En 2025, la barre de la mortalité sur les routes a franchi les 3.800 victimes. Au début de l'année 2026, et malgré l'entrée en application «prudente» du nouveau Code de la route, la situation de la sécurité routière au pays reste préoccupante, s'inscrivant dans la continuité de la hausse des accidents observée en 2025. Durant le premier trimestre 2026, la Protection civile a déjà dénombré 500 personnes mortes dans des accidents de la route. Malgré une armada de mesures prises par l'Etat pour endiguer le phénomène des accidents de la route et les dommages collatéraux qu'ils causent sur ses victimes, le taux de la mortalité routière reste intact, voire pire, en évolution. Le dernier bilan hebdomadaire concernant les accidents de la route présenté, hier mardi, par la Direction générale de la Protection civile (DGPC) pour la période allant du 12 au 18 avril passé, fait part du décès de 29 personnes et 1.456 blessées, prises en charge puis évacuées vers les structures sanitaires. Au total, 1.227 accidents de la circulation ayant nécessité 2.161 interventions ont été enregistrés durant la semaine précédente, tandis que le bilan le plus lourd a été constaté dans la wilaya de M'Sila avec 4 décès et 40 blessés suite à 36 accidents survenus en seulement sept jours. Chaque semaine, les sentinelles de la Protection civile, mobilisées dans les quatre coins du pays, constatent une moyenne de 40 morts sur les routes, alors que depuis le début de l'année 2026, la barre des 500 victimes a été dépassée et de loin. Chaque semaine, la Protection civile enregistre un nombre de 2.000 personnes, entre mortes et blessées, à travers les accidents de la route. Un bilan très élevé. La période la plus meurtrière sur les routes remonte au 1er et 7 mars 2026, lorsque la Protection civile avait révélé un bilan hebdomadaire lourd de 52 personnes décédées et 1.659 autres blessées dans 1.385 accidents de la circulation. Le facteur humain reste la cause la plus importante et la plus fréquente des accidents de la circulation, il représente la principale cause avec un taux très élevé d'implication, voire plus de 96%, selon les rapports annuels faits par la Gendarmerie et Sûreté nationales y compris par la Protection civile. Toutes ces institutions publiques pointent du doigt le facteur humain pour son implication forte dans l'émergence des accidents de la route. L'excès de vitesse, le non-respect du code de la route, les dépassements dangereux et aussi la conduite sous l'effet de la drogue et en état d'ivresse demeurent, aujourd'hui, parmi les causes principales des accidents de la route. Par ailleurs, l'implication des motos dans les accidents de la route est de plus en plus significative. En forte prévalence dans les grandes villes du pays, les motocycles sont impliqués dans près de 24% des accidents survenus en milieu urbain au cours du premier trimestre 2026, selon un constat alarmant fait par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). Le rapport indique une hausse de la dangerosité des deux-roues, avec une augmentation des accidents les impliquant. La fragilité des motos et le non-port du casque de protection, bien que le taux de port obligatoire soit en augmentation, ont souvent conduit à de graves accidents de la circulation. Ce comportement irresponsable de certains conducteurs des deux-roues a souvent causé des conséquences corporelles graves, entraînant la mort de dizaines de personnes. Rappelons-le, plus de 25.000 accidents de la route ont été constatés en 2025 par la Protection civile, causant la mort de 3.838 personnes, tandis que le nombre des blessés a rebondit de près de 5% par rapport à l'année 2024, atteignant plus de 37.000 personnes. En 2025, il y a eu plus d'accidents de la route par rapport à l'année précédente et selon le rapport annuel de la Protection civile une hausse de 2,6 % a été observée. Face à cette situation inquiétante, un projet de révision du nouveau code de la route, qui a fait l'objet d'une forte polémique, a été conclu et adopté récemment par les deux chambres du Parlement, prévoyant un renforcement des mesures juridiques et des amendes pour lutter contre l'incivisme routier.