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"C'est toute la classe politique qui vient d'être sanctionnée"
Larbi Chouikha, politologue tunisien, à "Liberté"
Publié dans Liberté le 18 - 09 - 2019

Pour le politologue Larbi CHouikha, il y a une corrélation directe entre le fort taux d'abstention et l'arrivée des candidats Kaïs Saïed et Nabil Karoui (populistes et antisystème), à la tête des résultats du premier tour de l'élection présidentielle anticipée, en Tunisie.
Liberté : Le taux de participation à l'élection présidentielle (45%) est relativement faible par rapport aux enjeux politiques dans le pays. Comment expliquez-vous ce manque d'engouement des Tunisiens ?
Larbi Chouikha : Cela n'est pas surprenant. Cette tendance faisait déjà son chemin depuis la dernière élection. Le désenchantement des Tunisiens envers la politique a commencé il y a déjà quelques années de cela. Je vous rappelle que seulement 35% des électeurs ont voté lors des dernières municipales en 2018. C'est vous dire le recul de l'intérêt que les Tunisiens accordent à la politique.
Les raisons en sont multiples. Ni les partis au pouvoir ni ceux issus de l'opposition n'ont réussi à convaincre les 7 millions d'électeurs tunisiens. L'abstentionnisme élevé enregistré au premier tour de ce scrutin est porteur d'un message clair. Les Tunisiens ne se reconnaissent pas dans les 26 candidats à cette élection. Pis encore, c'est toute la classe politique, au pouvoir ou dans l'opposition, qui vient d'être sanctionnée.
Les partis qui ont eu par le passé à gouverner n'ont à mon sens pas été en mesure de traduire l'immense espoir né de la révolution du jasmin en 2011. Et cela les Tunisiens l'ont profondément ressenti. De leur côté, les partis de l'opposition n'ont pas été capables d'offrir une alternative sérieuse après l'échec des premiers.
Cette situation n'a-t-elle pas au final joué en faveur des candidats outsiders, Kaïs Saïed et Nabil Karoui ?
Absolument ! Les candidats dits populistes et antisystème viennent de faire une percée fulgurante dans le paysage politique tunisien en partie parce que les Tunisiens ont fait l'expertise d'une classe politique au gouvernement qui n'a pas su répondre à leurs aspirations. Il y a une corrélation directe entre l'abstention et l'arrivée des candidats Kaïs Saïed et Nabil Karoui en tête des résultats du premier tour. Kaïs Saïed, en se présentant comme un candidat antisystème, a réussi à séduire un nombre important de Tunisiens à travers un discours dirigé exclusivement contre la classe politique traditionnelle déjà désavouée.
Il a très bien compris les jeux et les enjeux politiques du moment et a pu très vite capter l'attention des électeurs qui ont fait de lui l'incarnation de la probité et du désintéressement. Son éloquence, maniant tantôt un discours de constitutionnaliste, tantôt un discours littéraire dans la langue du Coran, a en outre beaucoup joué en sa faveur. Nabil Karoui a lui aussi compris les attentes des Tunisiens. En plus de mettre à son profit le rejet, par les tunisiens, des candidats issus des partis politiques traditionnels, il a mis des moyens colossaux dans sa campagne électorale.
Homme d'affaires, M. Karoui a très vite compris que les moyens qu'il mobilisera feront la différence. Il convient de rappeler à ce propos que sa chaîne de télévision s'était lancée dans la campagne électorale il y a de cela plus d'une année. C'est un atout considérable dont Nabil Karoui a profité pleinement. Nessma TV a fonctionné 24/24h en retransmettant toutes ses activités caritatives de Nabil Karoui. Les Tunisiens en ont vu un homme proche de la population et prêt à répondre à leur attentes. C'est une recette qui a payé.

Propos recueillis par : Karim Benamar


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