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Pour mettre fin au cancer de la rente, une autre gouvernance et une nouvelle politique salariale
L'efficacité d'une politique des subventions ciblées en Algérie
Publié dans La Nouvelle République le 17 - 04 - 2021

Les tensions sociales, à court terme tant qu'il y a la rente, sont atténuées artificiellement grâce aux recettes des hydrocarbures qui permettent des subventions et transferts sociaux représentant 23,7% du budget général de l'Etat et 9,4% du PIB pour l'exercice 2021, mais mal gérés et mal ciblés, qui ne profitent pas toujours aux plus démunis et par la crise du logement qui renforce la solidarité familiale.
Le ciblage des subventions que je préconise depuis 1992, suppose une large concertation sociale, un système d'information fiable en temps réel et une enquête précise sur la répartition du revenu national et du modèle de consommation, pour déterminer les couches défavorisées, tout en ne pénalisant pas les couches moyennes par un nivellement par le bas. Cette présente contribution est une brève synthèse, d'une brûlante actualité, d'un rapport réactualisé, remis aux autorités du pays le 14 septembre 2012 dont les résolutions n'ont jamais été appliquées.
1- Les différentes formes de subventions
Sans entre exhaustif, je recense les différentes formes de subventions les plus connues. -Les subventions du prix du pain, de l'huile, de la semoule et du lait. Bon nombre d'Algériens vivent dans la pauvreté se nourrissant essentiellement de pain et de lait, reflet de la fracture sociale. Les subventions octroyées coûtent au Trésor public un différentiel qui reste mobile en fonction des fluctuations du prix d'achat de la matière première sur les marchés mondiaux. Toutefois, le Trésor public paie ce différentiel, quel que soit son niveau. -Les subventions des carburants et de l'électricité. L'Algérie est classée parmi les pays où le prix du carburant est le moins cher au monde. Mais conserver cette politique coûte de plus en plus cher. La différence du prix à la pompe avec les pays voisins fait que de grandes quantités de carburants traversent quotidiennement les frontières vers le Maroc et la Tunisie, sans compter les pays riverains du grand Sud. Il en est de même du prix de l'électricité/gaz, avec une différence entre le prix aux ménages et les clients industriels. Le niveau du prix du gaz concédé aux centrales est de l'ordre de 10% de celui qui correspond aux transactions internationales du gaz, une différence qui grève considérablement le budget de Sonelgaz en déficit structurel depuis des années et en plus ce prix plafonné qui couvre à peine les coûts, de quoi décourager tout investisseur local ou étranger dans ce domaine. Pour les différentes unités pétrochimiques, aciéries, matériaux de construction, fortes consommatrices de gaz, se pose le prix de cession pour éviter un transfert de rente.
-Les subventions de l'eau. Le problème de la tarification de l'eau se pose à peu près dans les mêmes termes que les carburants. Son prix de cession demeure faible malgré des coûts croissants (investissement additionnel) plus important pour l'eau dessalé qui nécessite de lourds investissements, problème aggravé par les déperditions du réseau de distribution (45 à 50% de pertes, en moyenne nationale), le différentiel étant payé par l'Etat.
-Les subventions de la santé. Pour le système de santé, les subventions supportées par l'Etat sont importantes, se soignant gratuitement dans les hôpitaux et une forte réduction pour les médicaments grâce à la carte Chiffa délivrée, aux citoyens de la sphère informelle qui ne cotisent pas et même pour les milliardaires, creusant le déficit de la sécurité sociale. En comparaison, au niveau des cliniques privées, le coût d'une hospitalisation dans le secteur privé celui d'un accouchement oscille entre 50 000 et 70 000 DA, plus de 100 000 DA pour une césarienne et le montant est largement supérieur pour des interventions pointues fluctuant entre 500 000 et plus de 1 000 000 dinars et plus pour certains cas. -Les subventions dans le transport. Pour le transport, il n'y a pas uniformité devant distinguer le transport par rail subventionné où l'entreprise accuse un déficit structurel, des autres moyens.
Pour Air Algérie, la gestion défectueuse et les sureffectifs qui sont de loin plus élevés par rapport aux normes internationales en plus de l'épidémie du coronavirus frôle actuellement la faillite. Les compagnies étrangères s'alignant sur ceux d'Air Algérie bénéficient d'une rente de monopole. Pour le transport routier, on assiste à des conflits permanents notamment des transporteurs privés du fait du bas tarif, le prix étant lié au coût de l'achat qui a flambé entre 2019/2020, de l'entretien et au prix du carburant.
-Les subventions pour le soutien au logement social et à l'emploi. Les subventions s'appliquent également au logement social où le prix du mètre carré dans les grandes agglomérations peut aller entre 200 000 et 300 000 DA et plus selon les quartiers, non supportés par les bénéficiaires, ce qui qu'occasionne un transfert de rente des bénéficiaires du logement social, pénalisant les couches moyennes écartées, assistant ainsi à un nivellement par le bas.
Pour l'aide à l'emploi où l'entreprise qui recrute, bénéficie d'importantes facilités financières et fiscales, d'importants abattements sur la cotisation de sécurité sociale à leur charge, non supportés par l'employeur et pris en charge par le Trésor public. Un bilan s'impose de ces exonérations en plus du bas taux d'intérêt inférieur au taux d'inflation (accroissement du découvert bancaire) et la création effective de la valeur ajoutée, plus de 70% des bénéficiaires de l'emploi des jeunes étant actuellement en difficultés. Nous avons les allocations familiales bien que le montant est très faibles financées totalement sur le budget de l'Etat.
-Autres subventions. Nous avons la charge financière du transport des étudiants, de la restauration et de l'hébergement des étudiants internes sans distinction ce qui se répercute sur la gestion des œuvres universitaires comme les frais de la carte d'abonnement annuel du transport universitaire où le prix de la restauration, date des années 1970. Qu'en sera-t-il avec plus de 3 millions d'étudiants, sans rappeler également les subventions à travers les œuvres sociales des CEM et des lycées. Nous avons également les subventions pour le papier concernant la presse et au niveau politique d'importants montants alloués à certains partis politiques et à de nombreuses associations dites «société civile» afin de mobiliser la population mais souvent sans corrélation avec les impacts comme en témoigne le faible taux de participation aux différentes élections.
2- La nouvelle politique des subventions suppose une nouvelle gouvernance
Grâce à l'aisance financière générée par le passé, cours élevé des hydrocarbures, les différents gouvernements de 1970 à ce jour, au nom de la paix sociale, ont généralisé les subventions. Or, les réserves de change ont clôturé à 42 milliards de dollars fin 2020 contre 194 au 1er janvier 2014, devant terminer à environ 20 milliards de dollars fin 2021 étant impossible de continuer dans cette trajectoire de continuer à dépenser sans compter. En Algérie de celui qui gagne le SNMG au chef d'entreprise national ou étranger, bénéficient des prix subventionnés, n'existant pas de système ciblé de subventions.
Dans plusieurs rapports entre 2010/2019, la Banque mondiale fait remarquer qu'en moyenne dans le monde, 20% des plus riches bénéficient six fois plus que 20% des plus pauvres des subventions recommandant que les programmes d'aide sociale doivent être ciblés de manière à aider les ménages pauvres et vulnérables à y faire face. Pour l'Algérie, la même institution note que pour 2017, les montants des subventions sous forme de comptes spéciaux du Trésor, alloués au soutien de services productifs, à l'accès à l'habitat et aux activités économiques représentaient 14% du total des dépenses de l'Etat en dehors des dépenses de fonctionnement.
(A suivre)
Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane Mebtoul


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