Les perturbations dans les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des pays du Golfe après la fermeture du détroit d'Ormuz, ne serait-ce que pour un mois ou deux, pourraient faire flamber les cotations en Europe à plus de 600 dollars pour le millier de mètres cubes, a affirmé à TASS l'analyste financier Sergueï Kaufman. Le détroit d'Ormuz représente une importante voie d'exportation de pétrole et de gaz reliant le golfe Persique au golfe d'Oman puis à l'océan Indien, itinéraire largement employé pour les livraisons de brut et de GNL dans le monde. Le journal Financial Times a précédemment rapporté que le passage de grands navires à travers le détroit d'Ormuz avait pratiquement cessé. «Selon nous, la fermeture du détroit même pour un mois ou deux pourrait faire monter le prix du gaz en Europe à 600 dollars pour 1.000 m3, la concurrence pour les volumes disponibles augmentant fortement», a indiqué Sergueï Kaufman. La fermeture du détroit affecterait plus de 20% des exportations mondiales de GNL, mais les pays asiatiques (Chine, Corée du Sud, Inde et Taïwan) seraient les plus touchés, car ils représentent plus de 80% des exportations de GNL qatarien. En outre, des attaques directes de l'Iran contre des site d'extraction au Qatar et aux Emirats arabes unis ne sont pas à exclure, a-t-il ajouté.En Europe, le prix du gaz a d'ores et déjà dépassé les 500 dollars sur fond d'arrêt de la production de GNL au Qatar à la suite des frappes aériennes iraniennes. «Le conflit actuel pourrait avant tout affecter le marché mondial du gaz par d'éventuelles difficultés rencontrées par le Qatar qui figure parmi les trois plus grands exportateurs de GNL. Le Qatar exporte son GNL via le détroit d'Ormuz et les risques de fermeture de ce dernier constituent le principal facteur à l'origine de la hausse actuelle des prix. Les Emirats arabes unis sont également un exportateur de GNL, bien que moins important. En outre, les évènements pourraient suspendre les exportations de gaz israélien vers l'Egypte et celles de gaz iranien vers la Turquie», a poursuivi Sergueï Kaufman.n