Une flambée inquiétante des prix de certains produits alimentaires sur le marché national, touchant notamment les fruits et légumes, les viandes et des produits alimentaires, a été observée ces derniers jours dans différentes régions du pays. Des appels au boycott ont été lancés sur les réseaux sociaux et une mobilisation des services de contrôle tentent de réguler le marché. «Comme chaque matin, je me suis rendu au marché de gros de Boufarik pour m'approvisionner en fruits et légumes et j'étais étonné par une hausse significative des prix de l'ensemble des produits agricoles, à commencer par l'artichaut qui, la veille, était vendu à 90 DA/kg en gros, alors qu'aujourd'hui (lundi), il est passé à 130 DA/kg, soit une augmentation de 40 DA en un seul jour ! C'est comme la Bourse. Alors que dire du prix des tomates qui a atteint la barre des 300 DA/kg dans certaines villes du pays», nous disait, hier, Ami Aâmar, un vieux commerçant du quartier d'Ouled Fayet dans la banlieue d'Alger. Alger vit, depuis quelques jours, sous une flambée des prix touchant particulièrement les produits agricoles et avicoles aux côtés des viandes rouges, bovines et ovines. Bien que beaucoup moins importante et néfaste par rapport à de nombreux pays, la hausse des prix observée ces derniers jours en Algérie, a tout de même impacté les poches des ménages les plus vulnérables du pays. L'augmentation du prix des tomates, à titre d'exemple, a poussé de nombreux pères de famille à limiter leurs achats habituels en ce légume. En face, les prix des viandes rouges et blanches ont, quant-à-eux, connu une augmentation peu timide, malgré une forte demande des consommateurs. Le cas des sardines est également concerné par cette vague de forts tarifs. Ce lundi 20 avril, le prix d'un kilogramme des sardines a dépassé les 1.400 DA. «Depuis que les prix des viandes rouges, des poissons et du poulet ont augmenté, j'ai diminué, à mon tour, les achats en ces produits frais. J'en consomme de moins en moins et je me suis rabattu sur d'autres produits alternatifs tels que les œufs, les produits laitiers, entre autres les fromages et les boîtes de thon. Une sorte de faire une diminution des dépenses financières pour pouvoir atteindre la fin du mois surtout, lorsqu'il s'agit des mois qui interviennent avec le paiement des factures d'électricité, de gaz, de l'eau potable, outre, la location», nous a confié Saïd, un sexagénaire employé dans une entreprise publique. Par ailleurs, la flambée des prix de certains produits alimentaires a été suivie par une riposte vigoureuse des autorités publiques. Autrement dit, des sorties de terrain pour réguler les prix des fruits et légumes et renforcer la transparence du marché, ont été menées durant ces derniers jours par des inspecteurs de contrôle relevant du département ministériel du Commerce intérieur. Effectivement, les services de contrôle relevant des directions du Commerce ont entamé, ces derniers jours, une série de sorties de terrain à travers les différentes wilayas du pays, dans le cadre du suivi de la situation des marchés et de la garantie du respect des règles des pratiques commerciales, c'est ce qu'a évoqué, ce dimanche, un communiqué du ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national. Ces opérations, précise le département ministériel d'Amel Abdellatif (la ministre du Commerce intérieur), visent à s'enquérir de l'évolution des prix au niveau des marchés de gros et de détail des fruits et légumes, et à s'assurer du respect de la législation et de la réglementation en vigueur en matière de pratiques commerciales. Ces sorties s'inscrivent également, rappelle le même document, dans le cadre du contrôle de l'approvisionnement des marchés en différents produits agricoles, et de la lutte contre toute pratique susceptible de perturber l'équilibre du marché ou d'affecter le pouvoir d'achat des citoyens. Dans ce cadre, les agents de contrôle œuvrent, en coordination avec les différents intervenants de la chaîne de distribution, à renforcer la transparence de l'affichage des prix, et à garantir la disponibilité des produits dans des conditions de commercialisation organisées et structurées, rapporte le même communiqué. Ces sorties opérationnelles des agents de contrôle du ministère du Commerce intérieur sont de nature à rassurer les consommateurs locaux sur leurs pouvoirs à contrôler les prix, à assurer et rassurer une disponibilité permanente des produits alimentaires sur le marché national et à venir à bout des spéculateurs et toutes formes de crime économique. La sécurité alimentaire passe tout d'abord par le contrôle des prix.