L'art de la confusion.    Après la découverte d'une bombe à M'chedallah, les villageois réclament la sécurité    Emeutes à Si Mustapha (Boumerdès) : la population se révolte en signe de soutien au président d'APC    Dans les coulisses de : Naïma Salhi «chassée» de Naciria et de Chabet ElAmeur    Mouvement au sein des chefs de sûreté de wilaya    Ouverture demain du Salon international des dattes    Exploitation des mines d'or dans le Sud : les discussions avec les partenaires étrangers avancent    Turquie 9 morts et 86 blessés dans un accident de train à Ankara    Défi de survie pour le mouvement des «gilets jaunes»    Natation : Sahnoune éliminé sur 50 mètres en Chine    CNAS : tenter de réduire les accidents du travail    Ouadhias (Tizi Ouzou) : Deux voleurs de batteries de relais téléphoniques identifiés par la police    Soins des Algériens en France : Y a-t-il un changement ?    Yacine Mahideb. Poète : Des mots pour panser des blessures    Issiakhem : Il aurait sans doute ri !    Issiakhem de A à Z    La menace terroriste plane à nouveau sur la France    Bouira : Le DJS sur la sellette !    Tournoi de beach-volley demain et dimanche à Oran    Sidi-Saïd prend de vitesse ses détracteurs    L'auto-satisfecit algérien    Le FLN part en favori    Une bonbonne de gaz explose dans un restaurant mobile    Gâteau aux raisins secs    «Tôt ou tard, le tarif de l'électricité doit être revu»    Trio malien pour JS Saoura-IR Tanger    Votre week-end sportif    La revanche des riches    Déclaration de politique générale du gouvernement: Ouyahia dément tout empêchement de la présidence    Démission du SG et menaces du RCK: La FAF et la LFP retombent dans leurs travers    Un individu sous les verrous: Chantage sur le Net    Aïn El Turck: Cinq femmes tuées par le monoxyde de carbone    10 familles d'El Djebass relogées    Division nationale amateur - Ouest: Le dauphin à l'assaut du leader    Défaitisme    Bouchareb ne va pas durer longtemps    L'histoire à méditer    Coup d'envoi de la première rencontre culturelle «Voix de femmes»    Une ville au passé révolutionnaire    Réminiscences de mots à l'Espaco    Répression meurtrière à la suite de manifestations de l'opposition    Brexit : Theresa May à la peine dans son tour d'Europe pour obtenir des concessions    Commerce : Engagement de l'Algérie dans tout projet pour le développement de l'Afrique    Chine et Etats-Unis … les "nouveaux rivaux"    Inter Partner Assistance Algérie fête ses dix ans en triplant son capital social : Le meilleur est à venir    Mondial des clubs: Vers une finale River Plate-Real Madrid    Hydrocarbures : Sonatrach et la compagnie russe Transneft signent deux contrats    Un monument à Soljenitsyne inauguré à Moscou le jourde son centenaire    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Naissance de Kamel Hamadi
Publié dans La Nouvelle République le 22 - 12 - 2016

Interprète chanteur, musicien chef d'orchestre, parolier, auteur et compositeur, Kamel Hamadi, né le 22 décembre 1936, est considéré aujourd'hui comme le témoin par excellence de l'action artistique algérienne du XXe siècle. Babzman vous livre un portrait complet de ce monument de la musique, entre autres écrit par un spécialiste Abdelkader Bendamèche.
