Résumé : J'avais l'impression qu'on me cachait un tas de secrets. Qui est au juste cette femme que j'avais rencontrée ? Etait-elle juste une servante chez nous ou bien plus que cela ? Ma mère me tire vers elle : - Tu vas tout savoir, Mina, si c'est ce que tu désires. - Mais pourquoi ne m'avoir rien dit auparavant ? - Viens. Allons rejoindre ta grand-mère. Nous allons te raconter toutes les deux la vérité. Je consentis à suivre ma mère, et nous rejoignîmes ma grand-mère Zahra, qui commençait à s'étonner de nous voir tous abandonner le dîner. Ma mère s'assit sur une natte et je m'installa sur un matelas. - Mangeons d'abord, dit ma mère, à la fin du dîner, nous aurons le temps de discuter sur ce sujet. Ma grand-mère Zahra interrogea ma mère du regard. Mais cette dernière hocha la tête et se mit à manger. Nous terminions de dîner, et on nous servit un dessert et du café. J'étais un peu plus détendue. Mon malaise s'est dissipé. J'étais de meilleure humeur. Et comme toutes les femmes enceintes, il y a des moments où je me sentais vraiment euphorique. Je m'allongeais un moment puis me relevais pour déguster mon café parfumé à l'eau de rose. Ma grand-mère faisait sa prière, et ma mère s'approcha de moi : - Ta grand-mère Zahra et moi sommes les seules à être au courant du mariage secret de cette servante avec ton grand-père. J'ouvris les yeux tout grands : - C'est donc vrai. Mon grand-père avait une autre épouse que je ne connaissais pas. - Oui. Mais, cela dit, c'était un cas de force majeur. - Mais pourquoi l'a-t-il fait en secret ? Ma mère me sourit : - Je pensais que tu étais plus intelligente que cel, Mina. - Je ne comprends absolument pas. - Eh bien, tu vas comprendre. Ma grand-mère venait de se relever. Elle avait terminé sa prière et vint nous rejoindre : - De quoi parlez-vous donc toutes les deux ? - Du grand-père. Mina aimerait tout connaître sur lui. - Mais elle connaît déjà tout, s'étonne ma grand-mère. Personne ne lui a rien caché. Ma mère était gênée, et je comprends que le secret devait être gardé par elles à jamais. Elle soupire et s'approche de ma grand-mère : - Mina vient de rencontrer au cimetière la dernière femme du vieux. Ma grand-mère Zahra lâche son tapis de prière. - Comment ça ? Que lui a-t-elle donc débité ? Le vieux n'aimait pas trop qu'on étale sa vie privée en public. - Je ne suis pas un public, grand-mère. Je suis sa petite-fille et en droit de tout connaître sur ma famille. Pourquoi voulait-on garder un secret qui, au contraire, aurait déjà dû être dévoilé ? Ma mère et ma grand-mère se regardèrent, puis ma mère lança : - Vois-tu, Mina, il y a des choses dont on a honte et qu'on préfère cacher aux autres. - Je ne vois pas où tu veux en venir. - Eh bien, je veux que tu saches que le mariage de ton grand-père avec cette femme n'était qu'un compromis. - Un compromis ! - Oui... Enfin. Tu dois savoir que ton grand-père n'avait jamais pris une chose à la légère. - Eh bien, c'est précisément pour cela que j'étais étonnée d'apprendre par une étrangère qu'il s'était marié une huitième fois sans que quiconque le sache. - Nous étions les seules à le savoir ta mère et moi, lance ma grand-mère Zahra. Et j'étais la seule parmi ses femmes qui l'avait encouragé à le faire et lui avais promis de garder cette union secrète à jamais. - Mais enfin, m'écriais-je, vous allez me raconter ce qui s'est passé ou pas ? (À SUIVRE) Y. H. [email protected] Vos réactions et vos témoignages sont les bienvenus.