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Imposer une stratégie d'adaptation et revoir la politique industrielle et énergétique
Publié dans La Nouvelle République le 17 - 08 - 2016

Les contraintes internationales sont là et face aux mutations mondiales, les filières industrielles, agricoles, de services connaissent des restructurations, des fusions et des délocalisations des grands groupes, avec des capacités de production élevées avec une adaptation des services collectifs et des administrations locales et centrales y compris celui du ministère de la Défense nationale et des services de sécurité, gérés selon le principe de la rationalisation des choix budgétaires.
Il semble bien que certains des responsables algériens vivent sur une autre planète oubliant que la mondialisation est bien là avec des incidences politiques, sécuritaires et économiques voulant perpétuer un modèle dépassé des années 1970. Se pose cette question, face aux mutations mondiales, quel politique économique conciliant justice sociale et efficacité économique, tenant compte du seuil de rentabilité et de la concurrence internationale, loin de l'illusion tant monétaire que de l'ère mécanique, de l'âge de pierre reposant sur un modèle de consommation énergétique linéaire vision périmée et utopique, pouvant conduire le pays droit au FMI entre 2018/2019 L'émergence d'une économie et d'une société mondialisée produit du développement du capitalisme, processus non encore achevé, et la fin de la guerre froide depuis la désintégration de l'empire soviétique, remettent en cause d'une part la capacité des Etats- nations à faire face à ces bouleversements et d'autre part les institutions internationales héritées de l'après-guerre.
Ce n'est plus le temps où la richesse d'une Nation s'identifiait aux grandes firmes des Nations, les grandes firmes ayant été calquées sur l'organisation militaire et ayant été décrites dans les mêmes termes: chaîne de commandement –classification des emplois- portée du contrôle avec leurs chefs- procédures opératoires et standards pour guider tous les dossiers. Tous les emplois étaient définis à l'avance par des règles et des responsabilités pré- établis.
Comme dans la hiérarchie militaire les organigrammes déterminaient les hiérarchies internes et une grande importance était accordée à la permanence du contrôle, la discipline et l'obéissance. Cette rigueur était indispensable afin de mettre en œuvre les plans avec exactitude pour bénéficier des économies d'échelle dans la production de masse et pour assurer un contrôle strict des prix sur le marché.
Comme dans le fonctionnement de l'armée, la planification stratégique demandait une décision sur l'endroit où vous voulez aller, un suivi par un plan pour mobiliser les ressources et les troupes pour y arriver. A l'ère mécanique totalement dépassée, la production était guidée par des objectifs pré- établis et les ventes par des quotas déterminés à l'avance. Les innovations n'étaient pas introduites par petits progrès, mais par des sauts technologiques du fait de la rigidité de l'organisation.
Au sommet de vastes bureaucraties occupaient le rectangle de l'organigramme, au milieu des cadres moyens et en bas les ouvriers. L'enseignement du primaire au supérieur en passant par le secondaire, n'était que le reflet de ce processus, les ordres étant transmis par la hiérarchie, les écoles et universités de grandes tailles pour favoriser également les économies d'échelle. L'éclatement des vieilles bureaucraties industrielles en réseaux mondiaux leur a fait perdre leur pouvoir de négociation expliquant également la crise de l'Etat providence (avec le surendettement des Etats) et de l'ancien modèle social démocrate qui se trouve confronté à la dure réalité de la gestion gouvernementale.
Or actuellement une nouvelle organisation fondée sur les réseaux est en train de s'opérer montrant les limites de l'ancienne organisation avec l'émergence d'une dynamique nouvelle des secteurs afin de s'adapter à la nouvelle configuration mondiale. Nous assistons au passage successif de l'organisation dite tayloriste marquée par une intégration poussée, à l'organisation divisionnelle, puis matricielle qui sont des organisations intermédiaires et enfin à l'organisation récente en réseaux où la firme concentre son management stratégique sur trois segments : la recherche développement (cœur de la valeur ajoutée), le marketing et la communication et sous traite l'ensemble des autres composants.
Et ce avec des organisations de plus en plus oligopolistiques, quelques firmes contrôlant la production, la finance et la commercialisation tissant des réseaux comme une toile d'araignée. Les firmes ne sont plus nationales, même celles dites petites et moyennes entreprises reliées par des réseaux de sous traitants aux grandes. Les firmes prospères sont passées de la production de masse à la production personnalisée (Pr Reich ex-secrétaire d'Etat US).
