Producteurs de boissons: Appel à des mesures urgentes pour éviter des pénuries    Ils lancent un appel de détresse: 12 Algériens, dont 5 femmes, bloqués aux Maldives    IS Tighennif - Ismaïl Abdelhamid (Président) : «Notre objectif est atteint»    Blida: Course après les aliments et non-respect du confinement    Cours à distance en période de confinement: Un plus selon les syndicats mais...    Une instruction du Premier ministère: D'autres catégories de commerces autorisées à activer    RENAISSANCE HUMAINE    Le gouvernement fixe les types de commerce autorisés à ouvrir    Quand le besoin vital de masques vire à l'anarchie entre états    Report de la réunion de l'Opep+ au 8 ou 9 avril    L'infrangible lien…    Jijel : fausse pénurie d'huile et de sucre    Rapatriement de 740 ressortissants algériens bloqués en Turquie    Plusieurs saisies effectuées à Tizi Ouzou    Le marché d'El-Graba à Relizane démantelé    Du carburant gratuit pour les ambulances à Médéa    Les feuilles de l'automne    Karim Tabbou pas concerné par la grâce présidentielle    Le président Tebboune interdit les cadeaux entre responsables de l'Etat    SIDI BEL ABBES : 2 bureaux de Poste mobiles pour le versement des salaires de la police    Coronavirus : la Cnep-Banque prend de nouvelles mesures    Le commissaire à la paix de l'UA rend un vibrant hommage au défunt Khadad    Real Madrid: l'agent d'Hakimi dément un accord    La chute de la maison Bouteflika    Pétrole : les pays de l'Opep+ décidés à agir pour stabiliser les cours de l'or noir    Trois journalistes placés sous contrôle judiciaire    Hirak : la machine judiciaire toujours fonctionnelle    Le chef de file de l'opposition malienne toujours introuvable    Convention reportée, candidats confinés et vote à distance : L'inédite course à la Maison-Blanche    Le MJS, la FAF et la LFP ne veulent pas d'un championnat à blanc    USM Alger : Le groupe Serport engagé contre le Covid-19    JSM Béjaïa : Hammouche plaide pour une meilleure reprise    Un million de signatures pour un cessez-le-feu mondial    "Nous avons encore une vision très normative de la création théâtrale"    Le geste fort d'Aït Menguellet en faveur des détenus d'opinion    Cela s'est passé le 29 mars 1956 à Constantine : L'assassinat du commissaire principal Jean Sammarcelli    Théâtre régional Azzeddine Medjoubi d'Annaba : Riche programme virtuel pour le public confiné    Hommage à la «princesse rouge» : Son Altesse populaire    Une nouvelle carte du monde serait-elle possible ?    LFP: La Ligue fait un don d'un milliard de centimes    La lutte contre le Covid-19 va-t-elle autoriser de nouvelles dérives éthiques ?    L'ex-directeur de l'éducation: Tahar Brahmi n'est plus    DEFENSE NATIONALE : Un terroriste et trois éléments de soutien éliminés en mars    Mines antipersonnel: l'Algérie marque le journée internationale de sensibilisation au problème    Décès de Kheddad: l'Organisation américaine des juristes rend hommage à un défenseur incontestable et un négociateur assidu    Hamel écope de 15 ans de prison ferme    Appel à la libération des détenus d'opinion    Sahara occidental : Décès du diplomate M'hamed Kheddad    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





"C'est toute la classe politique qui vient d'être sanctionnée"
Larbi Chouikha, politologue tunisien, à "Liberté"
Publié dans Liberté le 18 - 09 - 2019

Pour le politologue Larbi CHouikha, il y a une corrélation directe entre le fort taux d'abstention et l'arrivée des candidats Kaïs Saïed et Nabil Karoui (populistes et antisystème), à la tête des résultats du premier tour de l'élection présidentielle anticipée, en Tunisie.
Liberté : Le taux de participation à l'élection présidentielle (45%) est relativement faible par rapport aux enjeux politiques dans le pays. Comment expliquez-vous ce manque d'engouement des Tunisiens ?
Larbi Chouikha : Cela n'est pas surprenant. Cette tendance faisait déjà son chemin depuis la dernière élection. Le désenchantement des Tunisiens envers la politique a commencé il y a déjà quelques années de cela. Je vous rappelle que seulement 35% des électeurs ont voté lors des dernières municipales en 2018. C'est vous dire le recul de l'intérêt que les Tunisiens accordent à la politique.
Les raisons en sont multiples. Ni les partis au pouvoir ni ceux issus de l'opposition n'ont réussi à convaincre les 7 millions d'électeurs tunisiens. L'abstentionnisme élevé enregistré au premier tour de ce scrutin est porteur d'un message clair. Les Tunisiens ne se reconnaissent pas dans les 26 candidats à cette élection. Pis encore, c'est toute la classe politique, au pouvoir ou dans l'opposition, qui vient d'être sanctionnée.
Les partis qui ont eu par le passé à gouverner n'ont à mon sens pas été en mesure de traduire l'immense espoir né de la révolution du jasmin en 2011. Et cela les Tunisiens l'ont profondément ressenti. De leur côté, les partis de l'opposition n'ont pas été capables d'offrir une alternative sérieuse après l'échec des premiers.
Cette situation n'a-t-elle pas au final joué en faveur des candidats outsiders, Kaïs Saïed et Nabil Karoui ?
Absolument ! Les candidats dits populistes et antisystème viennent de faire une percée fulgurante dans le paysage politique tunisien en partie parce que les Tunisiens ont fait l'expertise d'une classe politique au gouvernement qui n'a pas su répondre à leurs aspirations. Il y a une corrélation directe entre l'abstention et l'arrivée des candidats Kaïs Saïed et Nabil Karoui en tête des résultats du premier tour. Kaïs Saïed, en se présentant comme un candidat antisystème, a réussi à séduire un nombre important de Tunisiens à travers un discours dirigé exclusivement contre la classe politique traditionnelle déjà désavouée.
Il a très bien compris les jeux et les enjeux politiques du moment et a pu très vite capter l'attention des électeurs qui ont fait de lui l'incarnation de la probité et du désintéressement. Son éloquence, maniant tantôt un discours de constitutionnaliste, tantôt un discours littéraire dans la langue du Coran, a en outre beaucoup joué en sa faveur. Nabil Karoui a lui aussi compris les attentes des Tunisiens. En plus de mettre à son profit le rejet, par les tunisiens, des candidats issus des partis politiques traditionnels, il a mis des moyens colossaux dans sa campagne électorale.
Homme d'affaires, M. Karoui a très vite compris que les moyens qu'il mobilisera feront la différence. Il convient de rappeler à ce propos que sa chaîne de télévision s'était lancée dans la campagne électorale il y a de cela plus d'une année. C'est un atout considérable dont Nabil Karoui a profité pleinement. Nessma TV a fonctionné 24/24h en retransmettant toutes ses activités caritatives de Nabil Karoui. Les Tunisiens en ont vu un homme proche de la population et prêt à répondre à leur attentes. C'est une recette qui a payé.

Propos recueillis par : Karim Benamar


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.