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Hattab va-t-il convaincre ses “frères” à déposer les armes ?
Il négocie sa reddition avec les autorités
Publié dans Liberté le 16 - 10 - 2005

Cela se passe au moment où les maquis islamistes accueillent de nouvelles recrues.
L'information a fait déjà le tour de la région. Hassan Hattab l'ex-“émir” du Groupe salafiste pour la prédication et combat (GSPC) et ses acolytes, qui écument la forêt du Sahel Boubarak jusqu'à l'inaccessible Sidi Ali Bounab, s'apprêtent à quitter le maquis avec ses partisans à la faveur de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Mais combien sont-ils à vouloir abandonner l'action terroriste ? Que négocient-ils ? Ceux qui connaissent bien la situation sécuritaire dans cette partie de la wilaya de Boumerdès pour avoir mené une longue lutte contre les hordes du GSPC, indiquent qu'ils sont une centaine. Mais pour d'autres moins. “À ma connaissance, il y a 50 terroristes en pourparlers avec les autorités, du moins c'est ce qui circule comme information ici”, lâchera un Patriote de Timzrit, un village perché sur les hauteurs de la colline surplombant les Issers et Tadmaït et situé à cheval entre la wilaya de Tizi Ouzou et Boumerdès. Hattab “voudrait s'assurer l'impunité”, ajoute notre source avant de préciser que le chef terroriste a scindé ses partisans en plusieurs groupes pour parer aux éventuelles attaques des récalcitrants à l'offre de paix de Abdelaziz Bouteflika. Ces derniers, semble-t-il, sont nombreux dans cette région boisée et à relief très difficile d'accès. Il y a deux mois, une trentaine de terroristes dressaient un faux barrage au lieu-dit Aïn Zelzel sur la route escarpée menant de Lakhmis Isser à Ath Messaoud.
Les citoyens de passage ce jour-là ont eu à entendre un discours des plus virulents contre la réconciliation nationale. “Nous continuerons à lutter jusqu'à l'instauration d'un Etat islamique”, leur signifiait le chef du groupe qui n'était autre qu'un enfant de Toursal, un village situé à quelques encablures seulement de Bounab.Ayant rejoint les maquis islamistes, à l'âge de 17 ans et au moment où la région était totalement soumise, au milieu des années 1990, au diktat des groupes armés, Zizid Sadek dit “ne pas être prêt à rendre les armes”. En dressant ce faux barrage, indique notre source, il était venu spécialement pour enlever deux enfants d'un commerçant de Azouza qu'il a libérés quelque temps après contre une rançon de 80 millions de centimes selon la vox populi. Un GLD de la région des Issers n'a pas été aussi veinard que les deux otages de Azouza.
Les terroristes qui l'ont kidnappé exigeaient, outre 100 millions de centimes en échange, également la kalachnikov de la victime. Les contacts avaient duré, selon nos sources, plusieurs jours avant qu'ils ne soient rompus par la sévère sentence de “Akher Kalima” prononcée par ses ravisseurs. Nul ne peut donner aujourd'hui le nombre exact des éléments armés en activité dans cette région.
Des témoignages indiquent qu'environ 150 terroristes fourmillent dans cette partie ouest de la Kabylie.
Il y a cinq mois de cela, des citoyens affirment avoir vu une importante escouade de ces criminels longer le village Bentafath situé à quelques kilomètres seulement du centre-ville des Issers. Ils se déplaçaient probablement, ajoutent nos sources, vers la région de Chabet El-Amer et Matoussa, des “zones relais” qui donnent sur les inextricables forêts de Lakhdaria, Ammal et Béni Amrane et plus loin Djebel Bouzegza où ils dictent leur loi aux habitants des villages isolés. Il y a quelque temps, témoigne un citoyen de la région, ils circulaient en plein jour à Bouaïdene un hameau situé à un jet de pierre de Béni Amrane. Ils se permettent même, raconte-t-il, “de sortir en survêtements et des pistolets automatiques à la main”.
Le prêche de l'“émir” Moussaâb
Dans notre région, raconte un Patriote, il y a beaucoup d'étrangers. Les seuls terroristes issus d'ici sont Sersoub Aderrezak, Totaoui, Mezouh Hamid Dolache Mouloud et Ammi Belaïd.
Les autres viennent des autres villages voisins et même de Draâ El-Mizan. Ils se regroupent pour commettre leurs méfaits. Selon nos sources, tous ces terroristes ne manifestent aucune intention d'abandonner l'action armée. Quelques jours avant le référendum du 29 septembre, ils sont passés du côté de Bouaïdene et de Doukane pour appeler les villageois au boycott du scrutin. De sources informées, nous apprenons même qu'une large opération de sensibilisation a été menée par l'aile antireddition du GSPC auprès de ces groupuscules qui sèment la mort à Ammal, à Thénia et à Tidjelabine.
Une cassette audio a circulé parmi les différentes factions de l'organisation terroriste. Selon les observateurs de la situation sécuritaire, c'est l'“émir” du Groupe salafiste pour la prédication et le combat, Abou Moussaab Abd El-Ouadoud qui lui-même a appelé ses sbires à rejeter l'offre de paix. Son prêche est radical. Pour lui, “la charte est la preuve que la politique d'éradication menée par les laïcs a échoué”. Ses éléments ne manqueront pas en effet à signer le premier acte terroriste, après le 29 septembre, dans la région.
