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L'abus dans les célébrations occulte la sainteté de l'occasion
Publié dans La Nouvelle République le 22 - 12 - 2015

En Algérie, la tradition est toujours aussi vive, chaque Mawlid Ennabaoui, de dizaine de milliers des pétards explosent.
A quelques jours de la date de la célébration du Mawlid Ennabaoui Echarif, malgré leur interdiction, les produits pyrotechniques commercialisés sur le marché algérien, fabriqués de manière anarchique causent de plus en plus de dégâts et représentent des risques lors de leur utilisation.
De nouveaux pétards à des prix exorbitants!
Malgré les dégâts causés par les pétards et les feux d'artifices, les commerçants conscients des dangers de leur activité, continuent à vendre ces produits et les citoyens les encouragent en les achetant. Lors d'une tournée à la grande Synagogue «Djamaâ Lihoud», nous avons constaté que de nouveaux types de produits pyrotechniques plus dangereux encore inondent le marché. Certains peuvent même être assimilés à des bombes artisanales. Dès lors, un vent de folie s'empare des jeunes, même si les prix restent exorbitants. Pour eux, les pétards relèvent de l'indispensable. Karim, un vendeur croisé au niveau de la commune d'Oued Koreich, relève aussi l'augmentation des prix.
«Les prix ont terriblement augmenté, surtout avec les nouveaux pétards à l'instar de «Chitana qui est à 850 DA le paquet de 36 pétards, Galaxy 1.5 à 2500 DA l'unité, Galaxy 0.8 à 700 DA, Galaxy 2.8 à 3500 DA, zerbout (la toupie) à 400 DA et Batterie de 24 tires cédée à 2000 DA». A l'angle du quartier, hommes et femmes sont autours d'une table de pétards. «Les pétards sont très dangereux, personnellement je ne les achète pas je me contente d'acheter les cierges magiques», nous a dit Madame Fathma qui était en train d'acheter de l'ambre gris pour la soirée du Mawlid. Rencontré sur le lieu, Boualem nous a dit que «c'est vrai que ces produits sont dangereux, mais je dois faire plaisir à mes enfants». «Ça sert à quoi les pétards hormis à faire mal aux oreilles ? Les gens achètent gaspillent et je pense que ce sont eux les vrais fautifs car s'il n'y avait pas de la demande il n'y aurait pas d'offre.
Presque tout le monde se plaint de la cherté de la vie, mais pour acheter ces trucs dangereux ils sont riches, ils dépensaient 5 000 DA voire plus sans se rendre compte», se demande madame Houria. Bien que cette fête religieuse soit l'occasion pour les familles musulmanes de se regrouper autour d'un plat traditionnel, et ce, tout au long d'une soirée conviviale, elle rime également avec le danger d'éventuels accidents que peuvent engendrer les produits pyrotechniques utilisés exagérément dans ce genre de manifestations. Et la nouvelle tendance cette année c'est celle de jeter les pétards par les balcons. Les enfants s'amusent d'ailleurs à faire peur aux passants en leur jetant des pétards. Pis, des groupes de mineurs s'amusent à envoyer un pack de pétards par les fenêtres et les balcons sur les piétons, ignorant les conséquences irréversibles que ce geste inconscient peut provoquer.
Une tradition ancrée dans la famille algérienne
Comme chaque année, le Mawlid Ennabaoui Echarif est fêté dans la foi et la ferveur dans les quatre coins de l'Algérie, à l'exemple d'Alger où les traditions de leurs ancêtres casbajis pour fêter ce jour sont toujours ancrées. Préparer le plat de « la rechta» la veille du Mawlid, mettre des bougies dans tous les coins de la maison, et pour finir la soirée en beauté, lire aux petits enfants l'histoire du Prophète Mohamed (QSSSL). Une tradition aujourd'hui méconnue ou presque par la jeunesse. Heureusement, grâce à nos parents, cet héritage de nos aïeuls est toujours préservé.
