Dans un communiqué officiel, l'actionnaire majoritaire de la JS Kabylie a annoncé la fin des fonctions d'El Hadi Ould Ali, président du Conseil d'administration du club. Dans la foulée, Hakim Medane et Karim Doudane, figures centrales de la direction sportive, ont également été démis de leurs fonctions. Une décision radicale, attendue, et largement saluée. Le malaise n'était plus un secret Pour les supporters de la JSK, cette annonce marque l'aboutissement d'un long bras de fer. Ils y voient la fin d'un trio qu'ils tiennent pour principal responsable de la dégradation progressive du club : perte de dynamisme, affaiblissement de l'identité sportive, résultats en berne et rupture avec l'âme combative qui a forgé la légende du club kabyle. Le malaise n'était plus un secret. La dernière conférence de presse de l'entraîneur allemand en a été la preuve éclatante. Véritable état des lieux sans détour, il y a exposé des problèmes profonds : vestiaire fragilisé, relations tendues entre joueurs et dirigeants, dysfonctionnements structurels. Une prise de parole rare par sa sincérité, mais surtout alarmante par la gravité des faits révélés. Selon lui, il devenait urgent de mettre à nu une situation qui empoisonnait le quotidien du club et trahissait son statut historique. L'espoir a rendez-vous dans les stades Ses déclarations ont résonné comme un coup de tonnerre, un avertissement lancé avant le point de non-retour. Cette sonnette d'alarme a renforcé la mobilisation des supporters, dont les appels répétés ont fini par porter leurs fruits. Beaucoup annoncent désormais un possible retour dans les stades, convaincus qu'un nouveau départ pourrait redonner force et engagement à des joueurs eux-mêmes épuisés par une situation aggravée par les échecs sportifs et les retards de salaires. La JS Kabylie, secouée par une crise d'une ampleur inquiétante, semblait s'enfoncer dans l'un des plus grands fossés de son histoire. Depuis le match aller face à Al Ahly du Caire, la fracture avec le public n'a cessé de se creuser. Boycott des matchs, slogans hostiles, réactions virulentes sur les réseaux sociaux, tags sur les murs de Tizi Ouzou, d'Alger et de la vallée de la Soummam : le verdict populaire était sans appel : «Tous doivent partir». «Ils doivent rendre des comptes !» Si la décision de Mobilis est perçue comme une victoire, elle ne suffit pas à éteindre toutes les revendications. Les supporters réclament désormais des explications claires, des bilans détaillés et des comptes à rendre. «Vous pensez qu'ils partiront aussi facilement que ça ? Non. Ils doivent expliquer ce qu'ils ont fait et ce dont ils ont bénéficié depuis leur arrivée», lance un jeune supporter au centre-ville de Tizi Ouzou. Une nouvelle équipe pour une véritable relance Réunie ce matin, l'Assemblée générale des actionnaires a officiellement acté la fin de mission du trio dirigeant. Mobilis évoque la nécessité de «tourner une page» et d'ouvrir «une nouvelle étape dans l'organisation sportive du club». L'annonce prochaine d'un appel à candidatures pour des postes clés confirme la volonté de repartir sur des bases renouvelées. Un nouveau président du conseil d'administration sera désigné prochainement et sera issu directement des rangs de Mobilis, afin d'assurer une meilleure coordination entre l'actionnaire principal et la gestion quotidienne du club. En parallèle, une nouvelle direction sportive devrait être installée dès le début de la semaine prochaine pour garantir la continuité du travail et préparer les prochaines échéances nationales et continentales. En résumé Ce tournant confirme la volonté de Mobilis de reprendre fermement la main sur la gestion de la JS Kabylie et d'insuffler une nouvelle dynamique, administrative et sportive, dans un climat toujours marqué par une forte pression populaire et médiatique. Le futur Directeur Technique Sportif disposera d'une autorité élargie sur l'ensemble du projet sportif, de l'équipe première aux catégories de jeunes. La page se tourne. Reste désormais à écrire la suivante — et à prouver que ce choc salutaire sera enfin celui de la renaissance.