Selon des informations recueillies sur place, les têtes d'affiche du terrorisme à Thénia sont toujours en cavale. Il s'agit de terroristes notoires sinistrement connus sous les appellations de Boutouak alias Pelé, Romane, Timizar et Halouane Amrane dont le frère Noreddine s'est rendu à la faveur de la loi sur la concorde civile de 1999.
L'ex-“émir” local du GSPC coule depuis sa reddition des jours heureux du côté de Si Mustapha, où il s'est converti même en cheikh prodiguant la “rokia” pour chasser les mauvais esprits. “Personne n'oubliera, dira un Patriote de la région, les méfaits de ces sinistres individus qui ont semé la terreur”, à Gueddara, sur la route de Tamsaout, Ouled Ali, Zemmouri Tidjelabine et à Si Mustapha. “Vous savez, il ne faut jamais baisser de garde, car ces sanguinaires peuvent travailler, c'est le terme en usage dans le jargon des Patriotes pour indiquer les actes terroristes, à n'importe quel moment”.
Certes, les Patriotes ne connaissent pas l'affiliation des groupuscules du GSPC, ni la nature de leur organisation. Mais ils connaissent bien leurs meneurs. Combien sont-il à activer dans cet axe Tidjelabine-Thénia ? Selon des témoins, ceux qui ont assassiné dernièrement un citoyen, membre d'un groupe d'autodéfense aux chalets de haï Elouz étaient très nombreux.
Ils étaient plus de vingt éléments tous habillés de treillis militaires et bien armés. Ils étaient autant, ceux qui avaient commis auparavant l'attentat sanglant contre une patrouille de la gendarmerie au contrebas du marché de voitures de Tidjelabine.
Le racket
Depuis quelque temps, le GSPC multiplie les enlèvements et menace de mort ceux qui refusent de payer des rançons pour libérer leur proche. Le gérant de la carrière de tuf de Talouali a payé de sa vie son refus de payer la djizia qui lui était exigée. Après plusieurs mises en demeure, le gérant a été tué de manière abjecte. Après avoir alerté la veille les services de sécurité sur la présence de deux suspects à proximité de la carrière, le lendemain, il a été enlevé et tué, selon notre source à coups de clou dans la gorge. À Si Mustapha, indique un autre témoignage, un citoyen aurait été obligé de verser une somme de 800 millions de centimes pour sauver la vie à son associé. À Azouza également, un autre commerçant aurait payé 80 millions de centimes pour libérer ses deux enfants enlevés dans un faux barrage sur le chemin menant des Issers à Ath Messaoud situé sur la route de Sidi-Ali Bounab. “Même s'il est impossible de prouver, nous sommes certains que beaucoup de commerçants et d'agriculteurs payent la djizia chaque mois aux terroristes”, affirment des Patriotes rencontrés dans la région de Thénia.
Le propriétaire de la semoulerie incendiée récemment à Tidjelabine avait certainement refusé de répondre aux exigences des hordes du GSPC. D'autres indiquent nos sources ont été même contraints de fermer boutique à cause du racket. C'est le cas d'un propriétaire d'une station d'essence située au bord de l'autoroute qui a arrêté ses activités. Les terroristes lui rendaient régulièrement visite. La pratique était courante dans la région de Sidi-Ali Bounab et de ses environs. Les groupes armés avaient, selon notre source, recensé tous les commerçants, tous les retraités pour leur imposaient une dîme sur leurs revenus. Il n'y a pas si longtemps, le groupe de Tidjelabine s'est emparé de toute la recette du marché de voitures.
Les nouvelles recrues
En dépit de toutes les offres de paix et de toutes les concessions qui leur sont faites, seules deux redditions ont été enregistrées ces derniers jours à Thénia, les terroristes continuent non seulement à commettre leurs forfaits, mais aussi à capter de nouvelles recrues. Aussi paradoxale que cela puisse paraître, plusieurs jeunes ont rejoint, durant les trois derniers mois les maquis islamistes. À Si Mustapha, un jeune répondant au nom de Chaouchi a intégré le groupe armé local. À Draâ Ben Hadoum aussi. Mais le plus grand nombre de recrues est enregistré du côté de Bouaïdene, un village isolé de la commune de Ammal et au village agricole Omar de Bordj Menaïel. À Bouaïdene, un des jeunes ayant rejoint les maquis islamistes, Dolache Mouloud a commis déjà son premier forfait en assassinant le maire de Ammal juste avant le référendum du 29 septembre dernier.
Trois jours auparavant, ce jeune était dans le bureau du président de l'APC pour une histoire de chalet qu'il ne voulait pas restituer après avoir bénéficié d'une aide à l'autoconstruction de 50 millions de centimes. C'est ce même Dolache qui entraînera un autre jeune du village dans le terrorisme. Il s'agit de Ammi Belaïd âgé à peine de 19 ans. Au village Omar de Bordj Menaïel, ce sont quatre jeunes, dont un lycéen, qui ont rejoint, il y a à peine deux mois, les maquis du GSPC.
Karim Daoudi


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