Dans un livre paru à Paris, aux éditions Les colonnes d'Hercule Seguier, écrit par l'ethnomusicologue et professeur Mhenna Mahfoufi intitulé, chants kabyles de la guerre d'indépendance, on peut lire sur Kamel Hamadi ceci : «Sa longue et prolifique carrière musicale fait de lui un témoin exceptionnel de l'histoire de la chanson algérienne. L'expérience et la connaissance qu'il a du milieu artistique berbère et arabe, en font une source d'information inestimable. Il a commencé à composer des chansons et à écrire des pièces de théâtre vers l'âge de 14 ans, avant d'adhérer à la SACEM à 17 ans ! Deux années plus tard en 1956, il devient sociétaire définitif. Kamel Hamadi a chanté plusieurs dizaines de chansons, dont certaines sont devenues de grands succès. En même temps, il compose pour de nombreux artistes aujourd'hui grandes figures de la chanson algérienne d'expression kabyle et arabe.» «On est en face d'un vrai monument, en effet, qui recèle un potentiel incommensurable de connaissances additionnées à son immense talent d'auteur et de génie créateur qui a fait, sur son chemin, éclore nombre de personnalités musicales. Ce sont, et sans vraiment établir une liste», Noura, Lounis Ait Menguelet, El-Hadj Mhamed El-Anka, Mustapha El-Anka, Mami , Khaled, Karima, Hassiba Amrouche, Boudjemàa El-Ankis, Djahida, Malika Meddah, Djamel Alem, Saloua, Leïla Mazouz, El-Ghalia, Abdelkader Chaou, Anissa , Athmani , Naima El-Djazaîria, Mohand Rachid, Hanifa, Dhikra, Youcef Abdjaoui , Karim Tahar, Salah Sâadaoui, Slimani, Aït Farida, Mouloud Habib, Abdelkader Fethi... Tenter d'approcher l'itinéraire de cet artiste exceptionnel, c'est une vraie épreuve périlleuse, tant on est subjugué par la dimension de l'homme d'abord et ensuite par son œuvre gigantesque. Tout comme Si Mhand ou Mhand, Kamel Hamadi a semé ses «isefra» au gré du vent. Nous sommes en présence d'une personnalité qui, sa vie durant, n'a fait que produire, construire, former et transmettre un message musical par delà les contraintes, par-delà les vicissitudes de l'histoire. De son vrai nom Zeggane Larbi, Kamel Hamadi est né le 22 décembre 1936 à Yatafen , commune d'Aït Daoud à 7 km de Beni Yeni dans la wilaya de Tizi-Ouzou, au sein d'une famille conservatrice des valeurs traditionnelles des us et coutumes ancestrales. Son père Mohamed Saïd Zeggane, tailleur de son état lui transmet son métier mais il l'entoure surtout de toute son affection – Kamel est un enfant rangé, mais très doué qui montre, déjà ,des prédispositions assez prononcées pour l'art. Après une scolarité régulière couronnée par le certificat d'études primaires qu'il obtient en 1950 , il verse dans le monde du travail à l'âge de 14ans en qualité d'apprenti tailleur durant trois années auprès de son oncle à Oran, Sig et Bouguirat. Il s'installe à Alger en 1953 chez un autre oncle Ali Zeggane en exerçant en qualité de tailleur ce métier qu'il affectionne tout particulièrement, car, celui-ci se rapproche de sa passion artistique qui n'attendait qu'un signe pour éclore. Dans cette échoppe de tailleur, le jeune Larbi rencontre des artistes de renom tels que le chanteur Arab Ouzelague , le comédien Boualem Rabia, et le grand percussionniste Debbah Ali dit Alilou ainsi que le chahid Amara Rachid. Ce contact salutaire représente pour lui le vrai saut dans ce monde merveilleux de la chanson. Il tente très timidement d'allonger quelques textes de sketches. Avant de produire pour Abdelkader Fethi une opérette intitulée : «Dherrayiou a simeziane « en collaboration avec Ourida et Amghar. Il écrit une autre chanson intitulée « Ouine ensibou el ghali mâah trebbite » qu'interprétera son ami Abdelkader, Fethi. Une longue et fructueuse relation va le lier avec cet artiste interprète et compositeur de talent .Il lui écrira d'autres œuvres enregistrées et diffusées par la radio. C'est durant cette période des années 1953 à 1954 qu'il dut prendre un pseudonyme pour évoluer discrètement dans cette carrière choisie avec passion et amour. Le jeune Larbi Zeggane âgé de 17ans, devient Kamel Hamadi, un anagramme qu'il forme à partir de deux noms d'artistes égyptiens célèbres de l'époque, Imad Hamdi et Kamel Chenaoui, Kamel Hamdi est transformé à la radio par Kamel Hamadi qui évoluera plus tard en maitre dans tous les compartiments de la chanson algérienne. Résidant à l'hôtel des familles situé à la rue de la libertéen plein cœur d'Alger, le jeune Kamel Hamadi, exerce, auprès de son oncle, le