Alors que le Haut-Nil connaît des attaques ciblant les convois humanitaires, le PAM s'inquiète également de la situation dans l'Etat de Jonglei, où le conflit frappe gravement les infrastructures humanitaires essentielles. Des entrepôts et des établissements de santé ont été détruites lors de divers incidents à Akobo, Ayod, Nyirol et Uror. Dans cette région, les agences humanitaires ne peuvent atteindre les populations vulnérables en raison des restrictions imposées aux déplacements fluviaux, aériens et routiers. Cette détérioration de la sécurité a déjà des effets concrèts : le PAM a été contraint de suspendre son projet de prépositionner 12 000 tonnes de denrées alimentaires avant la saison des pluies dans l'Etat de Jonglei. Ces interruptions et les attaques répétées mettent en péril la capacité de l'agence onusienne à atteindre les populations les plus vulnérables, parmi lesquelles 4,2 millions de femmes, d'hommes et d'enfants parmi les plus vulnérables, outre 450 000 enfants menacés par la malnutrition. Les attaques répétées font peser un risque immédiat de malnutrition et de rupture des services essentiels pour les populations les plus fragiles. Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef), plus de 450 000 enfants risquent de souffrir de malnutrition aiguë, les hostilités provoquant des déplacements massifs et l'interruption des services essentiels de santé et de nutrition dans l'Etat de Jonglei. Les hostilités entraînent une crise humanitaire plus large, contraignant des dizaines de milliers de familles à fuir leurs maisons. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), 280 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, principalement dans le nord et le centre de l'Etat.