Ce qui se trame à la veille des matchs décisifs de la CAN-2025 est loin d'honorer les organisateurs. La volonté manifeste de conserver le trophée dans le royaume hôte, le Maroc, jette une ombre inquiétante sur l'intégrité de la compétition. Cette manière de faire fait perdre à la Coupe d'Afrique des Nations une part essentielle de son identité et de sa crédibilité. À cinq jours de la finale de la 35e édition de la CAN, le malaise ne faiblit pas, bien au contraire. On pensait que les polémiques arbitrales ayant entouré l'élimination de l'Algérie face au Nigeria avaient atteint un point de non-retour. Mais force est de constater que le mal semble ne connaître aucune frontière. La feuille de route paraît déjà tracée : confirmer, coûte que coûte, que le trophée ne quittera pas le pays organisateur. Un immense gâchis pour une compétition continentale qui perd progressivement de sa valeur sportive, mais surtout de son âme africaine. Que s'est-il encore passé avant le match Mali-Sénégal ? Alors que la désignation des arbitres fait déjà couler beaucoup d'encre avant le choc Cameroun–Maroc, une nouvelle controverse est venue enflammer l'actualité autour d'un autre quart de finale très attendu : Mali-Sénégal. Cette fois-ci, ce n'est pas l'arbitre central qui est au cœur des débats, mais le choix de l'assesseur du match. De nationalité sénégalaise, Fatou Gaye a été désignée pour encadrer l'arbitrage de cette rencontre opposant les Aigles du Mali aux Lions de la Teranga. Selon plusieurs sources proches du staff malien, relayées par le journaliste Sacha Tavolieri, cette nomination suscite de vives interrogations en interne. Certains responsables estiment qu'elle va à l'encontre des principes élémentaires d'impartialité. Dans les règlements de la FIFA comme de la Confédération africaine de football, il est pourtant clairement admis qu'un arbitre ou un officiel ne doit pas intervenir dans une rencontre impliquant son propre pays, afin d'éviter tout soupçon de conflit d'intérêts. Certes, l'assesseure n'intervient pas directement dans les décisions prises sur le terrain, mais son rôle d'évaluateur et de superviseure de l'arbitrage reste particulièrement sensible à ce stade de la compétition. Une justification qui peine à convaincre Face à la polémique, une explication a circulé au sein des instances : les assesseurs seraient affectés non pas par match, mais par stade, et ce pour toute la durée du tournoi. En l'occurrence, l'assesseure concernée serait rattachée au stade Prince Moulay Abdellah, supervisant l'ensemble des rencontres disputées dans cette enceinte, indépendamment des équipes en lice. Selon l'avis d'un média africain «cette logique organisationnelle, plusieurs grandes sélections, Algérie, Egypte, Nigeria, Sénégal, Côte d'Ivoire, auraient évolué dans le même stade avec le même assesseur tout au long de la compétition» Une méthode présentée comme standardisée et purement logistique, mais qui peine à convaincre pleinement.