métier de tailleur, il le partage, de toute évidence, avec sa nouvelle vie de jeune star de la Radio .Les opérettes et les chansons se suivent mais ne se ressemblent pas, elles sont composées pour la plupart par son ami Abdelkader Fethi. Le grand chanteur Arab Ouzelag, lui exprime toute son admiration et lui apporte son soutien et son encouragement dans le milieu, quelque peu, particulier, de la Radio. La discrétion entretenue par rapport au nom de famille allait s'arrêter lorsque des personnes croyant bien faire l'ont rapporté à son père. Ce dernier vient, aussitôt, le voir à l'hôtel et lui dit en fixant du doigt le poste de radio » j'ai entendu une terrible nouvelle, est-ce vrai que tu parles dans cette caisse ? ». Confondu, Larbi dit Kamel Hamadi cherchait ses mots. Le père froissé et déçu prit le chemin du retour pour la Kabylie. Il lui en voudra un bon moment. Mohamed Said Zeggane, ce père modèle, né en 1911 va s'éteindre en 1973, à l'âge de 63 ans. Il a exercé son métier de travailleur dans plusieurs villes dont Barika, Mecheddellah, Bouira et El Harrach. De 1954 à 1957, Kamel Hamadi va être sollicité par Said Rezzoug directeur de la radio de l'époque, pour la présentation de l'emission de découverte de jeunes talents, ancêtre de l'actuelle » Ighnayen Ouzka » (les chanteurs de demain).Avec cette émission qu'il mène avec brio, Kamel Hamadi acquiert une connaissance parfaite du milieu ce qui lui permet de présenter lui-même une nouvelle émission intitulée : » Lesrar eddounite » (les secrets de la vie). Au détour d'une émission dans un des studios de la radio, Kamel Hamadi rencontre Cheikh El Hadj Mhamed El Anka qui le félicite, l'encourage et lui demande chaleureusement de lui écrire une poésie dont le thème se rapporte à la relation père – fils. Notre jeune prodige se met à l'œuvre immédiatement, et lui remet un texte intitulé «Ami Azizen». Cette chanson, interprétée en kabyle deviendra l'un des succès les plus prisés jusqu'à nos jours. Ce titre d'anthologie très recherché par les puristes fait partie du patrimoine national. Pour Fadéla Dzirya , il écrit au cours de la même période, une chanson intitulée » Ayeqchiche sers thavalist ». Devant tant de succès , alors qu'il n'est âgé que de 21ans , Kamel Hamadi va être sollicité par la maison d'édition Teppaz pour une série d'enregistrement de disques .c'est ce qu'il fera en qualité de chanteur , en même temps que d'autres interprètes nationaux que sont : El Hachemi Guerouabi ,Rabah Deriassa, Farid Oujdi , Mohamed Lamari , Ali Chellali , Karim Tahar, Mohamed Rachid, Youcef Abdjaoui, Noura et Hnifa. C'est avec cette dernière qu'il réalise son premier duo à cette occasion. Un titre légendaire intitulé « yidem yedem elama tefna laâmar » (avec toi jusqu'à la fin de la vie). Le 19 Janvier 1959 Kamel Hamadi est admis en qualité de membre définitif de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) à Paris. Une année plus tard le 25 février 1960 il convole en juste noces avec la grande chanteuse Noura.Cette grande dame de la chanson algérienne avait interprété déjà, deux grands succès « Baâd ma chafet aïni » écrit par Mohamed Réda, composé par Amari Maâmar et « Ya ma goulili » de Mahboub Bati enregistré en 1959. Les premières compositions pour Noura s'intitulent « Ya welfi âlech del djfa » et « Ya ouled el houma» qu'il réalise d'abord à la radio ensuite sur disque 45 tours aux éditions Teppaz. Dés son retour à Paris, Kamel Hamadi demeure en contact avec les milieux de l'émigration, en activant lors de diverses tournée et autres activités musicales. Il se distingue par son refus de se produire au sein des cafés, bien que ces endroits étaient très fréquentés par la communauté émigrée. Cette période d'avant l'Indépendance était marquée, principalement, par ses relations quasi permanentes avec l'un des monuments de la musique algérienne Amraoui Missoum (décédé en 1967) ainsi que le grand interprète et compositeur tunisien Mohamed Jamoussi (décédé en 1982). Cet enfant de Sfax en Tunisie, fils de l'olivier et du figuier a produit plusieurs chef-d'œuvres dans l'histoire de la musique tunisienne. Après l'Indépendance Nationale, Kamel Hamadi se consacre, d'une manière plus franche, à son épouse Noura, à qui il compose pratiquement toutes ses chansons durant sa carrière (un peu plus de 500 titres). Avec la chaîne II de la Radio algérienne, il continue à collaborer tout en aidant nombre d'artistes qui viennent le solliciter. Ces