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L'Egypte boucle sa troisième année sous état d'urgence
Il a été instauré par le président Abdel-Fattah al-sissi en 2017
Publié dans Liberté le 21 - 01 - 2020

Le président Abdel-Fattah al-Sissi a renouvelé l'état d'urgence en Egypte pour trois mois, complétant ainsi une troisième année sous cette législation d'exception instaurée en avril 2017 à la suite d'attentats contre des églises coptes. Le décret annonçant la mesure est paru dans le journal officiel dimanche, à quelques jours du neuvième anniversaire de la révolution égyptienne, le 25 janvier.
L'état d'urgence sera prolongé pour 3 mois à compter du 27 janvier à 1h du matin (le 26 janvier à 23h GMT), stipule le décret. Cette mesure avait été promulguée en avril 2017 après deux attentats contre des églises coptes, à Tanta et Alexandrie (Nord), qui ont fait 45 morts et ont été revendiqués par le groupe terroriste Etat islamique (EI). L'état d'urgence élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d'arrestation, de surveillance, et peut imposer des restrictions à la liberté de mouvement.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement des atteintes aux libertés individuelles en Egypte, où le président Sissi poursuit depuis son arrivée au pouvoir, en 2014, une répression féroce contre toute forme d'opposition islamiste ou libérale. Ce renouvellement intervient quelques mois après l'apparition, fin septembre, au Caire et dans d'autres villes égyptiennes, de rares manifestations anti-pouvoir rapidement étouffées. Les manifestants répondaient à l'appel de Mohamed Ali, un homme d'affaires en exil qui accuse le président de corruption.
Les manifestations sont interdites en Egypte depuis une loi adoptée en 2013, après le coup d'Etat militaire dirigé par le général Sissi contre le président islamiste Mohamed Morsi. En vigueur pendant 30 ans, l'état d'urgence avait été levé juste avant l'arrivée au pouvoir en 2012 du président Morsi, élu après la chute du régime de Hosni Moubarak lors de la révolte de janvier-février 2011. L'abrogation de cette mesure d'exception était l'une des demandes principales du soulèvement populaire.

R. I./Agences


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