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Quand le Président Boumediène lança le concept à l'ONU le 10 avril 1974
Nouvel ordre économique mondial
Publié dans La Nouvelle République le 18 - 04 - 2026

L'Algérie a adhéré aux principes de l'ONU dès le 8 octobre 1962 et dans sa politique extérieure, tout en maintenant, d'ailleurs jusqu'à aujourd'hui, sa neutralité sur la scène internationale en liant, surtout sur le plan économique, des liens avec la Russie, les Etats-Unis, la Chine, la France et l'Union européenne. Ces liens se sont élargis à bien d'autres pays au fil des années depuis l'indépendance, lourdement acquise faut-il le rappeler. En 1973, il y a 53 ans, 57 chefs d'Etat devaient se réunir à Alger, en un Sommet des pays non alignés pour mettre en exergue l'impérative lutte des peuples du Tiers-monde pour un droit au développement économique. Durant les débats, cette idée devait se préciser et être adoptée sur la base de la vision du Président Houari Boumediène qui avait présenté l'existence d'un clivage entre le Tiers-monde et les puissances industrielles et dont personne ne voulait en parler et surtout pas le remettre en cause.
Comme à son habitude, quand il s'agit d'indépendance politique, territoriale ou économique, le Président Boumediène devait marteler que les pays concernés devaient mobiliser toutes leurs ressources pour le bénéfice de leur pays et pour le bien-être de leur population mais en gardant le lien avec les autres puissances.
Cette nouvelle vision ne devait évidemment pas plaire à certaines puissances, plus encore quand les pays membres de l'Opep, sensibles aux déclarations de Boumediène, devaient déclencher un embargo pétrolier qui affecta l'économie occidentale et attira l'attention sur ce Président de cette Algérie, de plus en plus actif sur la scène internationale.
Sur ce point, il faut se souvenir que Boumediène devait décider de nationaliser les hydrocarbures, mettant à mal les privilèges issus de la période coloniale.
L'Algérie imposa donc aux yeux du monde, sa souveraineté énergétique et économique, ce qui d'ailleurs déclencha une hostilité des plus dures en particulier de la part de la France.
En représentant des pays non-alignés, le Président Boumediène imposa cette idée d'un tout nouveau ordre économique mondial qui ne devait, en fait, que corriger le système en vigueur, inégalitaire quant à la différence des profits entre les pays du Nord et ceux du Sud.
Sans tomber dans l'exagération, force est de reconnaître qu'il y avait quand même une question « sournoise » et cachée de domination des uns par rapport aux autres, et par-là un état de dépendance.
C'est ce principe usuel à cette époque qui mobilisa le Président Boumediène à demander aux instances onusiennes de débattre de la question de dépendance, un terme qui hérisse l'opinion du Président algérien et qui ramène l'état d'esprit à cette trace, cette empreinte coloniale, dont il faut se défaire.
Dans son ouverture d'esprit et de dialogue, Boumediène avait insisté pour que soient associés aux débats, les délégués des pays développés, pour mieux en saisir la pertinence et la logique, mais aussi pour sensibiliser ces pays de la justesse de la démarche. Il est clair qu'aucun « contrat » fusse-t-il simplement moral, ne peut se faire unilatéralement. Il faut être deux pour tout contrat.
Le Président Boumediène voulait cette association dans les échanges pour mieux asseoir son idée, ce projet de paix et de justice qui ne devrait porter, de par son essence, que bénéfice aux générations à venir pour un développement économique et social.
Boumediène en visionnaire « avisé »
Et c'est donc, tout naturellement que le 10 avril 1974, de sa voix posée, que l'on connaît, calme et avec des mots simples mais percutants, que le Président Houari Boumediène, en sa qualité de président en exercice de la quatrième conférence du Sommet des pays non-alignés, devait exposer en visionnaire, devant la sagesse de tout un parterre de chefs d'Etat, en cette session extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'ONU, ce qui allait être pour les années à venir, le « cauchemar » diront les plus récalcitrants des puissances financières et énergétiques, en dépit des réalités de la différence Nord-Sud, mais pour d'autres, les plus nombreux, pour ne pas dire la majorité, une cause qui aura été plaidée, avec conscience, avec humanité, avec sagesse et résilience, pour un nouvel ordre mondial, plus équitable. Plus juste, également.
