 - 03 - 2017

Le procès des 25 prisonniers sahraouis du groupe de Gdeïm Izik était, hier, à Alger, au centre des discussions entre le président de la Commission sahraouie des droits de l'homme, Abba Hussein, et les médias nationaux.
Lors de la conférence de presse qu'il a animée au Centre d'information sahraoui, en présence de l'ambassadeur de la RASD en Algérie, l'intervenant a appelé à "la libération immédiate de tous les prisonniers sahraouis", dont ceux de Gdeïm Izik. M. Hussein a rappelé ce que les Sahraouis ont enduré depuis 42 ans d'occupation. Le territoire du Sahara occidental, dira-t-il, est inscrit sur la liste des "territoires non autonomes", donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'ONU relative à l'octroi de l'indépendance aux pays colonisés. Quant au procès du groupe de Gdeïm Izik, "il ne respecte ni le droit international humanitaire, ni les traités internationaux, ni les Conventions de Genève, qui sont ratifiées par le Maroc", a déclaré le conférencier, en appelant l'ONU, notamment le Conseil de sécurité, ainsi que l'Union africaine, l'Union européenne et les ONG, à intervenir et à faire cesser ces "atteintes aux droits humains" et autres "dérapages" à la procédure.
Plus loin, le responsable s'est demandé comment la communauté internationale et les organisations mondiales peuvent "accepter" toutes ces violations dirigées contre un peuple dont le seul tort est de revendiquer son "droit à l'autodétermination et à l'indépendance". MM Abba Hussein est ensuite revenu sur la genèse de l'affaire Gdeïm Izik, une protestation pacifique organisée à la fin 2010 au campement de Gdeim Izik (à près de 12 km d'El-Ayoun, la capitale sahraouie occupée), qui s'est terminée par le démantèlement "violent" du camp et l'arrestation de Sahraouis. Il a fait état des condamnations à des "peines lourdes" allant de 20 ans à la perpétuité, sans que le tribunal militaire ait pu prouver l'implication des accusés dans la mort de policiers marocains.
Sept ans après, le procès des 25 militants sahraouis (devant un tribunal militaire au début, puis un tribunal civil depuis décembre 2016) a été reporté plusieurs fois, sans réduire cependant les "mauvais traitements" sur les détenus sahraouis ni les "pressions" sur ces derniers et leurs familles. La destruction de ce camp était destinée, selon lui, à "faire pression" sur les négociateurs sahraouis.
Mais, poursuivra-t-il, le procès sera encore reporté car "il s'est transformé en un procès de l'occupation" et parce que le Maroc veut éviter de se faire taper sur les doigts, en mai prochain, par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Au cours du débat, l'animateur et l'ambassadeur sahraoui se sont exprimés sur l'absence du Maroc à la réunion récente du Conseil de sécurité et de paix de l'UA sur la question du Sahara occidental, malgré l'invitation officielle qui lui a été envoyée.
D'après eux, ce "premier test" confirme "les mauvaises intentions" de l'occupant marocain. Ils ont aussi parlé du "parti-pris" de la France qui, outre ses "ingérences" au Conseil de sécurité avec menace d'user de son droit de veto, vient d'afficher un soutien sans équivoque dans une affaire déjà tranchée par la Cour de justice de l'UE concernant l'accord commercial UE-Maroc.
H. Ameyar


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