Ambiance sereine et religieuse qui consiste en la lecture du Coran et des chants panégyriques, le chant dans le genre Madih. Mohamed Hichem B, que nous avons croisé au marché de Bab El Oued, nous a raconté comment sa famille s'apprête pour commémorer la naissance du Prophète Mohamed (QSSSL). «Notre première destination le jour du Mawlid c'est le marché, pour acheter tout ce qu'il faut pour préparer «la rechta», à savoir du poulet, les navets, les pois chiche. Aussi nous achetons de la semoule, le miel et le beurre pour préparer «la tamina». En rentrant à la maison les femmes commencent à cuisiner», nous a dit. «Dès le coucher du soleil les mères de famille s'attachent à allumer une bougie dans chaque coin de la maison et à consacrer une autre pour chacun des membres de la famille, et après le dîner c'est le grand rendez-vous des petits enfants, celui de faire exploser leurs pétards.
Entre temps, les femmes préparent de «la tamina» et lancent des youyous dès l'aube. En fin de soirée, les mamans proposent du henné pour les amateurs suivi de la chanson Zad anabi wa frahna bih (le Prophète est né et nous sommes ravis). Une halte à Bordj Bou-Arréridj, où cette fête est une cérémonie, pleine de gaieté, de lumières et de chants, est organisée dans le village et dure jusqu'à l'aube. Les mosquées sont bien évidemment le lieu des prières des fidèles revêtant un caractère symbolique supplémentaire. Le Coran est récité et de nombreux concours de chants coraniques sont organisés en mettant l'accent sur la vie de notre Prophète( QSSSL). Certains parents saisissent l'occasion pour circoncire leurs petits garçons. Durant la nuit, des bougies sont allumées et les enfants font exploser les pétards et allument des feux multicolores. Quant aux zaouïas, connaissent chaque année une activité intense, les adolescents volontaires procèdent aux préparatifs de la veillée annuelle. La zaouïa reçoit des centaines de fidèles et d'invités venus de très loin assister à cette «leila» annuelle à l'occasion du Mawlid Ennabaoui. Rien n'est laissé au hasard, tout est à sa place.
Quand la fête rime avec le danger
Les services des urgences sont sur le pied de guerre pour cette fête du Mawlid, Dr Lamchi croisé au service des urgences de l'hôpital Mohamed Lamine Debaghine (ex- Maillot), nous a souligné que l'utilisation de ces produits engendre le plus souvent d'énormes dégâts, humain et matériel. Nombreux se présentent chaque année au service des urgences pour se faire soigner, notamment, pour des brûlures. «Il y'a des gens qui ont perdu leurs mains ou carrément leurs yeux», a-t-il indiqué. Et pour faire face à l'utilisation dangereuse de ces produits la Douane algérienne travaille durement pour éradiquer ces pétards du marché algérien en déclenchant des opérations de saisie en renforçant les contrôles douaniers afin d'éviter leur introduction sur le marché national. A ce propos, le colonel Abdelhamid Kerroud, responsable de service de communication au commandement de la Gendarmerie nationale a déclaré que ses services ont saisi, en 2014, trois (03) millions d'unités de pétards et l'opération se poursuit pour cette année aussi. «Nous avons mis en place un plan de sécurité spécial à l'occasion du Mawlid, et aussi pour les festivités de la fin de l'année», a-t-il fait savoir. Idem pour la direction générale de la Sûreté nationale qui vient d'annoncer un dispositif sécuritaire adapté à la même occasion aux profits de la sécurité des personnes et des biens.
De son côté, la direction de la Protection civile a indiqué dans son communiqué adressé à l'approche de la fête du Mawlid, que «l'utilisation abusive et dangereuse, durant la fête du Mawlid Ennabaoui, des produits pyrotechniques, qui sont interdits, cause chaque année des blessures graves aux personnes et des incendies dans les habitations et les établissements recevant du public». Appelant les citoyens et particulièrement les jeunes à un maximum de prudence en raison de leur disponibilité sur le marché informel. L'utilisation de ces produits cause de nombreux dégâts à savoir, le risque d'explosion dans la main, brûlures des yeux, perte définitive de l'audition, blessures graves et lésions définitives, amputation, inflammation des vêtements, début d'incendie dans une pièce close, mais aussi risque de feu en extérieur. Et pour cela la prudence reste de mise.


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