En Australie, des déclarations de Pauline Hanson, figure de l'extrême droite et cheffe du parti One Nation, ont provoqué une vague de condamnations. Accusée de viser l'ensemble des musulmans australiens, elle est appelée à présenter des excuses par plusieurs responsables politiques et institutionnels. La polémique a éclaté après une intervention télévisée au cours de laquelle Pauline Hanson a mis en doute l'existence même de « bons musulmans », laissant entendre que cette communauté représenterait une menace collective. Des propos jugés racistes et dangereux, y compris par des élus conservateurs. Le commissaire australien à la lutte contre les discriminations raciales, Giridharan Sivaraman, a dénoncé des déclarations qui, selon lui, portent atteinte à la dignité d'une communauté entière. Il a rappelé que les musulmans font pleinement partie de la société australienne et que les responsables publics ont le devoir de rassembler, non de stigmatiser. Fait notable, les critiques ne viennent pas uniquement de la gauche. Le sénateur conservateur Matt Canavan a qualifié ces propos de « totalement anti-australiens », estimant qu'ils insultent des centaines de milliers de citoyens musulmans. Le premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, a parlé d'une sortie « raciste », soulignant l'apport essentiel des Australiens musulmans à la vie du pays. Face au tollé, Pauline Hanson a proposé une excuse conditionnelle, disant regretter d'avoir offensé certaines personnes, tout en maintenant ses accusations. Une position qui n'a fait qu'alimenter les critiques. Interrogée de nouveau, elle a persisté à semer le doute sur la loyauté des musulmans australiens, en s'appuyant sur des arguments sécuritaires contestés. Ces propos s'inscrivent dans une longue série de provocations. La dirigeante d'extrême droite a déjà été condamnée pour discrimination raciale, sanctionnée par le Parlement et régulièrement accusée d'attiser les divisions, notamment à l'encontre des musulmans. Le premier ministre Anthony Albanese a rappelé que Pauline Hanson se distinguait depuis des années par une stratégie fondée sur la division plutôt que sur des solutions concrètes. Dans une Australie qui se revendique multiculturelle, ces déclarations ravivent les inquiétudes sur la banalisation des discours islamophobes. De nombreuses voix appellent à défendre l'unité nationale et à rejeter les amalgames qui fragilisent le vivre-ensemble.n