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La DGSE, Bernard Bajolet et le magot envolé
Scandale
Publié dans La Nouvelle République le 13 - 12 - 2025

« Qu'est-ce que c'est que ce foutoir, mon p'tit Bernard ? ». Les plus jeunes ne connaissent sans doute pas cette phrase tirée du film d'Yves Robert ''Le Grand Blond avec une chaussure noire'' qui étrillait joyeusement le SDECE (Services de renseignement français) et qui a été réalisé à une époque – en 1972 – où le cinéma français savait encore divertir le public et non le plonger dans une profonde mélancolie comme aujourd'hui. Cette référence cinématographique tombe à pic pour illustrer les récents avatars judiciaires de Bernard Bajolet, ex-patron de la DGSE et ex-ambassadeur de la France en Algérie, impliqué dans une affaire que l'on pourrait intituler « Touche pas au grisbi, sal...pe ! », réplique célèbre tirée d'une scène mémorable du film ''Les tontons flingueurs'' de Georges Lautner, sorti en 1963, et qui figure au panthéon du cinéma policier avec la performance des acteurs et les dialogues savoureux de Michel Audiard dont le livre ''Le terminus des prétentieux'' avait servi de canevas à ce petit bijou du cinéma. Il fallait bien distraire les Français de la raclée monumentale que leur avait infligée notre glorieuse ALN et notre peuple...
Cette introduction cinématographique en guise de préambule nous conduit à un fait qui sort de l'ordinaire et qui a défrayé la chronique le mois dernier : Bernard Bajolet, «le duc de la Jacquette Flottante» bien connu en Algérie pour ses frasques licencieuses, a comparu devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, les 6 et 7 novembre derniers, pour « complicité de tentative d'extorsion » et pour « atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l'autorité publique » à l'encontre de l'homme d'affaires franco-suisse Alain Duménil. Cet ancien banquier dirigeant un groupe embrassant différents secteurs tels que le luxe, l'aéronautique et l'immobilier, a porté plainte suite à son arrestation le 12 mars 2016 par la police des frontières à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle alors qu'il se rendait en Suisse.
Emmené dans une salle pour une prétendue vérification d'identité, celui qui rend fous les espions français a été soumis à un interrogatoire par deux barbouzes qui l'accusaient d'avoir escamoté la caisse secrète des services de renseignement. Les agents lui ont montré des photos de lui et de sa famille en le menaçant de s'en prendre à celle-ci s'il ne versait pas illico 15 millions d'euros sur un compte aux Bahamas.
Le bonhomme s'est mis en rogne et a menacé de porter plainte. Résultat : Bernard Bajolet, qui était patron de la DGSE à l'époque des faits, a été mis en examen et le Parquet a requis contre lui 6 à 8 mois de prison avec sursis. Cerise sur le gâteau, l'avocat de Bajolet s'appelle... Me Stasi. Ça ne s'invente pas.
Le nœud de l'affaire est le suivant : l'Etat français avait confié une somme rondelette à ses services de renseignement dès le lendemain de la Première Guerre mondiale pour garantir l'autonomie des services en cas d'occupation étrangère.
Or, plutôt que de planquer l'argent sur un compte en Suisse où il aurait pu dormir tranquille en faisant des petits, les espions français de la DGSE, chargés de gérer l'argent, ont trouvé judicieux d'investir dans des plans foireux, une partie de la cagnotte allant dans le groupe de luxe France Luxury Group, lequel s'est trouvé en difficulté et a été racheté par Duménil.
Celui-ci ayant rebaptisé la société en Alliance Designers a procédé à une entourloupe, mettant la société en faillite en 2011. Et le magot du service de renseignement français, évalué entre 15 et 25 millions, s'est... évaporé. La perte étant douloureuse, surtout au moment où la France endettée gratte les fonds de tiroirs, Bajolet a missionné ses agents pour tenter de récupérer la cagnotte, mais, manque de pot, le sieur Duménil est un enquiquineur qui n'entend pas se laisser intimider par les services de renseignement et a ameuté le ban et l'arrière-ban jusqu'à traîner l'ancien chef des barbouzes en justice. Il a même poussé le bouchon jusqu'à participer à une émission sur France Inter en mars 2023 dans laquelle il a accusé les services « secrets » français, dont on parle décidément beaucoup, d'avoir ourdi des opérations de barbouzerie contre lui à Saint-Tropez et à Neuilly-sur-Seine.
Il est évident que le monde du renseignement français n'aime pas se retrouver en pleine lumière et encore moins devant la justice. Devant le scandale retentissant de cette affaire qui a vu l'un de ses chefs en correctionnelle, Nicolas Lerner, l'actuel patron de la DGSE, a préféré dissoudre le bureau, non pas des légendes, quoique... mais « des affaires réservées », une structure ultrasecrète créée dans les années 1950 et qui ne rendait compte qu'au directeur des services, et dont les membres ont « géré » avec brio cette opération de barbouzerie sur Duménil en 2016. On ignore encore à l'heure actuelle si ces génies de l'espionnage ont fini dans l'acide. En tout cas, force est de s'interroger sur la fiabilité des renseignements obtenus en matière d'intelligence économique, « pilier de la mission globale de la DGSE », quand on voit ce que les Yvan, y compris le Yvan en chef, à savoir Bernard Bajolet, font de leur magot.
Malgré les différents scandales qui secouent la France avec un ex-Président en prison, un ex-chef des services de renseignement devant les juges, on voit une France colonialiste qui ne veut pas cesser ses ingérences à l'endroit de l'Algérie, par exemple en soutenant les organisations terroristes du MAK et de Rachad. Et nous tenons à rendre hommage une nouvelle fois à nos services de renseignement dont l'efficacité n'est plus à démontrer. On ne peut qu'être fier et se féliciter de la qualité des services de renseignement algériens, qui, malgré les nombreux défis auxquels ils ont été et sont encore confrontés, protègent l'Etat contre toutes les tentatives de déstabilisation et les actions néfastes qui le visent. L'épopée des services de renseignement algériens n'est pas un vain mot et se matérialise chaque jour.


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