La soirée de lundi a marqué l'ouverture de la neuvième édition des « Nuits de la calligraphie et du manuscrit » au Musée public national de la calligraphie islamique de Tlemcen. Organisée à l'occasion des veillées du mois sacré de Ramadhan, cette manifestation culturelle s'inscrit dans une tradition désormais bien ancrée, visant à faire rayonner l'art de la calligraphie et la richesse des manuscrits anciens. Placée sous le thème évocateur « La branche andalouse florissante », cette édition met à l'honneur l'héritage intellectuel et artistique d'Al-Andalus. Pour la première soirée, les visiteurs ont été conviés à une exposition intitulée « La Noble Hilya prophétique ». Huit panneaux richement ornés y étaient présentés, chacun consacré à la hilya, une composition calligraphique décrivant avec minutie les qualités physiques et morales du Prophète Mohamed (QSSSL). Ces œuvres, réalisées avec un grand souci du détail, témoignent de la finesse de cet art où l'esthétique se conjugue à la spiritualité. L'exposition comprenait également la présentation d'un fragment d'un manuscrit andalou du Coran, copié par le calligraphe Abdallah Al-Ghattoussi Al-Balnasi. Ce document rare illustre le savoir-faire des copistes d'Andalousie et la place centrale qu'occupait l'écrit dans la transmission du savoir religieux et scientifique. La soirée s'est poursuivie par une intervention pratique accompagnée d'un atelier intitulé « La Noble Hilya prophétique, merveilles de l'art et du patrimoine ». Animée par le calligraphe Toufik Ayadi, originaire de la wilaya de Bordj Bou Arreridj, cette rencontre a permis au public de mieux comprendre l'essence de la hilya. L'artiste a expliqué qu'il s'agit d'une œuvre calligraphique autonome, généralement exécutée en écriture naskh et thuluth, puis sublimée par des ornements dorés. Il en a retracé l'histoire, détaillé la structure du texte et mis en lumière son évolution à travers les siècles. Au-delà de son aspect esthétique, la hilya revêt aussi une dimension académique. Le calligraphe a souligné son rôle dans la formation traditionnelle des maîtres de l'art : elle servait notamment de pièce maîtresse lors de l'obtention de l'ijaza, ce certificat attestant de la compétence et de la maîtrise d'un élève en calligraphie. La seconde et dernière soirée de cette édition s'annonce tout aussi dense. Quatre communications sont prévues, dont une consacrée au parcours du chercheur Boubaya avec les manuscrits relatifs à l'histoire andalouse. Une autre intervention portera sur le manuscrit de l'« Histoire de Majorque » rédigé par Ibn 'Umayra Al-Makhzoumi. Les participants pourront également découvrir une présentation dédiée à la bibliothèque de manuscrits de Sidi Adda Ibn Ghlam Allah, dans la wilaya de Tiaret, ainsi qu'une communication sur les innovations des Andalous dans l'art de consigner et d'organiser les manuscrits. Des enseignants des universités de Tlemcen et d'Oran encadreront ces différentes interventions. En ouverture, une conférence du docteur Mahi Guendouz Nedroumi, de l'Université de Tlemcen, reviendra sur les savants de la ville à travers l'ouvrage « Nafh al-Tib », offrant ainsi un éclairage sur la contribution intellectuelle de Tlemcen à l'histoire culturelle du Maghreb. Organisée par le Musée public national de la calligraphie islamique de Tlemcen en coordination avec le Laboratoire des études littéraires et andalouses de l'Université de Tlemcen, cette manifestation vise à mettre en valeur le patrimoine manuscrit andalou. Elle entend également attirer l'attention sur les efforts de recherche, d'étude et d'édition menés autour de ces trésors, tout en faisant connaître les différentes bibliothèques de manuscrits à travers le territoire national et les passionnés qui veillent à leur préservation.