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“Témoin des siècles” ou “Pierre de la désolation” ?
Batna
Publié dans Liberté le 26 - 09 - 2005

Le témoin des siècles, l'œuvre d'art du doyen artiste-peintre de la ville de Batna Hocine Houara, suscite, ces jours-ci, de nombreux commentaires. Il y a ceux qui la trouvent une véritable bourde sans aucune esthétique et la qualifient même de pierre de désolation et il y a ceux qui trouvent l'idée fantastique et l'affublent de “l'origine de l'univers”. Cette œuvre d'art, qui se trouve au carrefour des idées, à la sortie sud de la ville de Batna, se constitue en un gros bloc de pierres apposé sur un tertre assez légèrement élevé et avec quelques traces de pas au pied du rocher. L'œuvre se singularise par son caractère insolite. Les interprétations malveillantes ou bienveillantes abondent et l'œuvre semble parler par énigmes.
Curieux pour connaître l'interprétation ou la lecture qui résulte de cette œuvre d'art intitulée Le témoin des siècles, nous nous sommes approchés de son artiste concepteur. Invité autour d'un café, l'artiste-peintre Houara Hocine, très aimable, se donne à la discussion et dit : “L'idée m'est venue suite à un élan créateur (…). Je l'ai proposée à l'époque au wali Ouali Abdelkader, actuellement SG du ministère de l'Intérieur, qui l'avait trouvée géniale et l'avait acceptée (…). Ainsi, mon œuvre artistique a été concrétisée. À l'époque, tout le monde l'avait trouvée prodigieuse. Après le départ du wali, les caméléons sont sortis de leur réserve outerrier pour dire que l'œuvre leur déplaît…” Irrité, notre artiste s'arrête un court instant comme pour se ressaisir ou fouiller dans sa mémoire et reprend : “Cette œuvre d'art est destinée à présenter uniquement un intérêt artistique. Pour moi, en tant qu'artiste, Le Témoin des siècles a atteint le but pour lequel il a été conçu. Pour élucider cette énigme”, laisse-t-il échapper. Très futé, il nous demande de laisser les citoyens, les visiteurs, travailler leurs méninges, réfléchir intensément au message à décoder. Très étonné par l'effet de l'œuvre, il dit : “jamais ! Aucune de mes œuvres n'a suscité autant de colère, de protestation et d'admiration. Et je ne vous cache pas, je suis très satisfait du résultat obtenu, parce que c'est le but recherché. La réaction que Le témoin des siècles a suscitée chez les citoyens, est phénoménale. Franchement, je ne me suis jamais attendu à une telle réplique. Beaucoup de questions m'ont été posées depuis sur l'image, le symbole ou la représentation qu'elle véhicule… Des citoyens ne cessent d'établir le rapport entre la forme et le réfèrent et de donner les interprétations les plus farfelues et les plus fantastiques…” Si la forme est une seule pour tous les citoyens, les éléments de la réalité, auxquels renvoie ce rocher, sont pluriels.
Chaque citoyen se fait une idée précise, la comprend différemment, lui donne l'image mentale qu'il veut. Cette extériorisation, cette manifestation de sentiments exprime d'une manière visible les manifestations d'hostilité ou de sympathie que le citoyen lecteur éprouve ou ressent envers sa ville. “Une œuvre d'art qui ne choque pas, fait-il observer, n'apporte sincèrement rien.”
Tout fier du résultat obtenu, il ajoute : “La mienne a choqué le citoyen et le pousse maintenant à comprendre le message et l'interpeller.” Le peintre Hocine Houara semble troquer la peinture contre la philosophie. Incompris par moments, lucide et pénétrant par d'autres, l'artiste Hocine Houara remue le passé et nous propulse dans le futur. Ses œuvres artistiques sont profondes et pleines de sagesse. Elles ne devraient pas être prises à la légère.
Des réflexion profondes s'imposent pour le suivre dans ses actes et ses pensées. À la question de nous livrer l'interprétation de son œuvre, ce dernier nous répond avec un large sourire qu'il préfère écouter celle des autres et la nôtre. À la remarque que certains citoyens, même parmi eux des artistes de la ville de Batna, se disent blessés moralement par cette œuvre qui choque le bon goût.
flegmatique, le sourire moqueur, il repose la question : “Qui dit qu'ils ont le bon goût pour juger ou évaluer mon travail de mauvais goût ?” Après un silence, il se décide et dit : “les goûts, comme les couleurs ça ne se discutent pas. D'ailleurs, je vous demande d'interroger les citoyens sur l'impression qu'ils ont sur mon œuvre et vous allez être témoin d'une diversité énorme et plurielle. En attendant les réactions, les analyses et les appréciations des citoyens, la ville de Batna prend à témoin une pierre présente à tous les faits marquant l'histoire de la région, une pierre au regard lourd de muets reproches, qui ne risque pas de parler ou de révéler des réalités qui risquent de fâcher beaucoup de personnes. La bouche cousue, l'œuvre d'art de Hocine Houara observe le silence éternel.
B. BELKACEM


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