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Etude réalisée avec la collaboration d'experts juristes, économistes, politologues et sociologues
Publié dans La Nouvelle République le 25 - 08 - 2019

La sortie de crise en Algérie implique des objectifs précis autour de quatre axes directeurs : dialogue productif, état de droit, démocratie et réformes. Cette présente et modeste analyse se veut une contribution au débat qui engage l'avenir de l'Algérie qui a un répit de deux ans, ne souffrant pas d'une crise financière mais d'une crise de gouvernance. Il ne s'agit pas de créer des commissions administratives auto-désignées bureaucratiquement, éloignées des préoccupations de la société, ancienne culture bureaucratique, car le temps presse.
La vision centralisatrice jacobine annihile les créativités et la régionalisation économique est une voie salutaire pour bon nombre de pays évitant l'autoritarisme d'en-haut de peu d'efficacité, tant économique que sociale impliquant des institutions appropriées. La réussite des réformes tant politiques qu'économiques implique de saisir les tendances réelles de la société algérienne face tant aux mutations internes que mondiales, d'analyser avec lucidité les relations dialectiques réformes et les segments de la production de la rente (Sonatrach) et celui de sa redistribution (système financier), bouleversant des intérêts, les gagnants de demain n'étant pas forcément ceux d' aujourd'hui.
Lorsque la valeur de la rente des hydrocarbures s' accroît, paradoxalement, les réformes sont freinées et l'on assiste à une redistribution passive de la rente pour une paix sociale éphémère avec l'extension de la corruption et une concentration excessive du revenu national au profit d'une minorité rentière. Ce couple contradictoire des forces politiques, économiques sociales défendant la rente ou les réformes explique l'instabilité juridique et le manque de cohérence et de visibilité dans la réforme globale.
D'où l'importance d' une redéfinition du nouveau rôle de l'Etat dans le développement économique et social et d'une manière claire les relations entre l'Etat et le marché qui doivent procéder d'une démarche pragmatique dont je ne citerai que quelques axes directeurs :
- la production d'une culture politique participative, une communication institutionnelle efficiente, -une nouvelle réorganisation institutionnelle des fonctions des ministères et des collectivités locales s'insérant au sein d'objectifs stratégiques précis,
- une nouvelle politique des subventions ciblées,
- la résolution tant du foncier industriel qu'agricole et son corollaire l'eau,
- une nouvelle politique salariale et du marché de l'emploi conciliant flexibilité et sécurité,
- une nouvelle politique par la réunification des caisses de retraite afin d'éviter leur implosion,
- la dynamisation du secteur privé et du partenariat public privé national et international créateur de richesses supposant un assouplissement de la règle des 49/51%,
- l'apport par des mesures incitatives de nos émigrés à l'étranger qui doivent impérativement contribuer au développement national,
- une politique clairement définie dans le temps de la transition énergétique et du nouveau modèle de consommation énergétique,
- une redéfinition de la politique étrangère devant reposer sur des réseaux décentralisés de la société civile et une redéfinition des missions des ambassades (résultat en fonction de l'allocation devises)
- une redéfinition des missions et de la défense sécurité s'adaptant aux nouvelles technologies, (réseaux de satellites- cybercriminalité) et des nouvelles mutations géostratégiques mondiales.
4- Comme je l'ai rappelé souvent, en ce mois d'aout 2019 et cela ne date pas d'aujourd'hui, l'Algérie traverse avant tout une crise de gouvernance ce qui implique d'avoir une vision stratégique de l'Algérie horizon 2020/2030 du devenir de l'Algérie. L'Algérie a toutes les potentialités pour dépasser les tensions budgétaires actuelles, mais pour paraphraser les militaires devant s'attaquer à l'essentiel et non au secondaire afin de ne pas se tromper de cibles. Il existe une loi en sciences politiques : 20 % d'actions bien ciblées ont un impact de 80 %. Mais 80 % d'actions mal ciblées ont un impact seulement de 20 %.
Espérons comme je l'ai suggéré déjà en 2016 lorsque j'ai été invité comme personnalité nationale au moment de la révision de constitution, un large front social tolérant les différences, personne n'ayant le monopole du patriotisme à ne pas confondre avec le chauvinisme nationaliste raciste, une grande conférence nationale pour tracer les perspectives futures de l'Algérie, proposition que j'ai réitéré le 26 novembre 2014 devant le premier ministre de l'époque et les membres du gouvernement lors d'une conférence nationale au club des Pins. Je me félicite que cette proposition ait été retenue par la suite tant par les partis du pouvoir que de l'opposition (voir nos différentes analyses entre 2009/2018 sur l'urgence d'un front national anti- crise www.gogle.com).
Pour dépasser l'entropie, et trouver des solutions réalistes, il s'agit de réaliser un bilan serein de tout ce qui a été réalisé et ce qui reste à faire pour corriger les erreurs du passé et ce par un langage de vérité loin de toute sinistrose, une visibilité et cohérence dans la démarche des réformes et une nette volonté politique de changement.
L'Algérie a besoin pour sa crédibilité nationale et internationale, de tensions géostratégiques au niveau de la région et des tensions budgétaires inévitables entre 2019/2020/2025 de rassembler tous ses enfants dans leur diversité et non de nous diviser. Il faut impérativement faire taire nos divergences et privilégier uniquement les intérêts supérieurs de l'Algérie nécessitant un minimum de consensus économique et social qui ne saurait signifier unanimisme signe de décadence de toute société afin de stabiliser le corps social. Car le fondement de la réussite des réformes doit passer nécessairement par le retour à la confiance, impliquant la moralité et une autre gouvernance de ceux qui dirigent la Cité, sans laquelle aucun développement n'est possible. Plus on diffère les réformes institutionnelles et micro-économiques, plus on épuisera les réserves de changes.
