Une famille endure, depuis plusieurs mois, les pires affres de la misère et de la persécution, à Mila. Huit membres d'une même famille à Sennaoua, non loin du centre de détention, sont parqués dans un poste électrique et ce, depuis juin dernier ! Un précédent, en somme ! Est-il imaginable, à l'époque des grands chantiers du bâtiment, que des enfants malades et d'autres en bas âge soient placés dans un poste électrique ? La vieille Z. Daouia, la soixantaine bien entamée, nous a reçu dans son misérable taudis. Et c'est les yeux embués de larmes qu'elle nous fait découvrir l'indescriptible misère dans laquelle elle végète depuis huit mois, en compagnie de son fils Abdelaziz (22 ans, malade chronique), sa fille aînée et ses cinq neveux et nièces. L'abri de fortune pas plus grand qu'une cellule est démuni, pratiquement, de toutes les conditions de vie. Ni eau, ni électricité, ni toilettes. Rien. La promiscuité et la gêne personnifiées ! “J'aurais préféré être en prison que dans ce trou. Au moins là-bas, notre intimité sera préservée.” Ce que la vieille femme refusera de nous révéler expressément, par pudeur, nous l'apprendrons auprès de l'un de ses voisins : “Elles (la femme et sa fille aînée) font leurs besoins dans le ravin à côté et le soir seulement, dans le désert de la nuit !” Mais elle révélera qu'après l'effondrement de sa vieille bâtisse sise au Vieux Mila, en été dernier, elle avait été secourue par le directeur de la Casorec de Mila, où elle travaille en tant que femme de ménage. Elle avait été placée dans un local appartenant à cet organisme, avant d'être délogée par l'APC et placée, provisoirement — dit-on —dans ce poste électrique. Et, depuis, ajoutera-t-elle, aucun responsable n'est venu s'enquérir de notre situation. “Nous sommes livrées à notre sort.” Bref, la situation est plus qu'alarmante et, en particulier, en cette rude saison hivernale. La balle est dans le camp des autorités. K. Bouabdellah