Il faudrait d'abord tenter de lever un doute. De plus en plus, celui-ci s'approfondit. Qui a créé Al Qaïda ? Qui en est directement ou même indirectement à l'origine ? Pourquoi ne pas créer un Tribunal pénal international spécialement pour commander une enquête judiciaire et lancer ensuite des citations à comparaître puisqu'il est soutenu que la Qaïda est une menace avérée sur la sécurité internationale ? Il faudrait d'abord tenter de lever un doute. De plus en plus, celui-ci s'approfondit. Qui a créé Al Qaïda ? Qui en est directement ou même indirectement à l'origine ? Pourquoi ne pas créer un Tribunal pénal international spécialement pour commander une enquête judiciaire et lancer ensuite des citations à comparaître puisqu'il est soutenu que la Qaïda est une menace avérée sur la sécurité internationale ? Ce ne sont pas tous les pays arabes et musulmans qui se seraient concertés pour créer la Qaïda qui n'existait pas avant l'entrée des troupes soviétiques en Afghanistan. Quels sont les pays qui ont armé, financé et entraîné les groupes armés afghans contre les occupants soviétiques ? Trois pays sont cités, à savoir l'Arabie Saoudite, le Pakistan par son service de sécurité l'ISI, et bien sûr les Etats-Unis. Nombre d'experts soutiennent sérieusement l'idée que la Qaïda doit d'abord son existence à la politique américaine du «deux poids, deux mesures» dans la région du Proche-Orient plus particulièrement. Pour d'autres, cette politique américaine au Proche-Orient a plutôt servi d'alibi pour affiner l'arsenal argumentaire visant à élargir la base de recrutement de cette organisation politico- militaire et lui donner un cachet international. Elle a trouvé dans la volonté politique américaine une certaine gêne éprouvée par le président Obama du fait que celui-ci sait qu'il ne parviendra pas à convaincre les Palestiniens qu'il pourra faire pression sur les Israéliens alors que la question palestinienne est souvent citée par ceux qui sont «encartés» au sein de la Qaïda. De grandes puissances militaires, surtout celles qui avaient subi des frappes terribles sur leur propre territoire, à savoir sur Londres et Madrid, ne veulent pas évaluer les responsabilités engagées dans la réunion des conditions de la création de la Qaïda. La même remarque vaut pour les Etats- Unis qui refusent d'aborder cette question particulière, car les créateurs portent la responsabilité même indirectement des menaces de rupture de la sécurité internationale portées par la Qaïda. Elles ont cessé également d'affirmer et de réaffirmer que cette dernière se trouve dans un processus de mondialisation de son influence. La même remarque pourrait être invoquée à l'égard des Etats-Unis qui ont mis à profit le 11 septembre pour se redéployer dans le monde, et porter leurs forces armées au plus près de la Russie et des champs pétroliers, s'inscrivant dans une «géostratégie des contournements» des territoires russe et afghan, pour ce qui concerne le tracé des gazoducs et oléoducs. Lorsqu'il se produit une assez longue pause des attentats commis par Al Qaïda en territoire occidental, il n'y a pas tellement de puissances économiques et/ou militaires de par le monde qui parlent encore de faire la guerre à la Qaïda et qui en font leur pain quotidien. Prudence stratégique ? Celles qui sont engagées en Afghanistan souhaitent s'en retirer complétement. Même les Américains sont pressés de le faire. Une date butoir est déjà fixée. Du fait de la guerre contre l'Irak qui a été une violation du droit international car elle a été enclenchée sans le quitus de l'ONU, et surtout sur la base de mensonges, à savoir qu'il y a une liaison entre l'Irak et la Qaïda, les puissances qui avaient soutenu les Etats-Unis en participant à leurs côtés en Irak parlent moins aujourd'hui de la Qaïda, et même parfois plus du tout. Les Etats-Unis mondialisent leur influence et la Qaïda les a suivis sur les mêmes pas. La recherche par les Etats-Unis de la voie de l'irakisation et de l'afghanisation de la sécurité intérieure ne serait-elle pas la traduction de leur volonté à ne plus croiser Al Qaïda sur leur chemin et non pas celle d'éradiquer celle-ci ? Le brouillard est si épais, à la fois sur le plan des politiques internes des Etats par rapport à la sécurité et sur les relations internationales centrées sur les menaces que des questions ne finiront jamais d'être posées. Si des questionnements sur la paternité de la violence terroriste avaient «fait rage» à propos de l'Algérie, après qu'une simple hypothèse fut émise par un journaliste occidental, pratiquement procédant d'un exercice intellectuel, une autre question devrait maintenant se poser de savoir «qui» dans le monde est responsable de la naissance de Al Qaïda et de sa montée en puissance. A qui et à quoi donc imputer la montée en puissance de Al Qaïda ? De la Russie, de la Chine et des Etats-Unis, qui va réussir à mettre la main sur les gisements des anciennes Républiques soviétiques d'Asie centrale et du Caucase qui sont sorties de l'influence russe ? Quel rôle aurait joué la Qaïda dans l'élargissement de l'influence militaire et économique des Etats-Unis ? Les Etats-Unis avaient appliqué la même méthode pour justifier leur implication militaire, à savoir hypertrophier la Qaïda comme ils avaient hypertrophié l'Irak. Sofiane Idjissa