Résumé : Daouia arrive et annonce à Meriem qu'elle venait de préparer des crêpes spécialement pour elle. Malgré sa volonté de paraître gaie, la jeune fille est triste. Son père est un homme seul. Elle confie ses préoccupations à Daouia. Meriem pousse un soupir. -C'est papa qui me préoccupe. Je le sens si seul. Daouia acquiesce. -Je sais ce que tu ressens, Meriem. Ton père a perdu le goût de vivre après tant de souffrances. -Oui. Je tente d'être aussi près de lui que possible, mais malgré cela je ressens toujours son amertume et son anxiété. Il est devenu si taciturne, surtout depuis le décès de Ghania. -Seul le temps pourra l'aider à oublier cette mauvaise passe. Tu n'y pourras rien, Meriem. -C'est ce qui me rend encore plus triste. -Allons donc ! Je suis venue passer quelques moments heureux avec toi, et ne voilà-t-il pas que tu veux encore me faire pleurer. La jeune fille soupire. -Désolée, Daouia. Taos arrive avec le plat de crêpes et une cafetière. -Nous allons prendre le café et ces crêpes encore chaudes. Elle sont si fines qu'on arrive à peine à les saisir. Daouia, tu es un véritable cordon bleu. Meriem dépose le livre qu'elle avait entre les mains, et Daouia cale des oreillers derrière son dos. -Je veux que tu sois à l'aise, ma chérie. Les affres de la vie sont parfois dures et nous y sommes tous exposés. Se lamenter ne sert à rien. Il faut toujours prendre les choses du bon côté. Goûte donc à mes crêpes et oublie le reste. Un peu plus tard, Hakim et Omar revinrent avec un panier plein de poussins. Meriem porte la main à sa bouche et se met à rire. -Qu'ils sont mignons ! Comment faites-vous donc pour dénicher toutes ces merveilles pour moi ? -Nous sommes de fins limiers, répondit Omar, en prenant un poussin dans sa main pour le lui tendre. -Tiens, prends-le. Meriem prend le poussin -Que pourra-t-on faire avec ces petits ? -Nous allons les laisser grandir pour devenir de grands coqs ou poules. Ensuite nous aviserons de leur devenir à ta prochaine venue. -Merci mes amis. Sans vous deux, la vie m'aurait paru monotone. Deux jours passent. Meriem, accompagnée des deux garçons, se rend à la clinique, où on lui enlève le plâtre qu'on remplacera par un simple bandage. Sa jambe était encore bleue et enflée, mais le médecin l'assure que tout va rentrer dans l'ordre dans les jours à venir. Encore trois jours, et elle pourra rentrer en France. Le week-end approchait. Elle avait déjà commencé à ramasser ses affaires. Taos lui avait offert un petit tapis de laine, et Daouia lui avait confectionné une jolie corbeille en alfa qu'elle pourra remplir de figues sèches, d'olives et autres mets. Omar et Hakim lui promirent de s'occuper du chiot et des poussins. Pour ne pas être en reste, ils lui offrirent leur cahier de dessin, plein de croquis, d'anecdotes et de photos du village, qu'elle pourra consulter, à chaque fois que la nostalgie s'en fera ressentir. Accompagnée par un villageois qui rentrait après quelques jours de congé, Meriem prend l'avion pour Paris. Autant elle était contente de revoir son père, autant elle était triste de quitter les gens auxquels elle s'était attachée. Taos l'avait longuement serrée dans ses bras en versant de longues larmes, Daouia lui avait encore proposé de revenir au printemps, en lui assurant que la ferme sera vide sans sa présence, ses deux amis Omar et Hakim qui l'avait escortée jusqu'à la sortie du village lui avaient assuré qu'ils n'allaient plus vivre que dans son attente, et comptent bien la revoir aux prochaines vacances scolaires. Meriem avait de son côté versé des larmes d'adieu. Elle avait serré Aïssa dans ses bras, et promis de revenir parmi tout ce monde qu'elle avait appris à connaître et à aimer, dès qu'elle en aura la possibilité.
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