C'est seulement dans ce cadre de dialogue productif, que je pense fermement que l'Algérie a des ressorts pour surmonter la crise multidimensionnelle actuelle. C'est une entreprise d'envergure consistant principalement :
- réorganiser le champ de l'information et de la communication pour plus de concurrence car l'information en ce XXIème siècle n'est plus le quatrième pouvoir mais le cœur du pouvoir même,
-réorganiser le mouvement syndical et associatif dont la promotion de la femme signe de la vitalité de toute société,
- la réforme de la justice par l'application et l'adaptation du Droit tant par rapport aux mutations internes que du droit international,
- adapter le système éducatif, centre d'élaboration et de diffusion de la culture et de l'idéologie de la résistance au changement et à la modernisation du pays,
- la réforme du système financier qui est un préalable essentiel à la relance de l'investissement public, privé national et étranger, les banques publiques et privées étant au cœur d'importants enjeux de pouvoir entre les partisans de l'ouverture et ceux de préservation des intérêts de la rente. La réforme du système financier est considérée, à juste titre, comme l'indice le plus probant de la volonté politique de l'Algérie d'ouvrir ou non l'économie nationale à la libre entreprise.
Pour l'Algérie, la gestion volontariste depuis l'indépendance, les enjeux de pouvoir internes, la crise économique, sociale et culturelle et, enfin les contraintes externes de plus en plus pesantes ont abouti à des changements, menés parfois à la hussarde, qui ont révélé une réalité bien amère : l'absence dramatique d'une véritable stratégie nationale d'adaptation face tant aux nouvelles mutations internes qu'aux nouvelles mutations mondiales.
La conjonction de facteurs endogènes et exogènes et l'intervention massive – parfois directe et par moment insidieuse – d'acteurs internes et externes- a abouti à une transition qui se traîne en longueur depuis des décennies et non pas seulement pour la période actuelle. Depuis fort longtemps et pas seulement durant la période actuelle, l'Algérie semble chavirer un moment et reprendre avec hésitation ses équilibres un autre moment. Il ne s'agit pas de renier les traditions positives qui moulées dans la trajectoire de la modernité, peuvent être facteurs de développement.
La refondation de l'Etat et la réussite des réformes passent par un nouveau mode de gouvernance dont le fondement est la liberté au sens large pour une société participative et citoyenne tenant compte de notre anthropologie culturelle historiquement datée comme en témoigne les différents cycles de civilisations depuis que le monde est monde.
Cela renvoie à une vision stratégique globale, l'histoire devant être intégrée (le devoir de mémoire) où le politique, l'économique, le social et le culturel, sont inextricablement liés au sein d'un univers de plus en plus globalisé, où les grands espaces socio-économiques dominent, impliquant forcément l'intégration du grand Maghreb, au sein de l'espace méditerranéen et africain impliquant une révision de notre politique étrangère où en ce XXIème siècle à travers les réseaux de la société civiles, la maîtrise des innovations technologiques, la révolution dans le domaine de l'information et le contrôle des circuits commerciaux et financiers.
Avec cette préoccupation majeure en ce XXIème siècle, le défi écologique qui nous impose un changement profond dans les deux prochaines décennies de notre mode de production et de consommation si l'on veut éviter un désastre planétaire qui touchera en premier lieu les pays les plus pauvres et donc l'Algérie qui est fortement interpellé. En bref, sans la résolution de la crise politique et de changer de cap l'actuelle politique socio-économique, l'ancienne politique conduisant le pays droit au mur avec cette corruption socilaisée, la dérive économique et sociale est inévitable.
Le montant des réserves de change dépend essentiellement, à la hausse comme à la baisse, des recettes d'hydrocarbures sont en avril 2019 de 72,8 milliards de dollars, contre 178,9 en 2014 ; 114,1 milliards de dollars fin 2016 ; 97,3 milliards de dollars à la fin de 2017 et 79,8 milliards de dollars à la fin de 2018. La baisse sur les quatre premiers mois de 2019 a été de 7 milliards de dollars et au même rythme, elle s'élèvera à 21 milliards de dollars à la fin de 2019. Au cours d'un baril fluctuant entre 60-65 dollars, au rythme de la dépense actuelle, sans un taux de croissance dépassant 8 % à 9 %, nous aurons 58 milliards de dollars fin 2019, 37 en 2020, 16 en 2021 et la cessation de paiements vers août-septembre 2022, voire avant la fin du premier trimestre 2022.
L'Algérie acteur stratégique au niveau de la région, a besoin de paix et de sécurité qui interpelle également nos partenaires étrangers, car toute déstabilisation aurait une répercussion régionale (voir nos interviews in American Herald Tribune-USA- 26/12/2016 et 11/08/2018 et Africa-Presse, Paris en trois parties 08/09/10 aout 2018). Mais la stabilité est conditionnée par de profondes réformes qui ne peut provenir que des algériens eux mêmes, permettant un développement durable conciliant efficacité économique et une profonde justice sociale.
Il s'agit là de l'unique voie que doivent emprunter les Algériens afin de transcender leurs différence et à trouver de nouvelles raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire le destin exceptionnel que nos glorieux aînés de la génération du 1er Novembre 1954 ont voulu désespérément pour eux. J'ose espérer un avenir meilleur pour mon pays fondé sur un état de droit, plus de tolérance et le renforcement du dialogue productif, loin de tout extrémisme, rassemblant tous les algériennes et algériens.
Dr Abderrahmane Mebtoul, professeur des universités, expert international


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