Un candidat appuyé par le FLN serait-il fatalement le candidat du système composé des institutions de pouvoir, y compris l'armée et l'administration ? Un candidat non appuyé par le FLN aurait-il les mêmes chances d'accéder à la magistrature suprême, quand tout donne le président en tête des suffrages et quand tout donne le président vainqueur au premier tour ? Pour nombre d'observateurs, le FLN, quel que soit le nombre de sièges qu'il détient au Parlement, est celui qui, parmi tous les partis, y compris ceux de l'alliance, participe effectivement au pouvoir. Il ne fait pas seulement que participer à son exercice, il détiendrait même une parcelle de pouvoir alors que les deux autres partis alliés ne sont perçus que comme appuis. Prenons par exemple le RND. Il y a Ouyahia au RND, à la tête du RND, mais y a-t-il réellement le RND quand il apparaît pratiquement pour nombre d'observateurs que c'est le FLN qui constitue la pièce maîtresse du système ? Qu'Ouyahia quitte le RND, en restera-t- il quelque chose de ce parti ? Ouyahia existe, et il avait existé avant la création du RND. Avant même de créer ce parti, Ouyahia était chef de gouvernement, cela pour dire qu'il était parvenu au sommet en tant que fonctionnaire et qu'il n'a jamais dépassé ce sommet à la tête du RND. D'ailleurs, il avait commis un lapsus en déclarant qu'il est commis de l'Etat. Commis de l'Etat ou politique ? Ouyahia est bien réel, mais son parti l'est-il autant ? C'est plutôt le FLN qui fait partie d'un système qu'il a contribué à créer et à enraciner. On disait durant l'époque où l'armée était représentée au comité central du FLN que le FLN était la vitrine civile de l'armée au lieu peut-être de dire que c'était l'armée qui constituait le bras armé du FLN. N'est-ce pas que durant le deuxième mandat du Président, c'était le SG du FLN qui prenait l'initiative d'annoncer la révision de la Constitution et que le Président se présentera pour un troisième mandat ?