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Quels impacts de la décision de l'OPEP+ de relever ses quotas de production ?
Face aux tensions géostratégiques au Moyen-Orient
Publié dans La Nouvelle République le 14 - 04 - 2026

Le conflit USA-Israël versus Iran provoque une forte volatilité des prix, avec une hausse du baril de Brent et du gaz qui menace l'économie mondiale et pèse particulièrement sur les économies importatrices via la hausse des carburants et des factures d'importation.
Les impacts de cette guerre, outre les destructions massives et surtout les pertes en vies humaines, c'est qu'en cas de l'arrêt du conflit, le prix du pétrole en moyenne annuelle devrait s'établir entre 65/70 dollars le Brent, le mégawatt/heure de gaz entre 30/40 dollars et la carte du Moyen- Orient ne sera plus jamais comme avant : le régime iranien devrait subir non pas sa disparition mais une mutation au profit de l'aile modérée, les alliances des pays du Golfe se modifieront pour le président Trump, c'est la perte des élections du mois de novembre et en cas d'élections en Israël, Benyamin Netanyahou devrait, en principe, perdre les élections pour une composante également plus modérée.
L'OPEP est composé de treize membres que sont l'Algérie, l'Angola, l'Arabie saoudite, le Congo, les Emirats arabes unis, le Gabon, la Guinée équatoriale, l'Iran, l'Irak, le Koweït, Libye, le Nigeria et le Venezuela, la majorité de la production d'hydrocarbures gaz-pétrole- venant du Moyen-Orient, surtout de l'Arabie saoudite, le Qatar et de l'Iran. Les 10 autres pays membres de l'OPEP+ sont l'Azerbaïdjan, le Bahreïn, le Brunéi, le Kazakhstan, la Malaisie, le Mexique, Oman, le Soudan, le Soudan Sud et la Russie principal acteur. Selon l'Agence internationale de l'Energie, l'OPEP représente 34% de la production mondiale et l'OPEP+ compte pour environ 51% de la production mondiale de pétrole. Le magazine Oil & Gas Journal donne la liste des pays du Moyen-Orient qui détiennent les plus importantes réserves de pétrole, exprimées en milliards de barils : Arabie saoudite : 267,19 milliards de barils, Iran 200 milliards de barils, l'Irak : 145,01 milliards de barils, Emirats arabes unis : 113 milliards de barils, Koweït : 101,5 milliards de barils, Qatar : 25,24 milliards de barils, Sultanat d'Oman : 4,90 milliards de barils, Egypte : 3,30 milliards de barils Oman 5,7 milliards de barils et le Yémen : 3,00 milliards de barils. Pour le gaz, les réserves des pays du Moyen-Orient, données réactualisées sont l'Iran 32 100 milliards de mètres cubes gazeux, le Qatar 24 700, l'Arabie saoudite 6000, Emiraties 5900, l'Irak 3500, Egypte 2200, Oman 700.
Aussi, malgré la hausse annoncée, l'impact serait faible si les tensions persistent avec le risque de pénurie entre 15/20% de l'offre mondiale perturbée, montrant que la décision de l'OPEP+ illustre les limites des politiques de production face aux crises géopolitiques laissant planer un risque durable sur les marchés énergétiques mondiaux. Mais sur une production mondiale de pétrole brut, condensats et liquides en hausse d'environ 2 à 3 % par rapport à 2024, ressortant à 4,92 milliards de tonnes en 2025 et une consommation mondiale de pétrole d'environ 104/105 millions de barils/j, une consommation mondiale de gaz naturel d'environ 4 286 milliards de mètres cubes en 2025, l'OPEP+ (environ 50% de la production mondiale) a décidé de relever sa production de pétrole de 206 000 barils par jour à partir de mai 2026, marquant une reprise de l'augmentation progressive des quotas malgré les incertitudes du marché, dans un contexte de tensions extrêmes, cette hausse visant à compenser les perturbations liées au Moyen-Orient.