Ainsi, les grandes firmes n'exportent plus seulement leurs produits mais leur méthode de marketing, leur savoir faire sous formes d'usines, de points de vente et de publicité. Parallèlement à mesure de l'insertion dans la division internationale du travail, la manipulation de symboles dans les domaines juridiques et financiers s'accroît proportionnellement à cette production personnalisée.
Indépendamment du classement officiel de l'emploi, la position compétitive réelle dans l'économie mondiale dépend de la fonction que l'on exerce. Au fur et à mesure que les coûts de transport baissent, les produits standards et de l'information qui les concernent, la marge de profit sur la production se rétrécit en raison de l'absence de barrières à l'entrée et la production standardisée se dirige inéluctablement là où le travail est compétitif, moins cher et le plus accessible.
Fait nouveau en ce XXIème siècle, la qualification devient un facteur déterminant. Ce qui explique que certains pays du tiers- monde qui tirent la locomotive de l'économie mondiale se spécialisent de plus en plus dans ces segments nouveaux, préfigurant horizon 2020/2030 de profonds bouleversements géostratégiques recomposant le pouvoir économique mondial. Les emplois dans la production courante tendent à disparaître comme les agents de maîtrise et d'encadrement impliquant une mobilité des travailleurs, la généralisation de l'emploi temporaire, et donc une flexibilité permanente du marché du travail avec des recyclages de formation permanents étant appelés à l'avenir à changer plusieurs fois d'emplois dans notre vie.
Ainsi, apparaissent en force d'autres emplois dont la percée des producteurs de symboles dont la valeur conceptuelle est plus élevée par rapport à la valeur ajoutée tirée des économies d'échelle classiques, remettant en cause les anciennes théories et politiques économiques héritées de l'époque de l'ère mécanique comme l'ancienne politique des industries industrialisantes calquée sur le modèle de l'ancien empire soviétique alors que le XXIème siècle est caractérisée par la dynamisme des grandes firmes mais surtout les PMI/PME reliés en réseaux à ces grandes firmes.
Avec la prédominance des services qui ont un caractère de plus en plus marchand contribuant à l'accroissement de la valeur ajoutée, la firme se transforme en réseau mondial, et impossible de distinguer les individus concernés par leurs activités, qui deviennent un groupe vaste, diffus, répartis dans le monde. Cela a des incidences sur le futur système d'organisation à tous les niveaux, politique, économique et social.
L'on s'oriente également vers une profonde mutation énergétique 2020/2030/2040. Les responsables algériens doivent éviter l'utopie du passé d'un modèle de con sommation linéaire, nous devrions assister entre 2020/2030 à des perspectives technologiques futures tenant compte du nouveau défi écologique, (voitures hybrides, électriques ), la Chine étant en passe de devenir le leader mondial des voitures propres toutes catégories profitant ainsi au premier chef des plans de relance « verts » des Etats-Unis, de l'Europe et du Japon.
Les experts avancent deux scénarios. Le premier scénario est l'optimalisation du fonctionnement des moteurs à essence et diesel, avec une réduction de 20/30% horizon 2015, de la consommation, car pour ce scénario , les ressources en lithium pour les fameuses batteries lithium-ion sont limitées et que les moteurs électriques nécessitent des aimants que l'on fabrique aussi avec des métaux rares, un marché de 70/80 millions de véhicules par an ne pouvant absorber de gros volumes en voitures électriques et que pendant encore dix ans, les moteurs hybrides et classiques devraient rester majoritaires.
Le second scénario est le développement des nano-technologies ( la recherche dans l'infiniment petit) pouvant révolutionner le stockage de l'énergie, l'avenir appartenant au moteur alimenté par de l'hydrogène gazeux ou au solaire ce qui révolutionnera tous les réseaux de distribution . Quel est donc l'avenir de notre planète où selon certains analystes, la taille du marché automobile chinois, sans parler de l'Inde, si l'on reste dans l'actuel modèle de consommation, devrait être multipliée par dix horizon 2030 se traduisant par une hausse de dégagement de CO2, alors que la Chine a déjà dépassé les USA comme principal pays producteur de gaz à effet de serre? L'avenir des énergies fossiles classiques dépendra des subventions puisque le rapport du Fonds monétaire international –FMI- établi lors de la COP21 à Paris qui sera suivi de la COP22, prévue en novembre à Marrakech, note que les entreprises d'extraction d'énergies fossiles bénéficient de subventions à hauteur de 4,74 mille milliards d'euros par an, soit l'équivalent de près de 10 millions d'euros par minute, chaque jour.
