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«Orphelin de fils», une délicate réparation narcissique
Publié dans La Nouvelle République le 02 - 12 - 2018

Paru aux éditions «Tira» sans aucune autre forme de publicité, le roman «Orphelin de fils» du jeune auteur Azeddine Idjeri est un Ovni littéraire du genre à mettre du baume au cœur chez le lecteur. Il va sans dire que la lecture de ce livre franchement insolite nous a totalement bouleversés.
Sous ses lunettes faussement candides, l'auteur, jeune talent d'expression française, est né en 1982 à Bouzeguène dans les montagnes kabyles. Il publie son premier roman en 2016 en France, le deuxième opus s'intitule «Orphelin de fils», il est paru aux éditions Tira le courant de cette année. Ce roman extraordinaire est ancré dans une histoire étrange, et pourtant qui pourrait en apparence sembler bien triviale car faisant appel à des ressorts de narration bien classiques, réglés comme du papier à musique. Pourtant, l'atmosphère mise en évidence par une écriture sobre, toute en descriptions ne manque pas de nous donner le ton d'une histoire qui, comme citée plus haut, sort intensément de l'ordinaire pour nous installer dès l'incipit du roman dans un délire des sens et de l'intellect complètement déjanté.
La forme y est, dans une écriture sensationnelle, à la limite du balzacien de base, un français formidablement châtié, qui tape juste sur les concepts, même si de temps en temps le caractère trempé de cette écriture semble alambiquée parfois, elle ne tombe jamais dans le redondant ni dans le récurrent fait de scories. Entre Balzac et Edgard Alan Poe sans le côté sordide. Azeddine Idjeri montre un talent inénarrable de conteur aux traits originaux de dramaturge passé maître dans les compositions psychologiques. L'auteur crée trois caractères, un père (écrit à la première personne), une mère de substitution qui s'appelle Inès et un enfant sans âge qui s'appelle Adam. Azeddine Idjeri en bon chef d'orchestre qui aurait été ami avec Boris Vian dans une vie antérieure va tisser une histoire fabuleuse sur ce trio qui de par l'évolution de ses péripéties nous mènera vers des pistes sérieusement inattendues.
L'écrivain de ce roman de 190 pages, très très bien menées, nous surprendra au fil des traces noires inscrites sur le blanc virginal du papier dans les trépidations d'un esprit torturé par le doute, le délicat sursaut d'une marche établie entre la réalité tangible d'une progéniture prégnante qui fait du bruit, dort, se lève, se nourrit même, en opposition à un narrateur qui doute de sa propre existence tant son interlocuteur et l'entité maternelle aboutie dans la réalité d'une représentation admise par l'esprit devient une personne réelle. Ce qu'il a y'à saisir dans ce roman époustouflant c'est qu'il n'ya rien à saisir, justement comme un simple effet de style ou l'imaginaire de l'auteur explose dans de superbes envolées lyriques qui nous tiendront en haleines jusqu'aux dernières pages qui révèleront une vérité absolue que l'on aura attendu le souffle coupé espérant se voir réaliser le vœu de retrouver cette part d'enfance que l'on a tous en nous.
Azeddine Idjeri, qui défend très bien son sujet et maitrise le canevas psychologique de ses personnages, évoque la vie, la mort, dans une délicate histoire délinée avec les paramètres esthétiques et sublimatoires de la langue soignée qui l'introduit dans le cénacle de futurs grands écrivains. Par cette histoire, il évoque le suicide, la réparation narcissique, les délires induits par toutes les sortes de persécutions mentales qui existent pour rendre au final la poésie d'une histoire d'amour filial qui fait un retour aux sources qui revient à l'essentiel, l'issue du roman est traductrice d'un talent inné pour l'à-propos qui fait que l'écrivain sait toujours retomber sur ses pattes comme un chat acrobate.
On aura noté chez Azeddine Idjeri une propension au phrasé subtile, riche en images jamais ennuyant, il nous mène sur un roman qui semble petit vers des univers insoupçonnés ou la caractère surréaliste n'est qu'un outil de plus pour nous perdre dans les dédales labyrinthiques comme l'aura apprécié notre ami critique Karim Amiti l'espace d'une joute animée et télévisuelle.
Le labyrinthique est usité à bon escient, l'écrivain sûr de ses effets nous laisse une très bonne impression d'ensemble qui nous fait oublier quelques subtiles maladresses qui se glissent dans le récit foisonnant, le reste n'est que détail, «Orphelin de fils» est aussi original si ce n'est plus que semble indiquer le titre, à la lecture, tout s'explique… Mais il faudra atteindre, les dernières pages, ne comptez pas sur nous pour en révéler la teneur…
«Orphelin de fils», roman de Azeddine Idjeri, paru aux éditions Tira, Béjaïa, 2018, prix 300 Da, information diffusion, [email protected] gmail.com


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