La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé, mercredi à Alger, l'ouverture des travaux de la réunion régionale arabe des directeurs des bureaux de droit d'auteur, organisée par l'Office national des droits d'auteur et des droits voisins (ONDA), en coordination avec l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), afin d'unifier les visions, d'évoquer les défis et d'asseoir de nouvelles bases pour renforcer les systèmes de propriété intellectuelle dans les pays arabes. Dans son allocution d'ouverture, prononcée en présence du directeur du bureau de l'OMPI en Algérie, Mohamed Saleck Ahmed Ethmane, et des directeurs des bureaux de droit d'auteur de la région arabe, Mme Bendouda a indiqué que la propriété intellectuelle, y compris le droit d'auteur et les droits voisins, « est devenue aujourd'hui un enjeu économique important pour créer de la richesse et des emplois et valoriser le capital matériel », et « un outil permettant aux créateurs de participer activement à la nouvelle économie numérique ». « La migration de la créativité vers de nouveaux espaces numériques nous impose, en tant que pays arabes, de réfléchir ensemble pour développer une législation et mettre en place des mécanismes de protection adaptés à ces transformations profondes », ainsi que « d'investir dans la connaissance, de renforcer les capacités humaines et institutionnelles et de créer un environnement qui encourage l'innovation et garantit les droits des créateurs », a ajouté la ministre. « Dans l'Algérie d'aujourd'hui, sous la direction éclairée du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le système de propriété intellectuelle a bénéficié d'une attention particulière », en tant que « l'un des axes de la réforme nationale et un pilier pour bâtir une économie créative solide », a souligné Mme Bendouda, rappelant à cet égard « l'élaboration d'une stratégie nationale de la propriété intellectuelle, en collaboration avec l'OMPI, permettant de dessiner une vision globale et renouvelée ». L'Algérie « œuvre au lancement de l'Académie nationale des droits d'auteur et des industries créatives, qui entamera ses missions en 2026, en coordination avec l'OMPI », selon la ministre qui a affirmé que cette académie « ne sera pas un simple établissement national de formation, mais constituera aussi un espace régional de référence accueillant les compétences arabes et africaines et offrant des programmes de formation de haute qualité ». Elle a souligné, dans ce cadre, que l'Etat algérien « accordait un intérêt majeur à l'accélération et à la généralisation de la numérisation, en intégrant la propriété intellectuelle dans la loi-cadre sur la numérisation, offrant une meilleure protection des actifs numériques et facilitant les processus de création et d'enregistrement via des plateformes modernes ». Et d'ajouter que « les Start-up, les micro-entreprises et les PME ont bénéficié d'un soutien et d'un accompagnement afin de sensibiliser leurs jeunes et leurs encadreurs à l'importance de la propriété intellectuelle, en tant que pilier essentiel de la croissance économique et culturelle ». La ministre a salué « la coopération fructueuse » entre l'Algérie à l'OMPI, précisant que « les dernières années ont vu le lancement de projets de qualité dans les domaines du renforcement des capacités, du développement du cadre de formation et de la transition vers une gestion collective plus efficace et plus transparente, en sus de l'accompagnement de l'innovation chez les jeunes et les entrepreneurs », relevant « la dynamique » marquant l'ONDA, grâce au « renforcement des partenariats arabes et africains » et « le lancement de plusieurs projets innovants ». De son côté, le directeur général de l'ONDA, Samir Thaâlabi, a estimé que cette rencontre est « l'occasion d'échanger les expertises, de renforcer la coopération et de bâtir une vision commune sur les défis et opportunités imposés par l'ère numérique pour la protection des droits des créateurs et leur développement ». Elle est aussi, a-t-il dit, « une opportunité pour engager une réflexion collective sur l'avenir de la créativité arabe et la manière de permettre à nos institutions d'être un pont entre les créateurs et les marchés mondiaux, tout en leur garantissant la protection, le soutien et la reconnaissance aux niveaux régional et international ». Pour sa part, la responsable de projets et coordinatrice principale du développement en matière de droit d'auteur à l'OMPI, Sherine Greiss, a affirmé que « l'action commune régionale et nationale est la meilleure voie pour bâtir un système de propriété intellectuelle solide, efficace, équitable et durable », soulignant que « l'OMPI est déterminée à approfondir sa coopération avec les pays arabes, que ce soit à travers des projets nationaux ou des initiatives régionales, et veille toujours à fournir un soutien technique, à faciliter le dialogue et à mettre à disposition le savoir et l'expertise dont chaque pays a besoin ». Les travaux de cette rencontre régionale, qui regroupe des directeurs des bureaux de droit d'auteur du monde arabe ainsi que des experts internationaux, se poursuivront jeudi avec la présentation de rapports nationaux des pays participants sur leurs expériences en matière de droits d'auteur, et des interventions dans ce domaine.