Les analystes estiment que l'augmentation réelle de l'offre de l'OPEP+ essentiellement de la Russie non dépendante du détroit d'Ormuz, sera inférieure aux nouveaux quotas en raison de la situation géopolitique et des capacités de production limitées de certains membres et sue l'ouverture du détroit d'Ormuz et, accessoirement, l'atténuation des tensions en mer Rouge sont la seule solution durable pour éviter un choc à l'économie mondiale. Aussi, le facteur principal actuellement qui détermine le prix volatil du pétrole et du gaz et via à l'aval les produits dérivées comme l'engrais, le lithium, ce sont les tensions géostratégiques, comme cela a été le cas du conflit Russie-Ukraine, avec un écart jamais atteint entre 20 à 50%, selon les déclarations politiques du président américain, négociations ou continuer la guerre entre les Etats-Unis d'Amérique, Israël et l'Iran.
Les tensions au Moyen Orient ont montré l'importance du détroit d'Ormuz contrôlé par l'Iran qui est un point de passage maritime stratégique vital, par lequel transitent quotidiennement environ 20 à 21 millions de barils de pétrole brut, condensats et produits pétroliers, représentant plus de 20 % de la consommation mondiale d'hydrocarbures et un tiers du pétrole transporté par mer. Pour preuve, après la trêve décidée le 8 avril 2026 pour 15 jours devant permettre l'ouverture du détroit d'Ormuz et la fin des frappes, entre l'Iran et les USA et avec l'accord d'Israël sous pression américaine, le cours du pétrole a perdu près de 20 dollars en 10 minutes, étant coté le 8 avril 10h gmt, à 93,62 dollars le Brent et devrait encore baisser s'il y a un accord définitif, idem pour le mégawatt/heure du gaz et les produits raffinés. C'est que ce conflit a engendré une la hausse des taux d'inflation avec pour conséquence : un durcissement des conditions financières mondiales dont le relèvement des taux d'intérêts qui a d'ailleurs accru l'endettement de bon nombre de pays en voie de développement et ont eu un impact négatif sur le taux de croissance, avec des perturbations des chaînes d'approvisionnement.
Dans ce contexte, la rupture des chaînes d'approvisionnement venant du Moyen-Orient, principal réserves mondiales, explique les tensions actuelles. Les pays d'Afrique peuvent-ils suppléer au déficit de l'offre des hydrocarbures ? Nous avons pour le pétrole, la Libye 48,36 milliards de barils, l'Algérie, 11/12 milliards de baril, le Nigeria, 37 milliards de barils, l'Angola 7,78, le Soudan 5 et le Sénégal 2,5 milliards de barils. Pour le gaz, les réserves des pays, Algérie 2450, la Libye 1500, le Nigeria 5500, le Mozambique 4500 et récemment, le couple Sénégal-Mauritanie, projet grand Tortue. Transitoirement, certains pays africains peuvent suppléer à cette crise énergétique – mais soyons réaliste, ne pouvant couvrir le déficit du Moyen-Orient. Dans le contexte des tensions USA-Iran, début 2026, les producteurs africains de pétrole et de gaz en fonction de leur consommation intérieure qui est souvent élevée, comme en Algérie du fait des subventions, approchant les 50%, peuvent contribuer pour une faible part à stabiliser le marché mondial en augmentant leurs exportations, notamment vers l'Europe, offrant une alternative de court terme, loin du détroit d'Ormuz, permettant de compenser une partie des ruptures d'approvisionnement. Mais à terme, l'Europe en cas de résolution du conflit Russie-Ukraine, outre l'Afrique, devrait accroitre à nouveau, outre le gaz américain du fait des récents accords Europe-USA courant 2025, ses importations de Russie ou les canalisations opérationnelles South Stream, le North Stream 1 et le North Stream 2 ont une capacité avoisinant 150 milliards de mètres cubes gazeux. Professeur des universités Expert international Abderrahmane Mebtoul


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