C'est apparemment la classe politique et non la classe constituée par les professionnels de l'économie qui possède le pouvoir d'engager l'avenir et même de décider des règles du jeu économique sans ne rien mettre en débat. Maintenant, il est connu qu'aucun itinéraire proposé ne pourra être emprunté sans la mobilisation de toutes les forces disponibles. Quels objectifs à la fois politiques et économiques d'intérêt général pourraient-ils être atteints ? Qui des hommes politiques, des économistes et des fonctionnaires possèdent la décision, comme confier un projet à une entreprise étrangère plutôt qu'à une entreprise algérienne, privée ou publique? Peut-on faire prévaloir «la préférence nationale» ? Engager l'avenir du pays nécessiterait une légitimité absolument sans faille, mais cela serait également prendre le risque de ne pas voir loin et donc de gaspiller le «choix» futur des futures générations. De quelle légitimité pourrait se prévaloir un gouvernement pour plomber l'avenir des futures générations en engageant des politiques qui pourraient impliquer des trajectoires politiques et économiques sur un horizon de très long terme dont personne ne peut en cerner les contours. Déjà qu'il est difficile dans les temps présents de se prévaloir d'un consensus pour légitimer toutes les décisions qui n'engagent pourtant que le moyen terme, et qu'en faudrait-il en termes de consensus pour engager le futur des générations à venir ? La question se pose davantage qu'il n'y a aucune prise sur l'évaluation des ressources financières futures. C'est elle qui modifie les règles du jeux économique depuis qu'il est apparu qu'il ne faudrait plus compter sur les IDE et les privatisations, les deux en termes de quantité et de qualité ? Les modifier dans quel sens, pourquoi, et qui pense avoir une légitimité éternelle, valable pour des engagements de très long terme au nom des futures générations ? Elle se pose également vu qu'il n'y a plus aucune étude de prospective qui nous décrirait l'environnement international et régional plus particulièrement dans lequel notre pays va évoluer, ce que nous avons décidé comme programme sur les dix années à venir et les retombées de ce programme.