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Un impératif existentiel pour la bourgeoisie occidentale
Le racisme
Publié dans La Nouvelle République le 27 - 08 - 2024

Ainsi que le rapporte le journal Le Monde, au lendemain des émeutes et violences racistes au Royaume-Uni, le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU appelle les autorités à agir à travers notamment des «sanctions sévères».
Dans ses conclusions publiées vendredi 23 août, le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) se dit «particulièrement préoccupé par les actes et les violences racistes récurrentes contre les minorités ethniques et ethno-religieuses, les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile commis par des individus et des groupes suprémacistes blancs et d'extrême droite, y compris les actes violents commis à la fin du mois de juillet et au début du mois d'août». Le CERD se déclare préoccupé par «la persistance des crimes de haine, des discours de haine et des incidents xénophobes sur diverses plateformes ainsi qu'émanant de politiciens et de personnalités publiques» au Royaume-Uni.
Le CERD appelle le Royaume-Uni «à l'action» en mettant en œuvre des mesures visant à «réduire les discours de haine raciste et la rhétorique xénophobe».
Le Comité évoque également ses «préoccupations concernant le racisme institutionnel au sein de la police et du système de justice pénale». Il fustige certaines pratiques policières, notamment lors des interpellations et des fouilles qui ciblent systématiquement les minorités ethniques. Il déplore l'usage excessif de la force par la police qui touche «de manière disproportionnée les personnes d'ascendance africaine et les autres minorités ethniques».
Pour rappel, le 29 juillet, un adolescent de 17 ans a attaqué au couteau les participants à un atelier de danse dans le village de Banks, au nord de Southport. Parmi les treize personnes poignardées, trois très jeunes victimes, âgées de 6 à 9 ans, décèdent des suites de leurs blessures. Très rapidement, on assiste à l'emballement des réseaux sociaux et à la circulation d'une série de rumeurs concernant l'origine et la religion de l'assaillant, qui serait supposément un musulman originaire de Syrie.
Ces rumeurs seraient à l'origine d'une série de manifestations dans plusieurs villes du Royaume-Uni, comme Manchester, Hartlepool, Aldershot ou Sunderland, dégénérant rapidement en émeutes racistes et en véritables pogroms anti-immigrés accompagnés des traditionnelles ratonnades ainsi que par l'incendie d'hôtels hébergeant des migrants ou de mosquées.
Au vrai, l'auteur des trois meurtres est un jeune Britannique né à Cardiff d'une famille rwandaise. A rebours des analystes bourgeois et des fonctionnaires du CERD qui présentent ces émeutes comme inédites, nous affirmons que, non seulement le Royaume-Uni (comme la France) présente une longue histoire de semblables pogroms racistes mais, surtout, que le racisme est un impératif existentiel pour le capitalisme. Fondamentalement, les exactions, vexations et attaques commises contre les prolétaires immigrés ne résultent pas simplement de la flambée du racisme dans les sociétés européennes, un racisme favorisé exceptionnellement par l'aggravation des contradictions du capitalisme et l'exacerbation de la crise économique.
En réalité, les prolétaires immigrés ont toujours été victimes de racisme et d'exactions de la part de la bourgeoisie, et notamment de ses franges les plus extrémistes. Au cours de l'histoire du capitalisme, seule la nationalité des migrants aura varié en fonction des vagues migratoires.
En Occident, le racisme est protéiforme et structurel. Il s'exprime à la fois à l'échelle individuelle et systémique. Longtemps, jusqu'aux années 1960, le racisme revêtait un caractère expressément institutionnel, notamment en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Il était étatique, notamment pendant la période coloniale, où le racisme était officiellement institué, et la période de ségrégation raciale, cette politique de séparation des personnes, selon des critères raciaux, mise en place entre 1877 et 1964 par la bourgeoisie blanche américaine.
Aussi une société bourgeoise, française, britannique et états-unienne, qui a érigé le colonialisme en culture et l'esclavagisme en culte, encensés par l'éducation nationale, célébrés par les expositions universelles, gravés dans le marbre judiciaire, symbolisés par l'abominable code de l'indigénat algérien dans le cas de la France, ne peut se défaire de sa mentalité raciste, de son système de pensée xénophobe, comme on peut le constater actuellement.
C'est dans cet environnement culturel bourgeois imprégné par la violence institutionnalisée et le racisme structurel qu'ont baigné les enfants français, britanniques et Blancs américains pendant plusieurs siècles.
Au Royaume-Uni, dans les années 1970, c'étaient les prolétaires sud-asiatiques qui étaient les principales victimes du racisme et de ratonnades. A l'époque déjà, plusieurs manifestations et émeutes racistes s'étaient déroulées, notamment le 15 juin 1974, à Londres, où plusieurs groupes d'extrême droite, dont le National Front, organisèrent une marche appelant au «rapatriement» des migrants. Quelques années plus tard, le 13 août 1977, le National Front (NF), organisation explicitement néo-fasciste, récidiva en organisant une nouvelle marche «contre la société multiraciale» dans le quartier londonien de Lewisham. En France, dans le sillage des crimes colonialistes commis, sans scrupule, en Algérie et France contre des millions d'Algériens, au cours des années 1970, au lendemain de la promulgation des circulaires Marcellin-Fontanet sur l'immigration, le pays connaît une flambée de racisme, en particulier anti-algérien. Les années 1970 sont marqués par un regain de la xénophobie visant la communauté algérienne. Durant toute cette décennie, la France est le théâtre de crimes racistes anti-algériens.