Le Président Boumediène aura reçu lors de son allocution, les hommages très applaudis de la part des délégués des différents pays.
On imagine bien la gêne qui devait ébranler le confort de ces puissances « récalcitrantes » qui auront toujours, sans modération, tiré profit des ressources des pays du Tiers-monde.
C'est cette différence que Boumediène voulait mettre en avant et attirer l'attention de l'Assemblée générale et aussi de « réveiller » les consciences dans un esprit humanitaire, sur la base de l'importance des matières premières aux fins de construire ce nouvel ordre mondial ce qui ne pouvait que permettre l'émergence des pays du Tiers-monde et surtout l'amélioration et le développement économique et social des peuples.
Aujourd'hui, plus que jamais, l'histoire actuelle et les évènements tragiques et belliqueux qui la composent, confirme, si besoin est, que le Président algérien Houari Boumediène avait raison, et qu'il a été, en son temps, un visionnaire lucide. En effet, son discours de ce 10 avril 1974, fera date dans l'histoire des relations entre les pays, quant au partage équitable des richesses de la planète pour une prospérité entre le Nord et le Sud.
Les matières premières, une arme stratégique Comme on le voit en Ukraine, en Palestine où le peuple palestinien continue d'être massacré par les forces colonialistes et expansionnistes de l'extrême droite israélienne, également au Venezuela, ou encore en Iran, et au Liban, nul ne peut contester que la vision de Boumediène était pertinente, déjà à cette époque et qu'elle ne l'est que plus encore aujourd'hui ce qui confirme bien toute l'importance des matières premières comme une arme stratégique. Et c'est cette convoitise, cette avidité de certains pays nantis, prospères et ultra-développés de vouloir à tout prix, même en agressant militairement, de vouloir s'accaparer des richesses naturelles des pays moins puissants, qu'il faut dénoncer. Et de nouveau, il faut alerter sur cette hégémonie qui ne se cache plus, venant de ces pays qui piétinent la souveraineté des autres.
Il est dit généralement que pour être respecté, il faut être puissant, alors que les pays du Sud, ces pays en voie de développement, ces pays émergents, le deviennent et fassent en sorte de la rester.
Dans cette perspective, le développement intérieur doit être prioritaire et c'est en cela que sous l'impulsion du Président Boumediène, l'Algérie s'était concentrée , en mettant tous ses efforts, pendant une dizaine d'années, sur son développement intérieur, avec l'objectif d'entrer sur la scène mondiale.
Ce n'est qu'à partir de 1973, date du 4ème Sommet des non-alignés, que le pays se présente comme l'initiateur, largement reconnu depuis, du nouvel ordre international de cette époque.
C'est dans ces conditions, que l'ONU après le discours, du Président Boumediène, discours qui, depuis, a fait école, que fut proclamé ce Nouvel Ordre Economique International (NOEI) en date du 1er mai 1974 mais aussi un programme d'action pour instaurer celui-ci au sein de cette nouvelle « donne » dans le but était de « favoriser » les pays en phase de développement.
La proposition du Président Boumediène en cinq points
– ) La prise en main par les pays en voie de développement de leurs ressources naturelles, ce qui implique la nationalisation de leur exploitation et la maîtrise des mécanismes régissant la fixation de leur prix ;
-) La mise en valeur de toutes les potentialités agricoles et la mise en œuvre d'une industrialisation en profondeur s'appuyant sur la transformation sur place des ressources naturelles de chaque pays ;
– ) L'apport, en moyens financiers, technologiques et commerciaux des pays riches et développés à ceux dont le développement est à promouvoir ;
- ) La suppression, ou à tout le moins l'allégement du fardeau de la dette qui « enfonce » les plus pauvres ;
- ) Enfin, un programme spécial pour les plus démunis parmi les démunis.
Est-ce à dire que 53 ans après, l'ONU aura réussit à cette nouvelle mission de mettre tout en œuvre pour renforcer, sur le terrain, cette louable initiative ?


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