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La planète sous la menace de l'ego délirant de Donald Trump
Un empire en déclin
Publié dans La Nouvelle République le 17 - 01 - 2026

Trump n'est pas un accident de l'histoire. Il est la forme normative de l'Etat capitaliste américain en phase finale.
Quand un empire décline, il arrache le masque libéral. Il cesse de parler de droit et parle de volonté. Il devient obscène. Un empire en ascension peut se permettre l'hypocrisie. Mais un empire en déclin n'a plus que la brutalité et la cruauté pour s'imposer. Tel est le cas de l'empire américain. «My own morality. My own mind. It's the only thing that can stop me» (Mon sens de la morale. Mon esprit. C'est la seule chose qui peut m'arrêter) a répondu Donald Trump à un panel de quatre journalistes du quotidien américain The New York Times qui l'interrogeait sur sa vision du monde.Traduction : le monde est à moi tant que la souveraineté des Etats-Unis dépend de ma seule volonté. De ma seule humeur. Et quand on sait que l'humeur du milliardaire armé est fluctuante, on ne peut que s'alarmer du sort réservé aux millions de vies menacées à tout moment d'anéantissement. Avec le sens moral de Trump dénué d'esprit, on n'a plus affaire à la politique ni à la diplomatie, mais à la barbarie en costume-cravate.Trump annonce que la seule limite à la violence impériale américaine est sa propre psychologie. Le droit est remplacé par son tempérament.
La loi par son caprice. La géopolitique par son ego. Conséquence prévisible : une variation d'humeur du locataire de la Maison-Blanche peut aussitôt déclencher un embargo, une guerre, plonger un peuple dans la famine, rayer un pays de la carte.Voilà donc où en est l'impérialisme américain piloté à vue par l'irascible et imprévisible Donald Trump à l'ego surdimensionné. Il ne se cache même plus derrière la Constitution, le droit international ou les fables humanitaires. Le sénile Trump se regarde dans le miroir et ne reconnaît d'autre limite que sa propre tolérance à la prédation et à la destruction. Le monde peut brûler, pourvu que son ego ne soit pas froissé et sa célèbre mèche blonde ébouriffée. Le narcissisme est devenu sa politique étrangère, la perversité fait office de sa diplomatie.
Ce que Trump appelle son «sens moral» est la morale du capital, celle du prédateur, du racketteur, du kidnappeur. La vie humaine n'a de valeur que si elle lui rapporte des profits. La souveraineté des peuples n'existe que si elle ne gêne pas sa politique prédatrice. Et la paix qu'il se vante d'instaurer partout dans le monde n'est qu'une courte pause entre deux guerres rentables.
Hier encore, les Etats-Unis prétendaient «défendre la démocratie». Aujourd'hui, Trump confesse la vérité obscène du capital : le monde est un terrain privé, et la morale du propriétaire fait office de loi. Dorénavant, Trump dicte au monde entier ses règles impériales et impose son tempo belliciste. En tout cas, pas pour longtemps car son règne égocentrique se fissure. Sa gouvernance narcissique est menacée d'implosion sous les coups de boutoir des mouvements d'insurrection des Américains.
Ce que Trump appelle son «esprit», c'est l'idéologie brute de l'empire américain : la conviction délirante que la planète est un supermarché, que les peuples sont des marchandises, et que les bombes sont des arguments.
Avec sa déclaration tonitruante (tuante), Donald Trump n'a pas dérapé. Il a parlé vrai. Pour une fois, l'impérialisme américain a cessé de réciter ses catéchismes libéraux pour avouer sa réalité nue : le monde n'est pas régi par le droit, mais par l'humeur de ceux qui détiennent les bombes et les banques, notamment l'empire américain en déclin.
Depuis que les Etats-Unis ont perdu leur domination économique, leur suprématie diplomatique et leur crédibilité morale, ils compensent par le seul capital qui leur reste : la violence.
Et Trump en est l'expression la plus «morale et spirituelle».
Si l'armée israélienne est «la plus morale du monde», selon les sionistes, le Président Trump est persuadé d'être la personnification de la morale politique et diplomatique de la planète. Au cours de l'interview accordée au New-York Times, Donald Trump a réaffirmé que son pouvoir en tant que commandant en chef des forces américaines n'était limité que par sa «propre morale», en balayant le droit international. «Je n'ai pas besoin du droit international», a-t-il martelé.
En effet, pour frapper, envahir ou contraindre des nations partout dans le monde, Donald Trump, pataugeant pleinement dans la forfaiture, ne s'embarrasse plus de fioritures diplomatiques.
Cette phrase est l'acte de naissance officiel de la barbarie impériale américaine assumée : «Je fais la guerre tant que je me supporte.»
Dès lors que le monde dépend dorénavant du «sens moral» du Président américain, on peut considérer que l'ordre mondial est déjà mort. Cela étant, ce n'est pas Trump qui est dangereux ; c'est le capitalisme impérial américain qui, en s'effondrant, révèle sa nature barbare.
La démocratie bourgeoise n'a jamais contrôlé l'impérialisme. Elle l'a seulement paré d'atours diplomatiques avenants. Aujourd'hui, à la faveur de la crise historique du capitalisme, le costume tombe.
Le roi de l'égocentrisme, le despote Donald Trump, n'a pas détruit l'ordre libéral ; il l'a mis à nu.
L'ordre international peut aller se rhabiller, Trump l'incarne à lui tout seul. La morale et l'esprit de l'ordre international se définissent désormais par l'occupant du Bureau ovale. Bureau ovale que Trump a remodelé moralement et spirituellement à son image faustienne façonnée par l'auto-adoration.
Toutefois, Trump n'est pas le problème. Il est le symptôme d'une Amérique en voie de fascisation. Et les peuples opprimés et les prolétaires américains n'ont pas à espérer un Président plus «gentil». Moins égocentrique et excentrique. Ils n'ont qu'une issue : briser la machine impériale américaine elle-même. Détruire le poumon anhélant du capitalisme mondialisé.


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