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La fille des Aurès
20e partie
Publié dans Liberté le 06 - 08 - 2020

Résumé : Le jour de sa sortie arrive enfin. Hakima tient à remercier tous ceux qui avaient veillé à son confort et à son rétablissement. Athmane prend son sac et la précède vers la sortie. Il insiste pour la raccompagner, et tous les arguments qu'elle brandit pour l'en dissuader ne servent à rien. Hakima découvre qu'elle est amoureuse de lui.
La jeune fille se retrouve assise à l'avant d'un véhicule près d'un homme dont pourrait rêver plus d'une femme. Mais pas elle. Cela lui est interdit.
Comme s'il lisait dans ses pensées, Athmane s'empresse de mettre un CD de musique classique.
- Ne sois pas si crispée. Tu vas bientôt reprendre tes études et tu seras occupée pour un bon bout de temps. Mais de temps en temps, tu n'oublieras pas de venir à l'hôpital pour un petit bonjour.
Elle se détend et sourit.
- Oui, bien sûr que je viendrai. Vous avez tous été formidables avec moi.
- Moi, particulièrement, lance-t-il en prenant un air supérieur, qui la fait éclater franchement de rire.
- Pour rendre à César ce qui lui appartient, je te dirais que tu es pour beaucoup dans mon rétablissement. Tu m'as apporté un grand réconfort moral, et tu as su me redonner l'envie et le courage de reprendre mes études.
- Surtout cela, Hakima. Seules les études te permettront de reprendre pied.
- Je tenterais de me rappeler de tous tes conseils.
- Si tu les oublies, je te les rappellerai. Ne t'inquiète donc pas.
Elle sourit, heureuse, mais s'interdit de rêver. Non, elle n'a pas le droit au rêve. Cette phrase, elle ne cessera jamais de se la répéter. C'est le serment qu'elle s'est fait et le prix à payer pour une faute qu'elle n'a pas commise, mais dont elle est la victime.
Ils arrivent à l'orphelinat. C'est le crépuscule, et quelques filles revenaient de l'école. Elles jettent un regard curieux à Athmane, qui descend de son véhicule pour ouvrir la porte à Hakima.
- Mademoiselle est arrivée.
Il l'aide à mettre pied à terre. Elle boite encore un peu, mais ses fractures se sont soudées, et dans quelques jours elle ne ressentira plus ces douleurs musculaires qui la gênent dans ses mouvements.
- Fais attention à toi, Hakima, poursuit Athmane en lui tendant son sac et un petit paquet.
Elle regarde le paquet avant de demander :
- Qu'est-ce que c'est ?
- Quelques ouvrages que tu voulais lire, mais que tu n'as pas pu te procurer.
- Oh Athmane, si je m'y attendais...
Elle ouvre le paquet d'une main tremblante et découvre les deux tomes de David Cooperfield, le récit de Charles Dickens, ainsi que Sans famille d'Hector Malot.
Deux vies, deux destins, qui ressemblent un peu au sien. Elle relève les yeux et fixe Athmane.
- Comment savais-tu que je voulais ces ouvrages ?
Il hausse les épaules.
- Je t'ai déjà ramené quelques ouvrages classiques à l'hôpital. Tu les as dévorés d'une seule traite, et si tu te rappelles bien, un soir, tu m'as demandé si je ne pouvais pas te procurer ces deux titres.
Hakima est émue. En dehors de sa "maman" qui n'est plus de ce monde, Athmane redouble d'attention envers elle. Mais jusqu'à quand ?
Elle déglutit.
- Tu es trop bon avec une pauvre orpheline, Athmane. Je ne sais plus quoi dire.
- Ne dis rien. Fais-moi un sourire, cela vaudra pour moi tout l'or du monde.
Hakima sourit. Mais son sourire est glacial et n'arrive pas à atteindre un regard triste où se lisaient toutes les appréhensions.
- Merci. Merci pour tout, Athmane.
Athmane l'embrasse sur les deux joues.
- Sois heureuse, Hakima.
Ils se quittent, et Hakima le regarde s'éloigner en agitant le bras. Elle allait rentrer, lorsqu'elle se heurte à Houria.
Cette dernière venait visiblement de rentrer de l'atelier d'apprentissage, où elle apprenait la couture et la broderie, et était en train d'enlever à grands coups de mouchoir un maquillage trop voyant pour son jeune âge.
- Tiens, une revenante. Mais pardi ! D'où as-tu donc pêché ce beau gosse ?
Hakima s'écarte d'elle.
- Tu pourrais au moins demander de mes nouvelles...
- Mais je vois qu'elles sont des meilleures. Tu passes un moment hors de l'orphelinat, et tu reviens accompagnée d'un bel homme, dans une belle bagnole. Que peut demander de plus une fille comme toi ?
- Détrompe-toi, Houria. Je reviens de très loin. J'ai eu un accident qui aurait pu me coûter la vie.
- Il a coûté la vie à ta maman, lance d'un air méchant Houria.
(À SUIVRE)
Y. H.
[email protected]
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