Sur le plateau de LCI, le journaliste Gallagher Fenwick a livré une intervention rare, pointant frontalement le traitement différencié des conflits par les chaînes d'information en continu. Alors que les médias français déroulent des heures d'antenne sur les frappes visant des villes israéliennes comme Dimona ou Arad, il a dénoncé une indifférence quasi systémique pour d'autres drames, notamment au Liban ou en Iran. « Et moi, je trouve ça très bien de couvrir Dimona, Arad. Ces événements sont d'une extrême gravité, il faut le dire, il faut couvrir ça attentivement, etc. Mais ce serait bien qu'on fasse ça aussi quand il y a des bâtiments qui sont effondrés au Liban par des bombes israéliennes. Quand, pareillement à Téhéran, il y a une école dans le sud du pays où il y a 175 enfants qui meurent sous un Tomahawk américain. Toutes les vies se valent. C'est bien de passer deux heures sur des villes israéliennes. C'est bien aussi de le faire quand c'est des gens peut-être qui nous ressemblent moins ou qui ressemblent moins à certaines personnes qui nous regardent. » Au-delà du constat, c'est une critique cinglante du logiciel médiatique dominant qui est posée : une hiérarchisation implicite des vies, où certaines victimes ont un nom, un visage, une histoire — et d'autres sont reléguées à de simples statistiques anonymes. Une indignation à géométrie variable, qui interroge moins les faits que le regard porté sur eux — et révèle une fracture profonde dans la manière dont l'information fabrique, ou refuse de fabriquer, de l'empathie.