Le FMI explique que ses estimations s'appuient sur des bases solides et offrent un aperçu des coûts réels des combustibles fossiles. Les 4 740 milliards d'euros (5 300 milliards de dollars) de subventions estimées pour 2015 dépassent l'ensemble des dépenses liées à la santé publique de tous les gouvernements du monde. Ces coûts comprennent notamment les dommages causés aux populations locales par la pollution de l'air, ou encore par toutes les personnes dans le monde qui sont affectées par les inondations, les sécheresses et les tempêtes qui résultent du changement climatique.
Ces chiffres du FMI sont cependant optimistes puisque une estimation plus complète des coûts engendrés par le changement climatique montrerait que les subsides implicites dont bénéficie l'industrie des énergies fossiles sont plus élevés. Le FMI, estime que la suppression des subventions aux énergies fossiles permettrait de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle planétaire.
Aussi, contrairement à ceux qui raisonnent sur l'illusion dépassée d'un modèle de consommation linéaire, à l'image de ceux qui ignore l'impact de la nouvelle révolution économique basée sur les nouvelles technologies, selon Bloomberg New Energy Finance (BNEF) dans son rapport «New Energy Outlook 2016» en 2015 , les énergies renouvelables représenteront 32% de la production d'électricité en Europe principal marché de l'Algérie.
Toujours selon ce rapport les énergies renouvelables produiront près de 70% de l'électricité européenne en 2040, bien que le prix des énergies fossiles sera faible. Aux Etats-Unis, les énergies dites vertes (hydroélectricité, éolien, solaire, etc.) vont passer de 14% à 44 % en 2015 en mix électrique en 2040. Au total, 7.800 milliards de dollars seront investis dans les énergies «vertes» entre 2016 et 2040 au niveau mondial, quand les énergies fossiles attireront que 2 100 milliards de dollars, Comme source d'électricité au niveau mondial, le gaz sera dépassé par les renouvelables en 2027.
Selon BNEF, cette forte expansion des renouvelables sera permise par la baisse continue des coûts des technologies éoliennes (-41% d'ici 2040) et solaires (-60%). Elles seront les sources d'électricité les moins chères dans de nombreux pays dans la décennie 2020 et dans la quasi-totalité du monde à partir de 2030. les voitures électriques représenteront 35% des ventes de nouveaux véhicules dans le monde en 2040, soit 41 millions de voitures avec un fort développement comme source de stockage de courant associé à des panneaux solaires.
Ces données de 2015 vérifient le diagnostic d' une importante étude de la CEE qui note qu'en 2013, la production primaire d'énergie renouvelable dans l'UE-28 s'élevait à 192 millions de tonnes- équivalant pétrole (TEP soit 24,3 % de la production d'énergie primaire totale, toutes sources confondues. La production d'énergie renouvelable dans l'UE-28 a progressé au total de 84,4 % entre 2003 et 2013, ce qui équivaut à une augmentation moyenne de 6,3 % par an.
La biomasse et les déchets, déchets constituaient les sources d'énergie renouvelables les plus importantes de l'UE-28 et représentaient un peu moins des deux tiers (64,2 %) de la production primaire d'énergie renouvelable en 2013 (voir le tableau 1). L'énergie hydraulique jouait également un rôle important dans le bouquet des énergies renouvelables (16,6 % du total).
Quant aux énergies éolienne et solaire, bien que leur production soit restée à un niveau relativement bas (respectivement 10,5 % et 5,5 % de l'énergie renouvelable produite dans l'UE-28 en 2013), elles ont connu une expansion particulièrement rapide. La part restante se partageait entre l'énergie géothermique (3,1 %) et l'énergie hydrocinétique, houlomotrice et marémotrice (0,02 %).
L'Allemagne a été le plus grand producteur d'énergie renouvelable de l'UE-28 en 2013, avec 17,5 % du total. L'Italie (12,2 %) et la France (12,0 %) étaient les seuls autres Etats membres de l'Union à enregistrer des pourcentages à deux chiffres, suivis de l'Espagne (9,1 %) et de la Suède (8,7 %).


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