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Les enjeux géostratégiques entre le projet TSGP-Algeria et le projet Nigeria-Morocco Gas Pipeline
Energie
Publié dans La Nouvelle République le 03 - 02 - 2026

En ce début de février 2026, sous l'égide du président de la République, Chef de l'Etat, issu de la transition militaire du Niger, une audience a été accordée au ministre algérien de l'Energie et des Mines, Mohamed Arkab, et à sa délégation où il a été convenu un partenariat pour examiner l'état d'avancement de la recherche et de l'exploration pétrolière de Kafra, situé dans le nord du Niger, et ce, afin d'accélérer les études et de sécuriser les investissements et la fiabilité des infrastructures locales. Mais c'est surtout le projet Transsaharien (TSGP) qui a été au centre des discussions comme projet structurant pour la région.
Comme le démontre une importante étude de l'IRIS , le gazoduc reliant le Nigéria à l'Europe via le Niger est l'objet d'enjeux géostratégiques importants pour la région, notamment de la rivalité entre l'Algérie et le Maroc pour la réalisation de ce projet car l'énergie, autant que l'eau, est au cœur de la souveraineté des Etats et de leurs politiques de sécurité, les nouvelles dynamiques économiques modifiant les rapports de force et affectant également les recompositions politiques à l'intérieur des Etats comme à l'échelle des espaces régionaux.
1.-Cette rencontre fait suite à celle du 11 février 2025 qui avait été consacré à l'examen du gazoduc continental TSGP, réunissant du côté algérien le ministre d'Etat, ministre de l'Energie, des Mines et des Energies renouvelables, Mohamed Arkab, du ministre du Pétrole de la République du Niger, Sahabi Oumarou, et du ministre d'Etat chargé des Ressources pétrolières de la République fédérale du Nigéria, Ekperikpe Ekpo, cette rencontre ayant été précédée d'une réunion regroupant les groupes de travail et les experts des trois pays, y compris des représentants de Sonatrach, Sonidep (Niger) et NNPC (Nigéria). Le groupe Sonatrach, fort de son expérience dans les projets énergétiques d'envergure, a réaffirmé sa détermination à mener à bien cette initiative.
L'idée d'un gazoduc reliant le Nigéria à l'Algérie a germé dans les années 1980, et est toujours en projet en ce mois de février 2026. Le 3 juillet 2009, a été signé un protocole d'accord pour la réalisation de ce projet avec l'Algérie. En juillet 2016, à l'occasion du 27e sommet ordinaire de l'Union africaine, le Nigéria a réaffirmé sa volonté d'engager le lancement du gazoduc transsaharien, prévu d'être détenu à 90 % par Sonatrach et la NNPC, et à 10 % par la Compagnie nationale du pétrole du Niger. Le 22 septembre 2021, le ministre du pétrole de la République du Nigéria, Timipre Sylva, a annoncé que son pays allait entamer la construction d'un gazoduc pour transporter le gaz nigérian vers l'Algérie.
Le 18 février 2022, une feuille de route a été approuvée par les représentants du Niger, de l'Algérie et du Nigéria. Suite à la réunion tenue à Niamey, au Niger, le 16 février 2022, une feuille de route a été définie pour réaliser ce chantier. Le 21 juin 2022, une réunion tripartite Algérie-Niger-Nigéria s'est tenue dans la capitale du Nigéria, regroupant les ministres en charge de l'Energie des trois pays, s'inscrivant dans le cadre de la reprise des discussions au sujet du projet du gazoduc Transsaharien (TSGP). Les ministres ont examiné l'état d'avancement des décisions prises lors des précédentes réunions et les prochaines étapes devant aboutir à la réalisation du projet, ayant convenu d'actualiser l'étude de la faisabilité de ce projet.
En juillet 2022, lors de la 3e réunion ministérielle concernant ce projet, a eu lieu la signature d'un mémorandum d'entente entre les trois pays, à travers lequel ils ont réaffirmé « leur engagement à poursuivre la coordination et l'action commune pour la réalisation de ce projet ».
Concernant le projet Nigeria-Morocco Gas Pipeline (NMGP), ce dernier traverse plusieurs pays, à savoir la Gambie, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, la Mauritanie et le Sahara occidental. Ce gazoduc, prévu pour relier le Nigeria à l'Europe en passant par le Maroc, a une longueur évaluée à 5 660 km, dont une grande partie en offshore. Son délai de réalisation est estimé à 10 ans, pour un coût de plus de 25 milliards de dollars. Récemment, selon la directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) le Maroc et le Nigeria ont signé, en décembre 2024, un accord multilatéral au sujet de ce projet avec l'accord de la majorité des pays de la CEDEAO, prévoyant le lancement des avis d'appel d'offres courant 2025. Selon des sites spécialisés en date du 28 septembre 2025, le projet de gazoduc Nigeria-Maroc aurait franchi une nouvelle étape significative, l'infrastructure, dont la construction est évaluée à 25 milliards de dollars, avance avec la création d'une société de projet dédiée, avec notamment l'implication de plusieurs bailleurs internationaux, dont la Banque européenne d'investissement et la Banque islamique de développement qui seraient parties prenantes. Concernant le gazoduc passant par l'Algérie, le projet TSGP, sa longueur est de 4 128 km, dont 1 037 km en territoire nigérian, 841 km au Niger et 2 310 km en Algérie. Il reste à réaliser 100 km au Nigeria, la totalité du tracé au Niger ainsi que 700 km en Algérie, soit un total de 1 641 km. Lors de l'accord d'entente signé le 3 juillet 2009, son coût était estimé entre 10 et 11 milliards de dollars, mais cela remonte à plus de 10 ans.
