Lors de la conférence de presse improvisée qu'il a animée hier à quelques mètres de la scène où devaient se succéder chercheurs et historiens concernés par la vie et l'œuvre de deux grands hommes de religion et de paix que furent l'Emir Abdelkader et St Augustin, l'ambassadeur d'Italie à Alger a donné un aperçu général sur la rencontre organisée à Annaba hier lundi. Elle est intitulée «St Universalisme et Humanisme -Augustin - Emir Abdelkader». La manifestation a été organisée conjointement par l'Ambassade d'Italie à Alger et l'Institut culturel italien en collaboration avec la direction de la Culture de Annaba. Le coup d'envoi a été donné par le wali de la wilaya Tewfik Mezhoud. Il est intervenu pour mettre dans leurs contextes la vie et les œuvres de ces deux hommes. C'est, d'ailleurs, ce qui avait justifié la démarche du président de la République Abdelaziz Bouteflika qui, en 2000, avait officiellement demandé et obtenu que le 16 mai de chaque année soit déclaré «Journée mondiale du vivre ensemble». C'est sur aspect qu'est intervenu le wali Tewfik Mezhoud avant de donner le coup d'envoi de la manifestation. Le premier responsable de la wilaya a parlé d'un grand nombre d'Augustins du monde, des spécialistes de l'Augustinisme, des hommes et des femmes ainsi que des philosophes de la foi chrétienne. Il abordera ensuite l'histoire et les faits glorieux de guerre et de paix, de clairvoyance et de culture que fut l'Emir Abdelkader de son vivant. Durant toute la journée d'hier, plusieurs centaines d'homme et de femmes de culture, d'étudiants des deux sexes et d'intervenants, ont vécu, au contact de grands moments de l'histoire de St Augustin, le berbère algérien de Souk Ahras, Madaure et Annaba et de l'Emir Abdelkader l'homme des profondeurs de l'Algérie. C'est ce qu'a souligné le wali de Annaba lorsqu'il a affirmé : «Tous les deux sont nés en Algérie. Ils ont appartenu à cette terre de leurs ancêtres, y ont étudié et professé la paix et l'amitié partout où ils sont passés». Nadjia Kebour professeur de la langue et civilisation arabe à l'Université de Alma Mater studiorum à Bologne s'est chargée d'apporter des précisions sur la vie et la mort de St Augustin. Ordonné prêtre en 391, évêque d'Hippone (Annaba) en 396, St Augustin est un des plus grands théologiens chrétiens. Il meurt au moment des invasions barbares en Afrique, le 28 août 430. Sa dépouille avait été transportée clandestinement en Sardaigne à une date inconnue. Rappelons que dans une des recommandations du colloque d'Annaba, il était question du transfert des restes du saint homme de Pavie (Italie) où il avait été enterré en 725 vers la basilique St Augustin de Annaba où est déposé son cubitus. L'olivier de Souk-Ahras qu'il avait lui-même planté et l'université de Madaure où il avait effectué ses études de théologie, sont d'autres sites du circuit touristique et de pèlerinage des Augustins du monde «sur les traces de St Augustin». Ce pèlerinage est effectué annuellement par des milliers d'Augustiniens en provenance de tous les pays du monde. Il ne profite malheureusement pas à l'Algérie qui ne fait que comptabiliser les visas de ces Augustiniens aux frontières terrestres avec la Tunisie. Annaba offrira aux touristes un édifice à visiter à la mesure de ses ambitions. Il va de soi que ceux-ci n'a pas été abordé par le diplomate dans ses interventions. Excellente a été l'intervention de Nadjia Kebour professeur de langue et civilisation arabe à l'Université de Alma Mater Studiorum Cette enseignante universitaire est allée chercher loin tout ce qui fait l'histoire de ces deux hommes et leur participation au développement de la civilisation. Cela a été également le cas pour Mohamed Taibi professeur, sociologue et anthropologue pour ce qui est du message transmis par les deux hommes partout où ils sont passés. Il y a aussi des titres de communication sur lesquelles l'on pourrait s'attarder tel que celui sur «le dialogue dans le Maghreb, l'exemple de l'Algérie, sur les pas de St Augustin : repères dans le patrimoine archéologique de l'Algérie antique de la directrice de recherche et présidente du conseil scientifique du CNRA.