Chaque président et roi arabe poursuivent des objectifs inavoués dans leurs relations avec les Etats-Unis. Certains d'entre eux rivalisent à qui sera le relais dans l'architecture américaine internationale de sécurité. Les accords de défense entre les pays arabes sont-ils supérieurs aux accords entre les pays arabes et les Etats-Unis ? La question ne devrait même pas se poser. Nous savons que les Etats-Unis ont la haute main sur la réflexion stratégique et pratiquement imposent les cadres d'analyse et les concepts politiques qui structurent la pensée stratégique, définissent les équipements à acquérir et les montants des financements à obtenir. Ils fixent même les missions pour les coalitions dont ils convoquent les membres. Nous savons également que les Etats-Unis ne produisent pas de «stratégie sur le mur» et le contournent plus que de butter dessus. Pratiquement, toutes les analyses produites dans tous les pays ne peuvent pas se passer des références à faire aux études américaines. Ce sont les concepts américains qui structurent les analyses mondiales et c'est toujours par rapport à eux que se développent des analyses dans le monde. Soit il faut être d'accord, soit il faut être contre, soit adopter une prudence stratégique. La fin de l'empire américain ? On le dit et le répète souvent, depuis longtemps. On continuera encore à le répéter. Al-Qaïda et les Etats- Unis se sont rendu de grands services. Là où il y a Al-Qaïda, il y a les Etats-Unis, et là où il y a les Etats-Unis, il y a Al-Qaïda. Les attentats du 11 septembre ont offert aux Américains l'occasion d'une présence militaire permanente qui s'est étendue jusqu'aux frontières de la Russie.