En 2020, une étude de l'Institut français des relations internationales (IFRI) l'a réévalué à 18-20 milliards de dollars, tandis que d'autres sources avancent un montant moindre, entre 14 et 15 milliards de dollars. La durée de réalisation est estimée entre 4 et 5 ans. Ce gazoduc doit partir de Warri, au Nigeria, pour aboutir à Hassi R'Mel, en passant par le Niger. Il pourrait être relié au Transmed, la plus grande canalisation d'un looping GO3, permettant d'augmenter la capacité de 7 milliards de mètres cubes, qui s'ajoutent aux 26,5 milliards déjà transportés par GO1 et GO2, portant la capacité totale à 33,5 milliards de mètres cubes. Ce gazoduc s'étend sur 550 km en territoire algérien et 370 km en territoire tunisien, jusqu'à l'Italie. Ce projet est stratégique pour l'Algérie, qui est un acteur majeur pour l'approvisionnement de l'Europe ambitionnant , sous réserve d'une nouvelle politique énergétique (mix énergétique) d'atteindre 20 à 25 %. Il pourrait également favoriser les interconnexions électriques entre l'Algérie et l'Europe, grâce à des centrales hybrides solaire-gaz, au développement de l'hydrogène , l'Algérie bénéficiant d'un ensoleillement de 3 000 heures par an, soit l'équivalent de 2 000 kWh par m2. Selon différents rapports du ministère de l'Energie, ce projet permettrait à l'Algérie d'honorer ses engagements internationaux en matière d'exportation de gaz. Les réserves de gaz conventionnel du pays sont estimées à environ 2 400 milliards de mètres cubes, mais la forte consommation intérieure, qui approche actuellement le niveau des exportations en 2024, représente plus de 45 % de la production, en raison de la politique actuelle des subventions des carburants généralisées sans ciblage.
La rentabilité du projet Nigeria-Europe repose sur cinq conditions que ce soit pour l'Algérie ou le Maroc.
Premièrement, la faisabilité implique la détermination du seuil de rentabilité en fonction de la concurrence d'autres producteurs, du coût et de l'évolution du prix du gaz. Ces éléments influencent la prise de décision concernant le lancement d'un tel investissement. C'est pourquoi une étude de marché est nécessaire pour évaluer la demande en gaz avant de trancher sur l'opportunité de s'engager dans ce projet. Le bureau d'études Penspen, chargé d'actualiser les études de faisabilité, devra confirmer la viabilité technique et économique du TSGP avant toute opérationnalité, comme l'avait annoncé le PDG de Sonatrach le 11 février 2025.
Deuxièmement, la sécurité constitue un enjeu majeur, le projet traversant plusieurs zones instables, particulièrement pour le tracé passant par le Maroc, davantage exposé que celui de l'Algérie. Ces zones peuvent compromettre la fiabilité du projet en raison de la présence de groupes armés susceptibles de perturber la fourniture et l'approvisionnement en gaz. Il sera donc nécessaire d'impliquer les Etats traversés dans des négociations pour l'octroi du droit de passage (paiement de royalties) et d'évaluer les risques économiques, politiques, juridiques et sécuritaires.
Troisièmement, la mobilisation du savoir-faire et du financement pose problème, notamment en raison de la situation économique du Niger, lourdement endetté. Il serait donc nécessaire d'impliquer d'éventuels groupes internationaux dans le financement du projet.
Quatrièmement, il sera indispensable d'associer un partenaire européen, principal client du gazoduc. Sans son accord, il sera difficile de rentabiliser ce projet et devant tenir compte de la politique énergétique européenne qui mise sur la transition énergétique pour couvrir ses besoins à 50% entre 2030/2035.
Cinquièmement, outre le coût d'exploitation, la concurrence internationale qui influe sur la rentabilité de ce projet notamment les récents accord Europe USA pour l'approvisionnement en gaz de schiste pour 250 milliards de dollars par an , en cas de résolution du conflit avec l'Ukraine du retour du gaz russe avec des coûts bas où la capacité du South Stream de 63 milliards de mètres cubes gazeux, du North Stream 1 de 55 et du North Stream2 de 55 milliards de mètres cubes gazeux, (actuellement gelé depuis les tensions avec l'Ukraine, sans compter le plus grand concurrent de l'Algérie et du Maroc, la Libye premier réservoir de pétrole de l'Afrique pour une population de moins de 7 millions d'habitants, 48 milliards de barils et 1500 milliards de mètres cubes gazeux exploité à peine à 5% et de nouveaux producteurs en Afrique le mozambique , plus de 5000 milliards de mètres cubes gazeux de réserve, misant sur les exportations massives de GNL, et la mise en exploitation récente de l'important gisement Mauritanie /Sénégal à l'Île de la Tortue
En conclusion, nous assistons à une ambiguïté du Nigeria vis-à-vis de ce projet, qui doit éclaircir définitivement sa position et choisir soit l'Algérie, soit le Maroc, ou les deux à la fois ayant signé plusieurs mémorandums ,en rappelant qu'un mémorandum n'est pas un contrat définitif, tant avec le Maroc qu'avec l'Algérie mais en n'oubliant jamais que le principal client c'est l'Europe qui n'a pris ,pour l'instant ,aucun engagement.
Professeur des universités,
Expert international


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