derniers connaîtront pour la plupart des heures de gloire tels que Lounis Aït Menguelet, Salah Saâdaoui, Naïma El Djazaîria, Athmani, Slimani, Aît Farida et Hnifa entre autres. Sa passion prononcée pour la belle poésie populaire dite par les cheikhs du genre bédouin oranais, est un fait marquant chez Kamel Hamadi. Cette mélodie emmenée par le son de la gasba traditionnelle et la voix rugueuse des interprètes, s'est incrustée dans son esprit au point même de déteindre sur une bonne partie de ses compositions, celles, en particulier qu'il produit pour Noura ainsi que la plupart des chanteurs oranais comme Khaled, Mami, Djahida, Malika Meddah etc... La mémoire de Kamel Hamadi est, en effet, imbibée de ce riche patrimoine populaire par les cheikhs Hamada, Mohamed El Ghelizani, Abdelkader Bouras, El Madani, et plus tard par Blaoui Houari, Ahmed Wahbi, Ahmed Saber, et autre Mhamed Benzerga. Une autre consécration vient couronner sa, désormais, riche carrière ; un disque d'or en 1970 décroché par Noura aux éditions Pathé Marconi. Au même moment que Slimane Azem. Cette haute
distinction fut décernée pour la première fois à des interprètes arabes. Kamel Hamadi ira de succès en succès enjoliver la chanson algérienne, tout en dirigeant des orchestres de variétés dans les studios d'enregistrements pour le compte de Soulimane El Kawakib aussi bien à Alger qu'à Paris. En Algérie, ce sont les tournées artistiques qui seront le lot de son activité durant une vingtaine d'années, avec les grands noms de la chanson algérienne que sont : El Hadj Rabah Deriassa, Akli Yahiatène, Ahmed Wahby, Boudjemaâ El Ankis, Noura, Fadila Dziriya, Hnifa, Thoraya, Saloua, entre autres qui ont sillonnés toutes les contrées du territoire national. Kamel Hamadi, au même titre que son épouse Noura, a été plusieurs fois distingué par les hautes instances des pays et du Maghreb, le Président Bourghiba pour la Tunisie, le Président Maâmar El Kadafi pour la Lybie et le Président Chadli pour l'Algérie le 5 Juillet 1987 au Palais de la Culture Moufdi Zakaria à Alger. Il continuera à écrire et composer sans relâche, croyant fermement en une chanson algérienne authentiquement représentative de la culture de notre pays dans toute sa dimension. Après le méga succès intitulé « Assa Nezha » interprété par Karima, il est sollicité par nombre d'interprètes entre autres la Tunisienne Dhikra, Khaled, El Hadj Rabah Deriassa pour la partie Tamazight de la célèbre chanson « Anè Djazairi » par Djamel Allam pour les paroles de Djawhara composée par Safy Boutella. Kamel Hamadi a imaginé monté et dirigé musicalement le spectacle « les tontons du bled » produit par la Mairie de Paris en 2003. Meriem Abed, Akli Yahiatène, Amar Lachab figurait dans le plateau artistique. Ce même spectacle a été reproduit en Algérie dans le cadre d'une tournée musicale qui a mené cet ensemble à travers plusieurs grandes villes du pays, partant de la salle Ibn Zeidoun de Riadh el feth à Alger en septembre 2003. Kamel Hamadi va vivre une soirée exceptionnelle le jeudi 22 décembre 2007 au restaurant le Cantal situé au XXème arrondissement parisien, lorsque plusieurs grands artistes algériens se sont réunis à son insu pour lui offrir le cadeau de ses 69 printemps. Le moment était à la mesure de la dimension de ces grandes personnalités en reconnaissance à son immense parcours artistique. Lounis Ait Menguelet, Akli Yahiatène, Idir, Takfarinas, Farid Gaya, Ali Ideflawen , Ferhat Mhenni, Mhanna Mahfoufi, Ferhat Iguercha, Kamel Igman ...etc. était parmi les artistes présents à cette soirée symbole. Kamel Hamadi a eu l'insigne honneur d'être nommé en juillet 2008 Chevalier de la légion d'honneur par la plus haute autorité française. C'est en signe de reconnaissance pour l'ensemble de son œuvre et celle de ses compagnons que sont Slimane Azem, El Hasnaoui, Cheikh Norredine, Arab Ouzelag, Hnifa, Noura, et tant d'autres, que cette très haute distinction lui fut décernée. Assis sur la bagatelle de 2 000 chansons, Kamel Hamadi, observe avec un œil averti et une mémoire prodigieuse l'impressionnant cheminement de sa grande carrière. Sa relation avec son œuvre est on ne peut plus affectueuse, parfois très physique, mais combien émotionnelle, tout à fait comme celle qu'il éprouve pour son fils Djamel et sa fille Majda la célèbre styliste modéliste aussi qu'à son épouse la grande chanteuse Noura. Site www.babzman.com


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.