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Dans les œuvres fantastiques
Publié dans La Nouvelle République le 16 - 12 - 2017

Les meilleurs parmi les écrivains et conteurs de l'oralité font de nombreux détours par la fiction et le merveilleux pour parler d'un fait réel. Pour intéresser un plus grand nombre de lecteurs, ils doivent savoir susciter un réel intérêt qui incite à décrypter le féerique.
Tous ceux qui écrivent des œuvres de talent partent d'un sujet précis dont ils tracent, dans un premier temps, les grandes lignes qu'ils développent progressivement au point de donner la forme désirable. Ceci concerne le récit qui s'enrichit en cours d'élaboration de petites histoires, de faits irréalistes, féeriques. Il y a des écrivains qui partent d'une anecdote pour faire un roman volumineux. Ce fut le cas d' André Gide qui pour bâtir son roman «Les faux monnayeurs» est parti d'un fait divers d'un peu plus d'une demi page pour arriver à une œuvre romanesque d'un peu plus de 450 pages.
Tout roman est une œuvre d'art
Tout roman est un assemblage de faits imaginés où le héros lui – même est soumis à l'errance et dans cette errance guidée, il cherche longuement, découvre, essaie de comprendre, entretient des relations avec d'autres acteurs entrant dans l'univers romanesque. Le héros continue sa quête importante parce qu'elle est faite de poésie, de rencontres fantastiques qui créent le merveilleux et donnent au récit un aspect mystérieux qui peut conduire vers le féerique. On peut penser ce que le roman demande comme travail d'imagination pour prendre sa forme définitive.
Que de situations rocambolesques et de personnages il faut inventer pour créer un monde romanesque où les acteurs gravitant autour du héros suit un itinéraire possible en parfaite harmonie avec les autres pour donner à l'ensemble un semblant de situations réelles.
Pour écrire 450 pages de roman fantastique, on imagine bien ce qu'il a fallu comme travail d'imagination pour créer des situations qui se suivent dans un ordre logique. L'auteur a dû faire preuve d'esprit créatif inspiré de mondes imaginaires : des fables, des légendes, des contes.
Le roman évolue en fonction des intentions de l'auteur qui crée aussi un décor qui aident à mettre en évidence les personnages dans l'accomplissement de leurs actions. C'est lui le metteur en scène qui fait jouer les acteurs selon sa volonté et, suivant un itinéraire qu'il a tracé pour chacun. Entre le réel et le possible l'écrivain peut ouvrir de nouvelles perspectives imaginaires : spectres et toutes sortes de phantasmes, une multiplicité que peut concevoir l'esprit.
Le fantastique prend également plusieurs formes, il va du fantastique intellectuel au fantastique superstitieux. A force de travailler sur l'univers et la réalité, l'intelligence humaine a fini par découvrir qu'ils étaient bien plus riches que ne le pensait le bon sens. On voit que réaliser un roman n'est pas un travail de tout repos, ceci dépend du savoir et du savoir faire des auteurs. La preuve c'est que certains ont réussi et d'autres ont presque échoué. L'art du roman n'est pas donné à tout le monde. Cela laisse supposer des talents : un style original, une capacité à se singulariser dans l'accommodation des personnages différents de caractères différents par rapport à un milieu naturel. Ce qui est vrai pour tous les arts.
D'abord n'est pas artiste qui veut. Le vrai artiste invente un genre au lieu de copier les autres, il fait porter au bas de chaque œuvre une belle signature. Une autre forme de roman fantastique. Il n'est pas donné à quiconque d'élaborer une œuvre romanesque de science fiction tant le genre exige que l'auteur éprouve un intérêt particulier pour les sciences modernes , et sache imaginer en les anticipant les inventions et les découvertes. Jules Verne en a été un modèle pour ses romans scientifiques d'anticipation. Pour un écrivain du 19ème siècle, c'est un travail d'écriture extraordinaire, pour des œuvres sensationnelles. «Un voyage au centre de la terre» en est un exemple parfait et adapté admirablement au cinéma.
Ceux qui ont vu le film affirment que c'est un vrai régal pour tous les âges, tant la fidélité au roman est satisfaisante. Nous avons assisté dans le film à des scènes qui nous ont donné l'illusion du réel ; surtout avec le débarquement des voyageurs, au centre de la terre, une vraie réussite. Bien qu'ils fassent partie des contes, «Les Mille et Une Nuits» entrent dans la catégorie des œuvres d'anticipation.
La reine d'un jour au départ, devenue la reine de toujours en réussissant à intéresser le roi pour avoir la vie sauve en lui racontant pendant mille et une nuits des contes merveilleux, a puisé dans un répertoire d'œuvres merveilleuses du Moyen-Orient, œuvres d'anticipation ou de prémonition, toujours est il que les voyages merveilleux tels que narrés dans ces contes, le tapis volant de Sindbad le marin, sont devenus, de nos jours des réalités.
Une autre œuvre romanesque qui est un chef d'œuvre du récit a auguré d'un nouveau fantastique en littérature, c'est le fantastique intellectuel avec le roman «La machine à explorer le temps» écrit et édité par H. G. Wells, cela ne correspond à aucune forme de surnaturel, c'est, selon l'auteur «une extrapolation mathématique à l'usage romanesque».
Le merveilleux a retrouvé naturel avec le réel. Cependant les critiques pensent qu'il y a de la part de l'auteur un excès d'imagination, une anticipation sur les moyens techniques de son temps, mais quelque excessive qu'elle soit son invention reste raisonnable. La science fiction a développé les thèmes catalogués par Wells. «Quand le dormeur s'éveillera» donne une vision futuriste du monde, voyages dans le temps. Puis assiste à l'exploration des planètes au moyen des titres suivants : «Les premiers hommes dans la lune, Quand le dormeur s'éveillera, La guerre des mondes, Les extra-Terrestres. Avec ces romans d'imagination, le s sujets deviennent intéressants, les hommes se transforment en êtres cosmiques.
Avec les romans de science fiction, on assiste à l' émergence d'un monde fictif par la magie para- scientifique avec une prédominance des éléments du merveilleux, une réalisation des rêves les plus sophistiqués, la suppression des distances, l'exploration des espaces les plus insolites. Avec le temps et ouvert à un univers infiniment vaste, on assiste à une diversification du genre «roman fiction».
Des œuvres alimentent les kiosques en feuilletons diffusés dans les magazines et journaux. Puis le genre ayant acquis de la notoriété, on assiste à la production et à une diffusion d'une sous littérature en formats réduits sous les titres : science fiction, sentimental, policier, Superman et forbans de l'espace, Sirius, Bételgeuse. Et dans ce paysage médiatique on a vu arriver le roman d'opéra cosmique que les Américains appellent «Space-opéra».


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