L'évolution vertigineuse des dépenses de la sécurité sociale d'année en année, l'accroissement du nombre de malades souffrant de pathologies lourdes, l'explosion, ces dernières années, des infections non transmissibles et la problématique de recettes de la Cnas et de la Casnos qui sont assurés uniquement par les cotisations sont autant d'arguments qui plaident pour la refonte de la relation de travail entre le système de la sécurité sociale et les laboratoires pharmaceutiques de production de thérapies notamment innovantes. Ce plaidoyer pour de nouveaux instruments de remboursement de traitement a été développé vendredi soir par le Dr Djaouad Bourkaïb directeur général de la sécurité sociale au ministère du Travail, à l'occasion de l'ouverture des travaux du 3e congrès de la Fédération algérienne de pharmacie qui a pris fin, hier, au Centre international des conférences (CIC) d'Alger. Il est ainsi question notamment de la mise en place du système de partage de risque budgétaire avec les laboratoires de recherches qui produisent des molécules innovantes. Pour le DG de la sécurité sociale, les pouvoirs publics ne pourront plus continuer à budgétiser des soins de dernières générations et onéreux qui n'apportent pas une "plus-value" thérapeutique ou encore des thérapies qui auront des effets secondaires sur le patient. La prise en charge budgétaire de ce type de thérapies destinées notamment aux pathologies lourdes sera désormais soumise, précisera-t-il, à un "test" d'efficacité thérapeutique sur le patient, faute de quoi le laboratoire pharmaceutique producteur assumera ses responsabilités de remboursement. Pour cela, la sécurité sociale instaurera à partir de l'année prochaine, une nouvelle pratique liée au financement des nouvelles thérapies découvertes par les géants de l'industrie pharmaceutique. "Des textes de loi et des décrets portant sur le financement et le remboursement de molécules innovantes très onéreuses sont en voie de finalisation. Une sorte de contrat de performance sera désormais signé entre la Cnas et la Casnos et le producteur de la molécule qui s'engagera à rembourser des traitements qui n'ont pas donné des résultats satisfaisants sur des patients non répondeurs ou pour cause d'effet secondaire. Ce genre de contrat s'impose aujourd'hui puisqu'il s'agit de médicaments qui ont un impact très fort sur la caisse. On a ainsi mis au point des clauses définissant la responsabilité financière des laboratoires. Faute de ce système de partage de risque, on serait dans l'impossibilité d'aller au système de remboursement des molécules innovantes", plaidera encore le Dr Bourkaïb. En fait, un système d'expertise pharmaco-économique sera mis en place et prendra en compte le budget de la Cnas et la Casnos qui ont vu leurs dépenses passer de 158,8 milliards de dinars en 2013 à 212,08 milliards de dinars au 31 décembre 2017. "Le système actuel assure le remboursement d'une nomenclature de médicaments de plus de 4 100 marques toutes pathologies confondues. Plus de 14 millions de cartes Chifa ont été distribuées, et pas moins de 39 millions d'assurés et leurs ayants droits en bénéficient. Et plus de 11 136 pharmacies sont conventionnées à travers le territoire national", a indiqué M. Bourkaïb. Hanafi H.