La crise pétrolière de 1973, conjuguée aux rancœurs héritées de la décolonisation, a réactivé les actes racistes, dont la communauté algérienne est la cible principale. Ratonnades, crimes racistes, attentats anti-algériens se développent avec une rare intensité.
Le climat xénophobe anti-algérien, attisé notamment par certains journaux et organisations racistes, dont le point culminant est incarné par l'attentat commis contre le consulat d'Algérie à Marseille, est tel qu'il contraint l'Etat algérien à suspendre l'émigration vers la France.
De manière générale, depuis le début du siècle dernier, à chaque période de crise aigüe du capitalisme, les organisations racistes, néofascistes et conservatrices, sponsorisées par les gouvernants et popularisés par les médias, se lancent dans leur entreprise de recrutement parmi la petite bourgeoisie, le sous-prolétariat et l'aristocratie ouvrière «blanche». Aussitôt, s'inaugure pour le prolétariat immigré un climat d'insécurité, un quotidien marqué par le racisme décomplexé et la violence désinhibée, une violence matérialisée par les passages à tabac, les ratonnades, sans oublier les descentes policières provocatrices dans les ghettos où le capitalisme le contraint à survivre, accompagnés de leur lot de «bavures», c'est-à-dire de meurtres étatiques légitimés.
Comme nous l'avons souligné dans notre article consacré aux émeutes au Royaume-Uni, la classe dirigeante britannique est l'unique responsable (1). Responsable de la crise économique. De la flambée du racisme. De la résurgence des organisations fascistes. De l'explosion de la violence anti-immigrée. Le racisme ordinaire comme le fascisme extraordinaire sont une nécessité vitale pour le capital.
Contrairement à une idée répandue par les organisations gauchistes, affirmant que seules les fractions extrêmes de la bourgeoisie sont racistes ou tirent profit du racisme, le capitalisme, donc la bourgeoisie dans sa globalité, cultive foncièrement le racisme ordinaire et le fascisme extraordinaire. Le fascisme est le stade suprême du racisme de la société bourgeoise.
Le prolétariat immigré est d'abord victime des lois discriminatoires votées par la bourgeoisie, c'est-à-dire ses gouvernants.
Dans le cas du Royaume-Uni, comme du reste de la France, le capital britannique a toujours été à l'initiative des lois visant à faire du prolétariat immigré le secteur le plus opprimé et le plus exploité de la classe ouvrière. Illustration de cette politique raciste poursuivie par la bourgeoisie britannique, qu'elle soit conservatrice ou travailliste : séparation des familles, tests de virginité, expulsions, criminalisation des immigrés, durcissement des critères d'obtention du permis de séjour à durée indéterminée en introduisant une citoyenneté «probatoire», projet d'expulsion des migrants entrés «illégalement» sur le territoire britannique au Rwanda.
Le racisme est, sans jeu de mots, d'ascendance bourgeoise. Le racisme descend de la bourgeoisie pour se répandre, par le biais de ses médias, parmi la petite bourgeoisie et le sous-prolétariat.
Aujourd'hui, la «civilisation capitaliste occidentale» est en train d'expectorer de son immonde ventre ses derniers souffles mortifères, en vrai son éternelle nauséabonde idéologie pétrie de racisme, d'esprit de prédation, de domination, d'exploitation, d'oppression. Il ne faut pas oublier que le capitalisme, né en Europe, porte en lui la ségrégation et la bellicosité comme la nuée l'orage. La ségrégation à l'encontre du prolétaire immigré, désigné comme l'ennemi intérieur. La bellicosité à l'égard de tous les habitants d'un autre pays, désignés comme les ennemis de l'extérieur.
La bourgeoisie a toujours cultivé la division entre prolétaires. Entre le prolétariat «immigré», objet d'une exploitation et d'une répression forcenée, et le prolétariat «autochtone», qui apparaît comparativement comme «relativement» préservé, favorisant la collaboration de classe. La bourgeoisie britannique, comme toutes les bourgeoisies occidentales, est bien consciente que le principal danger à sa domination est la cohésion du prolétariat. Aussi œuvre-t-elle sans relâche pour contrer et saper cette perspective d'unification du prolétariat.
La politique raciste de la bourgeoisie lui permet surtout de surexploiter la main-d'œuvre immigrée dont elle a besoin dans une série de métiers mal rémunérés, dans l'agriculture, le bâtiment, l'industrie textile, la confection, les activités de service et de nettoyage, le personnel de maison, etc. Disposant d'un prolétariat dépourvu de protections élémentaires, sous la menace de l'épée de Damoclès de l'expulsion du territoire national, les patrons sont ainsi en mesure de faire subir une exploitation toujours plus féroce à cette fraction du prolétariat.
Le racisme, source de division du prolétariat, cet ennemi mortel de classe, est un impératif existentiel pour la bourgeoisie. Le racisme lui sert d'adjuvant idéologique pour recruter ses adjudants fascistes parmi la petite bourgeoisie déclassée et le sous-prolétariat paupérisé.
Khider Mesloub
1) La classe dirigeante britannique unique responsable des émeutes anti-migrants, publié dans La Nouvelle République le 12 août 2024.


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